En Camargue, douze chevaux morts à cause de l'adonis
dimanche 03 octobre 2021

Chevaux Camargue - Image d'illustration
Chevaux Camargue - Image d'illustration © Florence Chevallier

La vigilance doit désormais être de rigueur ! Une plante toxique, l'adonis, a été retrouvée dans un ballot de foin dans une manade en Camargue, dans le Gard, chez Diana Gré. Une intoxication qui a provoqué le décès de douze de ses équidés tandis que les chevaux survivants semblent cliniquement stables. À ce jour, il n'existe pas d'antidote.

Le cas est d'autant plus alarmant que cette plante toxique, ressemblant à un coquelicot avec des bords noirs, n'a pas été identifiée comme potentiellement toxique dans le ballot de fourrage, par ailleurs de bonne qualité. « Il n'y avait aucune moisissure suspecte ; le foin était propre et vert », précise le docteur Claire Meyer, vétérinaire à Candillargues, qui a géré la crise sanitaire aux côtés de Diana Gré et de sa maman Isabelle, aux côtés de cinquante bénévoles et deux consoeurs vétérinaires venues leur prêter main forte. « On ne connaissait pas cette plante. La quasi-totalité des chevaux qui en ont consommé ont été malades », explique Diana Gré, propriétaire de la manade. Depuis les années cinquante, l’avènement de l’agriculture rationnelle et industrielle associée à l’usage d’intrants pesticides rémanents, des produits appliqués aux terres et aux cultures pour améliorer leur rendement, a modifié les pâtures. La plante, toxique pour les équidés, a ainsi été considérée en voie de disparition et a été totalement oublié des radars.

Signes cliniques et soins 

À l'apparition des premiers signes, tout faisant penser à une colique en fin d'évolution, laissant supposer une torsion. Le docteur vétérinaire appelé en urgence à la manade a très rapidement organisé une clinique de campagne en réponse à la situation, d'heure en heure de plus en plus critique étant donné le nombre de cas déclarés et de décès violents. « J'ai appelé plusieurs confrères, dont ceux de la clinique équine de Provence, l'école vétérinaire de Lyon et de Toulouse, personne n'avait connu de tels cas, relate Claire Meyer. On a fait du palliatif dans l'intervalle et j'ai contacté le professeur Gilbert Gault (de Vet Agro Sup, ndlr) auquel j'ai envoyé une photo du ballot de foin et qui a immédiatement identifié l'adonis ». Au total, vingt-sept chevaux ont été mis sous perfusion pour les réhydrater avec des anti-inflammatoires, anti-spasmodiques et des régulateurs du rythme cardiaque. L'équipe s'est relayée jour et nuit pendant plusieurs jours. « On a observé des troubles neurologiques, cardiaques et digestifs. Ils ont mis jusqu'à une semaine pour récupérer mais sans montrer de signes d'amélioration visibles ». Le Réseau d'épidémio-surveillance en pathologie équine (Respe) n'a pas tardé à faire état du cas d'intoxication.

Petit happy end pour Diana Gré : son cheval, Eigadie de la Loua, a survécu. Trois semaines plus tôt, il avait gagné le concours modèle et allures des 4 ans et plus, lors de sa participation à l'approbation des étalons au Mas de la Cure, aux Saintes Maries de la Mer (13). « Le premier étalon marqué de l'élevage présenté et approuvé », souligne celle-ci. Afin d'aider Diana Gré à régler les lourdes factures vétérinaires conséquentes à cette intoxication, une cagnotte a été mise en place.