La FFE retire sa plainte contre Amélie Quéguiner
jeudi 09 septembre 2021

Suite au retrait des plaintes de Serge Lecomte et de la FFE pour diffamation, Amélie Quéguiner ne comparaitra pas ce lundi devant le tribunal.
Suite au retrait des plaintes de Serge Lecomte et de la FFE pour diffamation, Amélie Quéguiner ne comparaitra pas ce lundi devant le tribunal. © Coll.

Amélie Quéguiner, victime présumée de faits de pédocriminalité, avait reçu à la fin du mois de mars une citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Périgueux venant de Serge Lecomte et de la FFE, qui lui reprochaient des faits de diffamation à leur encontre. Alors que le procès de la cavalière devait se tenir ce lundi 13 septembre, la FFE et son président ont finalement décidé de retirer leur plainte.

C'est incontestablement un dénouement dont on peut se réjouir, et dont s'est félicitée Amélie Quéguiner, victime présumée de faits de pédocriminalité, sur sa page Facebook, ce jeudi 9 septembre : " Hier, par communication entre avocats, nous avons appris que la fédération française d’équitation et son président Serge Lecomte retiraient leurs plaintes. Je reviendrai plus tard, et plus longuement sur le sujet. Pour l’heure, je salue leur décision qui va dans le sens de la justice et du respect mutuel. Respect de ma parole qui défend une cause juste. Respect de votre parole à vous tous et toutes, dont le soutien a été si généreux. Nous avons été entendu. Reste à nous faire comprendre. Je nous sais sur la bonne voie. L’ascension va être rude et longue, mais nous sommes surentrainée et surmotivés. Ce soir je suis soulagée et satisfaite. Soulagée que nos dirigeants aient retrouvé la raison. Soulagée de ne pas avoir à affronter une épreuve supplémentaire, même si j’y étais déterminée. Satisfaite d’avoir mené, à vos côtés, ce combat contre le silence. Ce silence, souvent confondu avec la discrétion, entrave la lutte contre la pédocriminalité dans tous les domaines. Ce silence entrave la lutte contre toutes les formes de violences infligées, aux enfants, aux femmes, aux hommes, aux athlètes. Ce soir je suis satisfaite de pouvoir encore, dire et re dire, qu’il faut parler, alerter, signaler, s’insurger, sans relâche et avec fierté. N’ayez plus honte, plus peur. Ce soir je peux vous assurer que je continuerai à agir et militer dans ce sens. Au risque que mes mots froissent. Certaines choses ne font pas du bien à entendre. Mais quand cela est justifié, et compris, ça fait la plupart du temps progresser. Merci à tous de m’avoir inspirée et poussée à tout ça. Ce n’est pas vain. On a gagné, bravo et merci."

Pour rappel, Amélie Quéguiner avait notamment témoigné dans notre numéro consacré au sujet de la pédocriminalité dans le sport, et dans la sphère de l’équitation plus particulièrement. Elle déplorait des prises de conscience tardives, des victimes en souffrance et une parole qui était souvent difficile à libérer. Elle regrettait également que les instances ne répondent pas suffisamment présentes sur ces dossiers, en protégeant davantage les mineurs. Dans le cadre de la campagne des élections fédérales, elle avait également adressé une lettre ouverte aux trois candidats, Serge Lecomte, président sortant, Anne de Sainte Marie et Jacob Legros, leur demandant de prendre en compte la gravité de ce sujet et les mesures qu’ils comptaient appliquer pour lutter contre les agressions. Outre son témoignage dans les colonnes de L’Eperon, Amélie s’était également confiée à d’autres médias, tel L’Obs. Après ses témoignages, le 29 mars dernier, l’éleveuse avait reçu la visite à son domicile d’un huissier de justice, qui lui a remis une citation à comparaître devant le tribunal de Périgueux (à retrouver ici) suite à la plainte de la FFE et de Serge Lecomte pour diffamation. Une initiative regrettée par l'association Colosse aux pieds d'argile, luttant contre la pédocriminalité dans le sport, avec laquelle la FFE avait noué un partenariat quelques semaines plus tôt. Fixée d'abord au 28 avril, l'audience avait finalement été reportée au 13 septembre. 

Alors que la cavalière et éleveuse devait ainsi comparaître ce lundi, la FFE et Serge Lecomte ont finalement retiré leur plainte. Pour rappel, dans le cadre de cette accusation en diffamation, ils réclamaient à Amélie Quéguiner “un euro symbolique et le remboursement des frais de défense à hauteur de 10000 euros maximum, pour commencer”, indiquait en avril dernier Me Corinne Raynal Violante, l’avocate de la prévenue. “Et si un jugement avait été rendu en faveur de M. Lecomte et de la Fédération, ma cliente aurait dû à ses frais en publier un compte-rendu dans dix médias, choisis par le plaignant, dans une limite de 10000 euros par publication.”