Equisense poursuit sa route au sein du Groupe Voltaire
jeudi 09 avril 2020

Equisense
Equisense © Equisense

Equisense fait partie des premiers objets connectés qui sont arrivés sur le marché des sports équestres. Camille Saute et Benoit Blancher, tous deux jeunes étudiants issus de l’UTC de Compiègne, ont uni leurs compétences pour se lancer dans cette aventure, d’une jeune entreprise innovante, une startup, pour proposer un capteur de mouvements pour aider le cavalier dans son entrainement. Rencontre avec Benoit Blancher, le CEO d’Equisense, un jeune entrepreneur de 29 ans.

Quelle était votre idée au moment du lancement d’Equisense en septembre 2015 ?

Avec Camille, nous étions tous les deux cavaliers amateurs et nous voyions l’arrivée de cette nouvelle technologie, des objets connectés dans l’univers du sport avec les systèmes GPS pour la course à pied, les raquettes connectées et les clubs de golf connectés de Babolat. On trouvait cela pertinent de proposer un objet connecté permettant d’offrir des données qualitatives, dans un sport hyper technique comme les sports équestres en proposant des données mesurables sur la foulée et le cardio. Finalement, l’équitation se pratique souvent seul et la technologie peut apporter un plus, une aide à l’entraînement en proposant aussi des exercices. L’idée de départ d’Equisense, c’est d’aider le cavalier pour avoir des repères sur l’état du cheval et son entrainement. En fait, c’est plus qu’un produit de tracking, car il y a tout un écosystème autour avec du contenu scientifique et pédagogique.

Quelles ont été les difficultés rencontrées ?

Techniquement, c’est un produit très compliqué qui mélange la prise de mesures par le capteur, le signal et les informations dans l’application. Il a toujours fallu être plus malin. Nous avons eu des besoins de financements importants en terme de capital. Nous voulions un produit excellent et esthétique, en cuir, mais nous avions la contrainte de la taille du marché potentiel. Il a fallu faire un gros travail de pédagogie et sur le produit pour qu’il procure une expérience fiable. Il y avait un nouvel outil à prendre en main et accompagner les utilisateurs dans la formalisation de leurs objectifs.

Où en êtes-vous techniquement ?

Sur le plan scientifique nous sommes très bons. Nous avons des panels d’indicateurs larges par rapport au saut d’obstacles. Nous avons eu la chance que Camille ait un réseau solide avec des gens de qualité à l’IFCE et comme Philippe Benoit. La technique du produit est difficile. Il a évolué vite et c’est un produit sans faille. Il est compatible avec un usage grand public.

Techniquement, il fonctionne. Depuis Motion S, il est très abouti pour tous les gens qui montent à cheval. La condition sine qua none, c’est que la donnée de base soit bonne. Sauf quelques petits cas où il y a des bugs possibles, les signaux sont impeccables. L’indicateur, c’est la satisfaction des gens. Nous avons vendus 5000 capteurs en 2019, soit un total cumulé de 12 à 13 000.

Quelle était votre cible et quel a été l’accueil des cavaliers ?

Au tout départ, c’était un produit technique pour les cavaliers de sport de haut niveau. Mais, en fait, la cible est plus large, c’est le propriétaire d’un cheval ou un demi-pensionnaire engagé et consciencieux. Dans l’approche, c’était 60 à 70 % de cavaliers compétiteurs. Mais dans les faits, c’est plutôt 90% pour l’entraînement sans objectif de compétition. Nous ne sommes pas au niveau pour l’endurance, mais c'est pertinent pour le saut d’obstacles, le complet et le dressage.

Equisense a intégré le Groupe Voltaire, quelles sont les conséquences de ce rachat ?

Ce rachat a deux conséquences. Notre vision est claire par rapport à notre ambition envers les cavaliers et c’est une belle boite au niveau mondial. Dans son usage, on souhaiterait qu’Equisense devienne un standard pour l’entraînement des chevaux. Cette association avec le Groupe Voltaire a un impact en terme de moyens et de temps. Cela nous permet de nous projeter en années. Nous avons désormais le temps pour poursuivre la construction du produit. Le Groupe Voltaire est excellent sur le matériel et réalise 70% à l’export. Il est excellent sur la vente. Nous sommes très bons sur nos produits et le marketing. Ainsi, nous sommes complémentaires.

Mais ce qui est important, c’est que notre vision n’a pas changé, même si nous sommes devenus une filiale du Groupe Voltaire. Nous leur apportons notre expertise sur le marketing digitale et eux nous apporte leur savoir-faire sur les ventes. Fin 2019, nous avons lancé notre nouveau produit Motion S qui ajoute un cardiofréquencemètre. Auparavant, nous n’avions qu’un système d’analyse de la locomotion.