Colloque Hippolia sur la rhodococcose
jeudi 19 juillet 2012

rhodo hippolia
les intervenants du colloque Hippolia sur la Rhodococcose  © Marine Turpin

Un colloque sur la rhodococcose vient de se tenir le 12 juillet dernier à l’Anses de Groustranville (Calvados). « Ce colloque est dans la continuité du workshop international » a expliqué le Dr Claire Laugier, Directrice du laboratoire de pathologie équine de l’Anses.

Cette réunion regroupait vétérinaires, éleveurs, propriétaires et socio-professionnels sous l’organisation de l’Anses et d’Hippolia (fondation pour la recherche et l’innovation équine).
Cette maladie est complexe car elle a une origine multifactorielle. Quelques points ressortent, notamment au niveau des facteurs de risques : « la taille de l’élevage apparaît comme un facteur de risque prépondérant » a explique le Dr Jackie Tapprest (Anses Goustranville) d’après une enquête réalisée auprès des vétérinaires bas normands. L’effectif annuel de poulains est un bon indicateur. Cette étude fait aussi ressortir l’effet densité, le climat  (moins de cas les années pluvieuses), la poussière (facteur de contamination du poulain). Ainsi, il peut être pertinent de réduire la taille et la densité des groupes, et de favoriser les naissances précoces et de diminuer l’exposition des poulains à la poussière (ramassage des crottins, chaulage, bonne ventilation, etc.).
De nouvelles pistes pour la vaccination
La vaccination contre Rhodococcus equi fait l’objet de travaux de recherche intéressants. Le Dr José Vasquez Bolland, université d’Edinburgh, est ainsi venu présenter des travaux sur un nouveau vaccin candidat. « R. equi se multiplie dans les macrophages (parasite intracellulaire), donc c’est une difficulté pour que les anticorps puissent atteindre cette bactérie ».  Ainsi, l’immunité contre R. equi est cellulaire pour « manger » ces macrophages infectés et les détruire. L’équipe du Dr José Vasquez Bolland s’est ainsi intéressée à un pilus (appendice d’une bactérie pour s’accrocher à l’environnement ou aux cellules). « Une bactérie avec tous ses gènes s’accroche à 100% aux cellules, si l’on enlève le gène codant pour le pilus, la bactérie ne s’accroche plus aux cellules ».  L’équipe a développé un modèle chez la souris, mais il n’est pas encore applicable au cheval.
Le Dr Julien Cauchard, Anses Dozulé, a aussi montré d’autres perspectives de la vaccination : « il n’y a pas encore de vaccins disponibles car la stratégie vaccinale est compliquée » explique t-il.  Les contraintes sont multiples : nécessité de disposer d’une protection précoce (l’infection du poulain intervient dès la première semaine de vie) ; cette protection doit associer aussi bien des anticorps que l’immunité cellulaire innée ; le système immunitaire du poulain doit être pris en compte (car le système immunitaire est différent de celui de l’adulte).
Des pistes de maitrise du risque
Le Dr Bénédicte Ferry (IFCE) a en outre détaillé les mesures mises en place en 2009 pour trouver des pistes de maitrise du risque. Il est ainsi utile de tenter de baisser la pression microbienne (dépistages annuels dans les locaux et selon les résultats : assainissement et/ou gestion du risque). Il convient de détecter et soigner très précocement les poulains atteints, et de contrôler et compléter l’immunité passive.

Photo (© : Marine Turpin) : De gauche à droite les intervenants du colloque Hippolia sur la Rhodococcose : Jackie Tapprest (Anses Dozulé), N.D. Cohen (Etats-Unis), Julien Cauchard (Anses Dozulé), José Vasquez Bolland (Université d’Edinburgh), Des Leadon (Irish equine Center, Irlande), Pierre-Hugues Pitel (Laboratoire Frank Duncombe, Calvados), Steeve Giguère (Canada), Claire Scicluna (Oise), Bénédicte Ferry (IFCE), Monika Venner (Allemagne).