Les nouvelles techniques d'imagerie médicale
mercredi 17 juillet 2002

Cirale-thermographie
La thermographie permet de dresser un bilan rapide du dos

Radiographie, échographie, mais également thermographie, scintigraphie, IRM font désormais partie de la panoplie du praticien et permettent de détecter la moindre lésion de l’appareil locomoteur du cheval.

Un diagnostic précis des lésions locomotrices est indispensable afin de les traiter efficacement. C’est pourquoi les vétérinaires équins s’appuient sur des techniques modernes d’examen : les techniques d’imagerie médicale.

Première étape : localiser la lésion. Ceci n’est pas toujours évident, car le symptôme peut s’avérer trompeur. C’est ainsi que la boiterie d’un antérieur peut en réalité être la conséquence d’un problème de dos. La thermographie, technique qui consiste à enregistrer la température de la peau du cheval, permet d’avoir une vue d’ensemble du cheval et de se faire une première idée des zones dans lesquelles siège l’affection. Les zones dites “chaudes” apparaissent en rouge et signent la présence d’une inflammation alors que les zones dites “froides”, colorées en bleu, indiquent l’existence d’une douleur chronique que le cheval tente de soulager. Grâce à cet appareil, le vétérinaire va disposer d’une véritable carte couleur de la température cutanée du cheval. Facile à mettre en œuvre, elle peut être utilisée aussi souvent que nécessaire. Elle peut être indiquée en première intention, ou, au contraire, en complément d’une autre technique d’imagerie pour affiner un diagnostic. Elle trouve également un intérêt dans le suivi des chevaux, notamment en phase de cicatrisation d’une lésion ou bien pour déterminer le meilleur moment de la reprise du travail. Son interprétation devra cependant toujours être effectuée avec prudence, car cette technique n’est pas toujours très fiable.

Autre technique aidant à la localisation d’une lésion : la scintigraphie. Très précise, elle est utile dans le cas de boiteries peu marquées ou lorsque la lésion est située dans des régions difficiles à radiographier sur un cheval debout, comme les fractures du bassin. De plus, sa grande sensibilité autorise la détection de fêlures, de microfractures de fatigue ou de vieilles fractures profondes. Elle permet d’examiner facilement l’ensemble du cheval et peut être appliquée aux os, mais aussi aux articulations, aux tendons et aux ligaments (examen de lésions d’insertion tendineuse ou ligamentaire). Contrairement à la thermographie, la scintigraphie nécessite l’injection d’un marqueur radioactif trois ou quatre heures avant l’examen. Grâce à une caméra spéciale, le vétérinaire va observer les sites de fixation du marqueur, sites correspondant aux lésions. Le produit radioactif sera ensuite éliminé par le cheval (urine, crottin) qui ne pourra être rendu à son propriétaire que 48 heures après l’examen, temps nécessaire à l’élimination totale du produit. Les infrastructures des lieux d’examen devront d’autre part permettre la récupération et la destruction de ces composés radioactifs afin d’éviter toute contamination du milieu environnant.

Légende photo: La thermographie - Ph. B. Neveux

Une fois la lésion localisée, reste à en évaluer la nature (osseuse, tendineuse, ligamentaire) et la gravité. Ce n’est en effet qu’une fois ces éléments déterminés que le vétérinaire sera en mesure d’indiquer un traitement. Plusieurs techniques d’imagerie existent. La plus connue et la plus ancienne est la radiographie. Elle est indispensable dans l’examen des os, mais reste très difficile à mettre en œuvre dans l’observation des tissus mous. Autre technique, cette fois utilisée essentiellement pour l’examen des tendons, des ligaments et des articulations : l’échographie. Elle est ainsi très complémentaire de la radiographie dont elle permet d’autre part de combler les limites. L’arrivée de l’échographie en médecine équine a permis d’identifier des lésions jusqu’alors inconnues, comme les entorses interphalangiennes.Enfin, les vétérinaires équins disposent également d’un appareil très sophistiqué et ultrasensible, l’IRM (Imagerie par résonance magnétique). Son principal atout est de pouvoir observer à la fois les os et les tissus mous, avec une sensibilité exceptionnelle. Cette technique va être utilisée pour diagnostiquer des anomalies difficiles à mettre en évidence avec les autres techniques. Ainsi certaines lésions, sans manifestations radiographiques, vont être visibles par IRM. Le scanner, à l’instar de l’IRM, permet des observations détaillées de certaines parties du corps du cheval, qu’il permet de “découper en tranches”. Le scanner est par exemple très utilisé pour l’examen des pieds des chevaux. Le recours à cette technique nécessite l’injection d’un produit de contraste iodé (non radioactif, n’entraînant aucune contrainte d’élimination).

Légende photo:Pratique d'une échographie au CIRALE

Ces équipements d’imagerie, bien que facilement disponibles auprès des fabricants, restent très coûteux. Si les appareils de radiographie traditionnelle et d’échographie existent dans la majorité des cliniques vétérinaires équines, il n’en est pas de même pour les autres techniques qui représentent un investissement important. Les vétérinaires fonctionnent alors en adressant aux cliniques qui les possèdent les chevaux qu’ils suivent, s’il est nécessaire d’avoir recours à ces techniques d’imagerie médicale.

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