L'identification électronique des équidés
vendredi 29 mars 2002

électronique-puce
Ph. F. Clot

Depuis le 1er janvier 2002, tout équidé sevré doit être identifié et posséder un document d’identification conforme à la réglementation communautaire. La méthode du “puçage” électronique soulève néanmoins une question : qui puce ?

Un transpondeur est une puce inerte (un solénoïde) avec une antenne qui émet une émission radio. Elle mesure 11 mm de long pour 2 mm de diamètre et s’implante dans le ligament cervical du côté gauche. Chaque puce possède un code propre, composé d’un code cheval, un code pays, un code fabricant et de numéros, soit une trentaine de milliards de combinaisons produites par hasard par ordinateur. D’une durée de vie d’une vingtaine d’années, elles ont une norme ISO européenne et, actuellement, Mérial est le plus gros fournisseur européen.

Pour Charles de Certaines, chef du bureau de l’élevage et de l’équitation au ministère de l’Agriculture, le transpondeur n’est qu’un moyen d’identification complémentaire et seul le ministère de l’Agriculture peut le rendre obligatoire. Une démarche qui est d’ailleurs à l’étude, puisqu’un texte mis au point en collaboration avec les quarante-deux associations de races existant en France est en cours de rédaction. Ainsi, l’ensemble des chevaux présents sur notre territoire pourraient être “pucés” dans proche un avenir. Pour Charles de Certaines, deux solutions existent pour parvenir à la généralisation de l’identification électronique. La première passe par les associations de races, chacune prenant en charge le puçage de ses équidés. Quant à la seconde, elle pourrait consister à rendre obligatoire le puçage de tout équidé lors de son inscription à une manifestation quelle qu’elle soit. Ce qui serait un moyen plus progressif.

Les éleveurs d’ânes du Cotentin, par exemple, ont choisi la première solution depuis 1996. “Le Haras de Saint-Lô a ouvert une permanence “identification” qui reçoit les ânes une fois par semaine, explique Gilbert Mouchel-Vichard, président de cette association. Sept cents ânes ont ainsi été déjà identifiés sur la Manche pour 100 F (15,24 E) par tête, plus le déplacement.

Pour le moment, en effet, les vétérinaires sont les seuls habilités à poser chez l’animal cette puce grosse comme un grain de riz, et grosso modo de la même taille que celle qui sera posée sur nos chiens et chats. Un marché qui est donc en pleine expansion et qui peut ainsi attiser les convoitises d’organismes ou de praticiens qui seraient détenteurs d’une sorte de monopole. Mais ce n’est pas tout. Évoquant le manque de moyens financiers et de vétérinaires en exercice, beaucoup d’éleveurs demandent à pouvoir poser la puce eux-mêmes, arguant de la facilité et de la rapidité à systématiser ainsi cette forme d’identification. Bruno Lenfant, à la Fédération nationale du cheval, est l’un de ceux qui souhaitent que soit donnée aux éleveurs l’autorisation de pratiquer le puçage : “Un acte vétérinaire doit être curatif, argumente-t-il. Nous, nous demandons à ce que la pose de transpondeur soit un “acte d’élevage”. Nous demandons à ce que ce soient les éleveurs ou un technicien de l’association de race concernée qui puissent le faire au nom de la race.”

Le docteur Corde, pour sa part, estime qu’il serait certainement moins coûteux pour l’État d’utiliser les services des vétérinaires que de former ses propres agents, ceux des Haras nationaux, ce qui, en outre, pourrait aboutir à une guerre de tarifs entre l’État et les praticiens libéraux. Dans ce cadre, toutes les propositions sont, selon lui, les bienvenues : “Nous pourrions prendre 7 ou 8 e pour l’achat du transpondeur et la même chose pour sa pose, sachant que chacun est libre de pratiquer les tarifs qu’il souhaite, mais de toute façon, ça ne serait pas un prix extraordinaire, et nous le ferions en même temps qu’un autre acte, pour réduire les coûts.”