Adieu Francis !
samedi 04 juin 2022

Francis Rebel
Véritable homme de cheval, Francis Rebel s'est éteint à l'âge de 74 ans. © Ph. Coll

Personnalité incontournable de la filière cheval, Francis Rebel, soixante-quatorze ans, s’est éteint la nuit dernière à l’hôpital de la Salpetrière.

Tour à tour directeur technique de la Société hippique nationale de Fontainebleau, où il encadrait la formation des enseignants, écuyer au Cadre Noir de Saumur, entraîneur national Poney, responsable du Pôle équitation au Haras de la Cense, puis directeur sportif de l’Etrier de Paris, Francis Rebel était un homme de cheval accompli et un pédagogue hors pair. Outre ses compétences techniques incontestables, ses innombrables élèves retiendront sa capacité à toujours enseigner avec positivité et bienveillance.

Pour l’anecdote, cet épisode illustre parfaitement cette capacité à se montrer encourageant et réconfortant, quelques soient les circonstances : alors qu’il anime une séance de
saut d’obstacles à l’intention des élèves instructeurs à Saumur, l’un des cavaliers commet une énorme erreur qui provoque sa chute et celle de son cheval, heureusement sans gravité. Après s’être assuré que le couple n’a subi aucun dommage, Francis s’approche du cavalier, lui pose amicalement la main sur l’épaule, et lui livre le conseil suivant : « ce que tu as fait était très bien. Maintenant, tu reviens, tu fais exactement le contraire, et ce sera parfait ! »

Franck Genser, élève de Francis à L'Etrier, gardera en mémoire la capacité de son professeur à le mettre en confiance, à le motiver pour se dépasser, jusqu’à « aller sauter un obstacle énorme qu’il n’aurait jamais osé aborder seul », et son amour inconditionnel des chevaux qu’il trouvait tous formidables. Si ses élèves garderont à vie en mémoire ses précieux conseils fondateurs, ses très nombreux amis, envers lesquels il se montrait très fidèle, conserveront le souvenir d’un bon vivant, toujours prêt à faire la fête, souriant, doté d’un humour parfois caustique, et unanimement reconnu pour sa bonne humeur communicative. Thierry Touzaint, son ami de quarante ans, évoque « un très bon technicien, une belle personne, et avant tout un bon copain », avec lequel il partageait sa passion du football lors de soirées mémorables. Au-delà de ses compétences qu’il n’hésitait jamais à partager, sa gentillesse, son calme, sa silhouette débonnaire, sa bienveillance et son humour vont cruellement nous manquer.

L’Eperon s’associe tout particulièrement à la douleur de Martine, son amour de jeunesse qu’il avait épousée voilà près de vingt ans, à celle de sa famille, de ses proches et innombrables amis. Une cérémonie d’hommage religieuse réservée à la famille aura lieu dans le courant de la semaine à Paris.