Stéphanie Leveau imagine la chaussette Fixity
mercredi 16 octobre 2019

Stéphanie Leveau a lancé la marque West Island dont ses chaussettes Fixity © Claude Bigeon

Le lancement d’une nouvelle marque dans l’équitation. Voilà le défi que Stéphanie Leveau, sélectionnée au pôle Hippolia d’EquitaLyon en 2018, relève au quotidien avec ses chaussettes Fixity, conçues sous la marque West Island. Retour sur l’histoire d’une jeune entrepreneuse.

L’Eperon : Quand et pourquoi lancez-vous West Island ?

Stéphanie Leveau : La marque West Island est née en 2018. L’idée est de créer une marque de produits outdoor innovants qui apportent plus de liberté dans la pratique sportive. Les chaussettes Fixity, qui fixent la jambe et protègent le mollet, datent de juin 2018.

Quel est votre lien avec l’équitation ?

C’est ma passion de toujours. Mais, il y a à côté d’autres sports passionnants. Et qui peuvent être bénéfiques aux cavaliers par rapport à la gestion du stress, du cheval.

Pourquoi la chaussette ?

L’idée me trottait dans la tête depuis longtemps. Je cassais assez vite mes chaps et j’utilisais des bandes de polo à la place. Ou parfois je mettais uniquement mes chaussettes par dessus le pantalon pour gagner du temps. J’ai eu envie de remplacer les chaps par des chaussettes adaptées, comme une nouvelle option.

Parlez-nous de Fixity.

C’est une chaussette qui protège l’intérieur des mollets et adhère à la selle. Ainsi, elle favorise la fixité de la jambe. La sensation s’apparente à celle de la colle à botte ou deux cuirs très bien entretenus en contact. Une zone de silicone est intégrée sur la zone de frottement au niveau du mollet.

Hippolia, le Pôle de compétitivité du cheval vous a été utile ?

Oui, c’était très intéressant d’être dans le village des startups à Equitalyon en 2018. Il fallait présenter son produit de manière efficace au public du salon et devant un jury de professionnels. Les retours et les conseils ont été très enrichissants. Et l’énergie du groupe super.

Quelles ont été les difficultés ?

Trouver la bonne forme et les bons matériaux. Nous avons réalisé des prototypes avec mes partenaires français. Car au départ, j’ai fait le choix du made in France.

Est-ce compliqué de se lancer dans ce genre de business pour une femme ?

Ce n’est pas une difficulté d’être une femme, ni d’être jeune. A l’origine, l’essentiel de la clientèle était composée de femmes, et c’était plus facile de comprendre leurs envies. Quand on démarre son entreprise, c’est tous les jours le parcours du combattant. Chaque jour amène son lot de problèmes, mais pour l’instant tout va bien. Je dirai qu’une des difficultés reste le financement. Je crois à mon produit et je commence à avoir une clientèle récurrente.

Quels sont les retours des utilisateurs de vos chaussettes ?

Ils disent qu’elles sont agréables, confortables et protègent bien. Je pense élargir la gamme et développer d’autres produits.

Quelle était votre cible au départ ?

Plutôt des jeunes et des adolescents. Et, en fait, il y a de plus en plus d’adultes intéressés. Les profils de cavaliers sont différents. Il y a les cavaliers de saut d’obstacles qui veulent être plus protégés au niveau du mollet, les cavaliers qui ont une pratique en extérieur, ceux d’endurance… Les de ride and run et de ride and bike s’y intéressent également… 

Quel est votre parcours professionnel ?

Après une formation en histoire de l’art et l’envie de devenir experte en art asiatique, la réalité du marché m’a réorientée vers la communication. J’ai travaillé dans la communication corporate et BtoB. En 2017, j’ai eu envie de sortir de cet univers et de travailler dans celui du cheval.

Monter sa propre activité a été un vrai challenge ?

Ça s’apprend. Il faut bien s’entourer et croire en ce que l’on fait. Je suis très bien accompagnée dans le cadre du programme Entrepreneur leader à la Chambre de commerce de Paris. Et au fil des rencontres, j’avance. L’important, c’est d’être beaucoup sur le terrain. Mon jeune frère qui est dans la Foodtech est aussi de bon conseil.

Qu’est ce que vous diriez à un jeune qui veut se lancer ?

De foncer. Il faut proposer de la qualité mais être conscient que la qualité a un prix, quel que soit le produit. Il faut aussi deux qualités essentielles : la persévérance et la ténacité, comme à cheval. Et l’envie de mettre de l’énergie dans ce que l’on fait.

Une dernière remarque ?

Je suis très contente de cette aventure humaine. Les rencontres avec les autres entrepreneurs, les cavaliers sont très enrichissantes.