Aachen 2026 – Complet : Carouzo Bois Marotin, l’atout SF de la Thaïlande
Parmi les Selle Français en piste à Aix dans la discipline du concours complet, figure Carouzo Bois Marotin, un fils de Kannan formé par le français Maxime Livio. Âgé de 14 ans, il évolue depuis deux saisons sous la selle de Korntawat Samran. Nous avons rencontré le thaïlandais et son coach à l’issue du dressage…et l’impression est plutôt bonne !
Même si ce premier jour de dressage du concours complet a montré que les juges étaient parfois un peu timorés dans leurs notes, la satisfaction se lisait sur le visage toujours lumineux de Korntawat. « Je suis plutôt content, il était sous contrôle » lâche-t-il. « Il était même un peu figé à cause de l’ambiance du stade, mais je suis heureux et reconnaissant d’avoir cette équipe derrière nous, notamment mes propriétaires. Je le monte depuis deux ans et dès le début, l’objectif était de participer aux Championnats du Monde parmi tous ces grands cavaliers. Carouzo a déjà couru un 5* avec mon entraîneur Maxime Livio, et j’ai vraiment de la chance de l’avoir pour disputer une telle compétition. » En effet, le Bourguignon avait terminé 7e du CCI5*-L de Pau 2022 puis 6e de celui de Lexington au printemps suivant. Basé depuis dix ans chez Maxime, « Nat » comme l’appelle affectueusement son entourage s’est totalement intégré à son pays d’adoption. « J’aime la culture française ! » dit-il.
Un grand sensible
Ces Mondiaux constituent pour beaucoup de nations l’occasion de se frotter aux meilleurs de la discipline. Et même s’il est peu probable que la Thaïlande décroche dès ce week-end son billet pour Los Angeles, Aix est un véritable test grandeur nature. « C’est une source d’inspiration pour les jeunes thaïlandais, cela les encourage à s’investir dans notre sport. Je fais de mon mieux pour leur transmettre les connaissances acquises en Europe, et peut-être qu’un jour, nous aurons une équipe complète. » Carouzo Bois Marotin représente une recrue de choix pour le trentenaire dans sa quête du très haut niveau. « Si vous voulez atteindre le très haut niveau dans nore sport, c’est important d’avoir un très bon cheval de cross » confie-t-il. « Grâce aux CCI5* qu’il a disputé avec Maxime, cela lui donne un gros avantage et ça m’aide car je n’ai pas beaucoup d’expérience à ce niveau. Certes, on doit encore travailler un peu plus en dressage, mais il connaît très bien son travail. » Bien que doués, les deux protagonistes ont dû apprendre à se connaître. « Nous commençons à bien nous entendre » répond-t-il en souriant. « Au début, c’est toujours compliqué de changer de cavalier, surtout avec ce type de cheval un peu sensible. Mais avec l’aide de mon équipe à la maison, je progresse vraiment. Maxime est indispensable et indissociable de ma performance….j’essaie de lui ressembler. »
« Une recherche permanente »
Maxime Livio est donc indissociable des progrès réalisés par son élève Korntawat…mais avoue lui-même que Carouzo progresse encore avec son nouveau pilote. « Je n’avais pas complètement trouvé le mode d’emploi » admet-il. « C’est un cheval très délicat sur le plat tout en ayant tout le potentiel. Quand on le voit à la détente, il pourrait concurrencer les meilleures reprises. Il a un mental très fragile. Mais depuis que Nat’ le monte, il a réalisé des progrès techniquement et mentalement. Il est en pleine évolution. » Maxime n’en est pas à son coup d’essai puisque d’autres chevaux issus de son piquet sont passés sous la selle de ses élèves. « C’est hyper confortable car je connais leurs réactions. Mais il faut aussi qu’ils se les approprient. Au début, j’ai eu un bon passage de témoin, en transmettant toute ma connaissance sur le cheval. Après, je lui ai laissé de la place car il doit devenir son cheval. Il doit créer sa relation avec lui. Carouzo était un peu tendu à la familiarisation. Donc j’ai repris un peu la main pour que Nat’ n’ait pas à se concentrer sur les exercices à faire. Je lui ai dit quoi faire et il n’avait qu’à se focaliser sur son cheval. Ça a très bien marché, c’est un vrai trio, même un quatuor avec Mathilde. » Voir son ancien cheval monté par un autre aurait pu apporter son lot d’enseignement, mais il n’en est rien. « On en a discuté avec Serge Cornut et on a conclu que Carouzo nous avait énormément progresser car la relation entre le fonctionnement physique et psychique est très particulière. C’est une recherche permanente. Je pense que nous n’avons pas encore tout compris. Car si un jour, il entre dans ces arènes là comme il est à la maison, c’est un cheval qui pourrait finir dans un top 5/10 de championnat. »
Carouzo Bois Marotin, héritier d’Eugène Trochu
Il arrive parfois que l’on néglige un peu la qualité génétique des chevaux de concours complet. Pourtant, beaucoup peuvent se revendiquer de prestigieuses lignées maternelles. C’est le cas de Carouzo Bois Marotin, ce hongre de 14 ans né chez Armel Mouflet à Lassigny dans l’Oise. Fils de Kannan (qui s’affirme aussi en complet parmi les meilleurs pères de gagnants), Carouzo est un descendant direct de Première de Mai, sf (Ultimate, ps), née chez Eugène Trochu, à l’origine notamment de Bella de Charmois (ISO 159), Pepita de Charmois (ISO 150), et l’étalon Quartz du Vallon (ISO 154). Elle est la mère de Fleur de Mai (Quastor, sf), dont la fille Osière de Mai (Nankin, sf) donna l’excellent performer Absalon (ISO 166) et surtout Azalée de Mai II (Muguet du Manoir, sf), mère des étalons Fleuron St Lois (ISO 144), Hermes St Lois (ISO 152) et Icare St Lois (ICC 144), avant d’offrir à la famille Levallois quelques uns de ses meilleurs produits, dont les étalons I Am Semilly, Keep Cool Semilly et Banzai Semilly.