Carentan-Auvers Jump et la promotion du cheval normand
jeudi 17 septembre 2020

Auvers Jump piste ambiance
Le site de Carentan-Auvers Jump comporte un manège et trois carrières. © Carentan-Auvers Jump

Carentan-Auvers Jump. Un nom qui résonne dans les oreilles des compétiteurs sans plus de précisions et pourtant, c’est un acteur clé du monde équestre normand. À son origine, Alain Hinard, cavalier professionnel dans les années 1970 qui a remporté les championnats de France catégorie 1 en 1977 et de nombreux Grand Prix, notamment jeunes chevaux. Mais la passion de l’enseignement l’a peu à peu tiré de la selle pour devenir l’organisateur des concours du parc équestre d’Auvers.

« Hinard à la casquette jaune » achète le terrain en friche en 1975 et y conserve la tour maintenant réhabilitée et classée aux monuments historiques. Le terrain sert d’abord à entraîner ses chevaux. « J’ai été cavalier pendant longtemps, quand j’ai construit mon manège j’ai monté un centre équestre et puis j’ai eu la vocation de former des cavaliers. En fin de compte, moi dans ma jeunesse je n’ai pas eu beaucoup de personnes qui m’ont aidé au départ. » Puis, entre 2003 et 2005, il améliore la structure, ajoute des carrières et des boxes pour accueillir les championnats d’Europe Jeunes en 2007. L’évènement propulse Carentan-Auvers Jump et lui accorde une renommée internationale.

« J’ai eu beaucoup de cavaliers qui sont venus monter à Auvers parce que je leur insufflais la gagne. À l’époque, c’était important », raconte l’homme de 72 ans. La gagne, c’était l’envie de réussir, de remporter, la niaque comme on dit. Un échange de bons procédés se met alors en place. Sébastien Branly, cavalier amateur et trésorier de la structure, l’explique : « Les gens qu’Alain a aidés, qu’il a formés, comme Laurent Goffinet, Julien Épaillard, Floriant Ango, il leur disait ‘Venez chez moi, je vais vous coacher, gratos, en contrepartie vous m’aiderez à organiser les concours.’ »

But : favoriser la filière Cheval dans son ensemble

Cet esprit d’entraide et surtout de promotion des cavaliers normands est au cœur de Carentan-Auvers Jump et de son équipe. Alain Hinard reconnaît avec humilité : « Auvers ça représente toute la partie de ma vie que j’ai consacrée à aider beaucoup de cavaliers ». Mais pas seulement puisqu’il a œuvré au développement de l’élevage dans la région, par l’organisation de concours d’élevage, et au partenariat entre les éleveurs et les cavaliers de compétition.

Sébastien Branly partage sa vision : « C’est tout un écosystème qui permet aux éleveurs de fabriquer des bons chevaux, aux cavaliers de leur donner du métier, au sellier de vendre une selle, au fabriquant de camion d’en vendre. » Avec, derrière, la passion pour l’organisation. Un concours, ce n’est pas seulement une piste d’obstacles et des cavaliers sur des chevaux. Pour l’équipe d’Auvers, c’est un évènement de partage à l’origine de vocations. Le public et les familles des alentours inscriront, peut-être, leurs enfants au poney-club.  

Un terrain polyvalent

Sur place, Alexa Hinard, la fille du fondateur, et Sylvain Montigny proposent chacun une écurie de valorisation des jeunes chevaux. Un centre équestre de poneys est également sous la gestion d’Alexa.

Auvers et Saint-Lô représentent les plus importants centres de compétitions de la Manche. Sébastien Branly fait le compte : « On attire 15 000 engagés par an. » Le site d’Auvers accueille des concours nationaux et internationaux, professionnels, amateurs et clubs, chevaux, jeunes chevaux et poneys, CSO, dressage et même derby.

Alain Hinard a également innové dans le format des concours. « Il a été le premier à avoir créé des tournées en France, des concours de 3 weekends de suite », précise Sébastien Branly. Comme la fameuse « Tournée des grêlons », qui prend place chaque année à Carentan-Auvers Jump en mars, dont l’une des dates est une étape du Grand National depuis plusieurs années. La Tournée d’été, en août, propose un CSI quand la Tournée d’automne offre seulement des nationaux. Elle commence le 25 septembre prochain.