L’ajustement des muserolles en question
jeudi 26 mars 2020

Une muserolle ajustée sur un cheval en plein parcours de CSO
Une muserolle ajustée sur un cheval en plein parcours de CSO © Claude Bigeon

Le réglage des muserolles fait l’objet d’une réglementation différente suivant les disciplines et suivant que l’on regarde le règlement de la FEI ou celui des fédérations nationales. La fédération suisse des sports équestres (FSSE), vient d’édicter début janvier 2020, une nouvelle réglementation concernant le réglage des muserolles.

Ainsi, la FSSE, impose désormais un espace de 1,5 cm entre la muserolle et le chanfrein, tout en indiquant que la mesure se fasse à cet endroit de la tête du cheval, et cela avec l’utilisation d’un petit accessoire qui sert d’instrument de mesure objective. Dans le règlement de la FEI, cette mesure se fait au niveau de la joue du cheval, sur le côté de la tête et sans instrument de mesure objectif à un endroit où la tête du cheval est concave, c’est-à-dire un peu creuse.

Cette motivation de la fédération suisse repose sur des données scientifiques qui montrent qu’une muserolle trop serrée entraine des problèmes de respiration, des difficultés de déglutition, de la tension et du stress chez les chevaux. La Suisse, suit ainsi l’exemple d’autres fédérations, comme celle du Danemark, des Pays-Bas et de Nouvelle-Zélande. Un mouvement qui est lié à l’impulsion donnée par ce qui est devenu aujourd’hui l’ISES, c’est-à-dire l’International society of equitation science créée par des comportementalistes et physiologistes, des vétérinaires, des scientifiques comme Andrew Mc Lean, qui est un spécialiste de l’apprentissage chez le cheval. La mission de l’ISES est de promouvoir et d’encourager l’application de recherches pour améliorer le bien-être du cheval dans ses interactions avec les humains, bien sûr dans la pratique de l’équitation et des sports équestres. Ainsi, en novembre 2019, l’ISES s’est prononcée sur cette manière d’ajuster la muserolle trop serrée qui créée un inconfort et une douleur au cheval et demande que les autorités en charge de la réglementation des sports équestres adoptent des mesures objectives, comme a pu le faire récemment la fédération suisse des sports équestres.

Cette position de l’ISES que l’on peut retrouver en détail sur son site internet est en parfaite connexion avec la théorie de l’apprentissage du cheval, les principes fondamentaux de l’entraînement du cheval, dont un des éléments est l’aspect émotion. Il faut « être conscient que les chevaux sont des êtres capables de souffrir. Favoriser un état émotionnel positif. Reconnaître que la cohérence rend les chevaux optimistes pour davantage de résultats d’entraînement. Eviter la douleur, l’inconfort et/ou le déclenchement de la peur. » Voilà un rappel et une précision sur la manière dont les chevaux apprennent qu’il faut garder à l’esprit.

La motivation sous-jacente de cette mesure mise en place par la Suisse et d’autres pays est clairement le bien-être du cheval. Une muserolle est souvent trop serrée par ignorance de son impact sur le cheval.