La tête et les jambes
vendredi 18 février 2011

rougier
Jonathan Rougier

Dans le cadre des stages de formation professionnelle continue, initiée par la FFE et ouverte aux enseignants, la « Préparation mentale » était au programme les 10 et 11 février. Un stage qui s’est révélé très positif !

Jonathan Rougier, moniteur d’équitation, qui a également suivi un cursus (DES) en psychologie animait un stage où une douzaine d’enseignants, de différents horizons et parfois de régions fort lointaines étaient regroupés. Au programme, de la théorie, des exercices pratiques ou encore des solutions pour que la tension ou le stress n’interfèrent pas autour des cavaliers dans le paysage de la compétition et que la performance se montre plus accessible pour tous.
Il s’agit d’un premier dispositif mis en place et lors de cette cession explique Jonathan Rougier, le stage s’est déroulé essentiellement en salle. Dès l’an prochain, le programme sera élaboré avec quelques heures en situation dans la carrière en présence des chevaux des stagiaires. « J’ai essayé de cibler suivant le profil des personnes présentes. Nous avons tablé en premier lieu sur le contenu des séances à cheval à la frontière entre la pédagogie pure et les exercices équestres qui concourent à mettre les élèves à l’aise et maîtres de leurs moyens. Nous avons également travaillé sur la visualisation mentale. Il s’agit du parcours fictif à réaliser dans sa tête en amont de la compétition. La relaxation était également évoquée en amont de toute préparation sportive ». Les stagiaires pouvaient piocher à travers toutes les données, les éléments utiles à leur propre expérience et tentaient de réaliser des protocoles personnalisés en fonction de leurs élèves. Pour trouver les solutions adéquates explique Jonathan Rougier, il est nécessaire de s’entraîner et de répéter afin que le processus s’enclenche et que cette préparation devienne une habitude. Ce n’est pas pure magie dit-il mais une sorte de gymnastique, de culture qui correspond à l’évolution du monde qui  nous entoure et l’évolution des générations.
Les stagiaires étaient dans leur ensemble, ravis de ces deux journées et prêts à s’investir sur de nombreux détails. Sarah Go, par exemple, jeune monitrice de la Région Parisienne profitait du week-end suivant pour mettre en application les consignes avec une élève très angoissée. Elle s’apercevait rapidement que le dialogue et le mode de fonctionnement en amont du parcours allaient vers le positif. « C’est peut-être une pure coïncidence mais le sans faute de mon élève est bien là ! Tout cela m’encourage à revoir ma copie et à mettre en application ce que j’ai appris durant ce stage. C’est très positif et m’incite à chercher plus loin ». De son côté Thibault de Fontenay, un enseignant installé à Mandelieu depuis de longues années confirmait l’intérêt du stage. « On est parfois désemparé devant les élèves. C’est une vraie remise en question avec un regain de confiance en soi lors de ce stage. Nous avons vu comment décortiquer les débriefings. C’était très intéressant de cerner les questions d’autant que nous connaissons nos élèves de longue date et qu’il faut savoir parfois changer son fusil d’épaule devant la perplexité de la situation. Nous avons par ailleurs beaucoup échangé sur nos expériences, nos savoirs faire et c’était très enrichissant. »

Commentaires


PHILIPPE G | 29/03/2011 23:01
"L'évolution du monde qui nous entoure". Que le monde évolue ne fait pas l'ombre d'un doute, ce qui pose question c'est de décider si c'est toujours à nous de nous adapter ou bien si nous ne devons pas parfois nous opposer à ce qu'on nous impose. Le monde évolue cela veut dire que les manières de vivre, de penser, de se comporter changent sous la pression quelquefois sous la menace mais elles ne changent que par nous. Que nous soyons agent passif ou actif de ces changements nous en détenons souvent une part de responsabilité qu'il faut absolument utiliser pour ne pas en perdre l'usage. Retrouver la préparation mentale, ici, comme solution au désarroi des enseignants, comme rempart contre le stress peut n'étonner personne tant la pratique est passée dans les mœurs toute à la fois séduisante et gentiment anodine mais tant aussi et surtout la formation technique a été sacrifiée entraînant nécessairement avec elle dans le sacrifice une pédagogie devenue impossible . Pourtant c'est bien là que se trouve non pas peut être la parfaite, mais la meilleure solution aux difficultés somme toute normales que des enseignants peuvent éprouver devant des élèves, dans une pédagogie issue de la compétence et créatrice d'une saine autorité. La préparation mentale (qui prend certaines de ses origines dans le béhaviorisme dont on peut craindre certains effets quand on l’applique notamment à l’enseignement) c'est donc ici et pour moi comme l'emplâtre sur la jambe de bois; quel manque de discernement et de lucidité pour ne pas proposer autre chose aux enseignants que du baume pour adoucir le malaise dans lequel ils n'ont sans doute pas encore reconnu le germe de la colère.
Philippe GUYONNET.
PS. Un petit signe à Jonathan à qui je n'ai pas besoin de rappeler mon amitié, j'aurais préféré que cet article implique un anonyme pour moi.