La Région Auvergne Rhône-Alpes mise sur la filière équine (1/4)
mardi 19 novembre 2019

Laurent Wauqize Sommet de l'élevage
Laurent Wauquiez (droite) au sommet de l'élevage de Clermont Ferrand avec Régis Bouchet (milieu), président Conseil de la Filière et serge Lecomte au milieu des pur race auvergnats © Jean-Louis Perrier

Voté au printemps dernier, signé en grande pompe par Laurent Wauquiez pendant le salon Equita Lyon, le Plan Ambition Cheval à hauteur de 7,4 M€ se met en place. Une belle enveloppe qui mérite d’être examinée de plus près.

Le 29 mars dernier, la session du Conseil Régional Auvergne Rhône-Alpes votait à l’unanimité un plan de soutien à la filière cheval pour les trois ans à venir d’un montant global de 7,4M€. Cet engagement témoigne d’une reconnaissance de l’impact du secteur cheval dans cette région estimée au 2e rang national avec 1,2Md € de CA dont 470 M € issus des 6 400 entreprises régionales travaillant dans le secteur équin, le reste provenant de l’activité du PMU. Malgré la baisse des licences, le CRE Auvergne Rhône-Alpes est le 2e de France avec près de 1200 structures affiliées représentant 73 956 licenciés en 2019 dont 8 613 fléchés tourisme équestre. On recense 4 400 élevages, 12 hippodromes avec 145 entraineurs de chevaux de course. Au total 14 000 personnes tirent leurs revenus de l’activité cheval, et 5 000 bénévoles complètent l’activité du secteur, de quoi motiver les élus politiques !

Partant du constat que cette filière avait besoin de reconnaissance et de soutien, la Région a mis en place un plan s’adressant à tous les acteurs. Le volet élevage qui bénéficiait déjà d’un comité de pilotage reste bien sûr bénéficiaire avec une enveloppe de 1,4 M€ sur trois ans, mais la grande nouveauté est dans le volet hors élevage doté de 6 M€. La principale destination de cette manne est en faveur des centres équestres : 4,5 M €. Nous reviendrons en détail dans le prochain volet de cet article sur cette aide, une grande première en France ! Avec ses douze hippodromes et le site d’entrainement de galopeurs de Chazey, le secteur des courses perçoit 900 000€ afin de se dynamiser et améliorer les conditions de pratiques des courses. 450 000€ sont attribués au tourisme équestre pour assurer son développement avec une amélioration des infrastructures d’accueil des chevaux dans les hébergements de randonnées. Fort de 20 000km d’itinéraire, le tourisme équestre est la 2e activité de pleine nature de la région. Le secteur des activités connexes regroupe aussi bien des centres de formations que les activités de la recherche ou de la communication. C’est le petit poucet de ce plan avec une enveloppe de 150 000€. Il est vrai que certains établissements comme les lycées agricoles bénéficient par ailleurs d’aides régionales, tout comme ce plan ne mentionne pas les actions de communication de la Région sur les grands évènements sports équestres, Equita Lyon recevant par exemple une subvention régionale de 100 000€. Le principe d’interlocuteur unique  mis en avant par la communication régionale autour de ce plan n’est donc pas exact, mais dans la mesure où il s’agit de lignes de financement supplémentaires, on ne s’en plaindra pas ! Le plan ambition cheval est porté par la conseillère régionale du Puy de Dôme, Caroline Guelon Bevillard, elle-même cavalière, sous la houlette de Jean-Pierre Taite, vice président en charge de l’agriculture, particulièrement sensible à l’activité de la filière car maire de la commune de Feurs où se situe un hippodrome, dans le département de la Loire très actif en sport, course et élevage.

Le conseil de la Filière Cheval Auvergne-Rhône-Alpes est l’interlocuteur de la Région pour la mise en œuvre du plan auprès de ses acteurs et en est chargé de l’animation, gestion et pilotage. Présidé depuis mars dernier par Régis Bouchet, ce conseil reste confronté à des problèmes internes comme l’a montré son assemblée générale du 14 novembre dernier où le trésorier Jean-Pierre Blache exhortait les membres à approuver le budget prévisionnel…. 2019 ! Mais une ligne du plan régional octroyant un soutien financier de 25 000€/ an devrait permettre de remettre ce Conseil en bon état de marche, c’est vital pour la mise en œuvre du plan cheval !  

A suivre sur leperon.fr, notre analyse de l’aide attribuée aux centres équestres