Reproduction, génétique… vers le cheval parfait ?
vendredi 29 février 2008

journée recherche-salon agri08
François Roche-Bruyn Ph:Sylvia Flahaut

Ils étaient nombreux, le 28 février, à s’être déplacés pour la Journée de la recherche équine, dans le cadre du Salon de l’agriculture à Porte de Versailles (Paris).

Organisée par les Haras nationaux, en présence de leur directeur général François Roche-Bruyn, cette 34e édition s’est avérée passionnante autour de vingt exposés dûment renseignés. Les présentations étaient attrayantes : couleurs, films, etc. Et les chercheurs, dans une réelle optique de transfert des connaissances acquises en 2007, année prolifique en découvertes scientifiques, étaient compréhansibles pour tous.Sur le thème de la reproduction, Sylvie Mugnier (UMR85 - INRA Nouzilly) a mis en évidence l’intérêt quasi égal de cellules d’oviductes de juments et de truies pour la fécondation in vitro de gamètes équins. Les taux de fécondation obtenus sont faibles (la fonction sécrétrice des cellules d’oviductes est altérée in vitro), mais des molécules exprimées de l’oviducte pourraient être à l’origine de cette facilitation de la fécondation. L’objectif est d’étudier ses molécules dans l’espèce équine et leur mécanisme d’action au cours de la fécondation.Elodie Pillet (UMR85 – INRA Nouzilly) a montré que le milieu INRA96 supplémenté de jaune d’œuf (JO) et de glycérol (G) améliore la fertilité par cycle en IA de semence congelée. Les résultats obtenus, 71% de fertilité pour INRA96+JO+G contre 40% pour INRA82+JO+G, ont surpris l’assistance. La jeune femme a pondéré les résultats en expliquant que les juments ont été sélectionnées (ovulation à date fixe, etc.). Les pathologies locomotrices ont été déclinées autour de trois exposés. Mme Gangl (Université de Lyon) a montré qu’un déséquilibre du métabolisme plasmatique cartilagineux et un processus d’inflammation sont impliqués dans l’ostéochondrose. Céline Robert (UMR 957 INRA-ENVA) a mis en avant l’intérêt des radiographies pour dépister les poulains probablement atteints d’IRSA (lésions ostéo-articulaires), qui entraînent des boiteries. Nathalie Crevier-Denoix (UMR INRA-ENVA 957) faisait le point sur le programme Sequisol, déjà présenté dans L’EPERON (n°267, p.95).

L’après-midi, qui a tourné autour des pathologies infectieuses, a été introduit par Francesco Berlingieri de l’OIE.L’herpès virose a bénéficié de 3 exposés dont un sur l’implication de l’herpès virus équin de type 1 dans les avortements et les pathologies de forme nerveuse. Stéphane Pronost (Laboratoire Franck Duncombe), grâce à une étude sur 407 avortons, a présenté un outil de typage des souches HVE-1 neuropathogènes dans une situation où la prophylaxie est encore limitée. Quatre équipes ont réalisé un point sur l’artérite virale de l’été 2007. Bénédicte Ferry (HN) a souligné les moyens de lutte contre cette maladie chez l’étalon (dépistage, vaccination et traitement anti-GnRH).Loïc Legrand (Laboratoire Franck Duncombe) a effectué un typage des souches virales de la grippe équine circulant en France et a montré qu’elles appartiennent à un lignage américain. Si on parle de mutation du virus de la grippe du chien qui se transmet au cheval, il ne semble pas y avoir de risque concernant le virus H5N1 de la grippe aviaire.La liste n’est évidemment pas exhaustive et fera l’objet d’une « Santé » dans L’EPERON, très prochainement.

La journée s’est finie par une table ronde sur les perspectives de la génomique équine dans la filière. Gérard Guérin (INRA) est revenu sur le récent séquençage du génome du cheval (L’EPERON n°271, p. 95) et a abordé les nouveaux défis en génétique équine, comme la mise en place de tests ADN pour évaluer le potentiel génétique des chevaux. Anne Ricard (INRA) a fait un point sur les méthodes de prédiction (directes ou indirectes) de la valeur d’un étalon (contrôlée par plusieurs gènes) et a insisté sur le gain de temps que permettraient les puces SNP : dix-sept ans si l’on attend les performances des produits contre à la naissance grâce à une prise de sang. Sophie Danvy (HN) a annoncé la prochaine mise en place d’un observatoire des anomalies génétiques équines (cela existe déjà chez les bovins, d’où la présence de Serge Paran de l’UNCEIA et Philippe Monget de l’INRA-CNRS-Univ. Tours-HN) dans le but de faire coopérer chercheurs, éleveurs, vétérinaires équins et HN pour centraliser les données collectées sur le terrain et les analyser régulièrement. Lors de l’échange avec le public ont été soulevées les questions du rôle de l’environnement sur l’expression du potentiel génétique, du brevetage éventuel de mode de détection de dopants (dans les crins…), de l’état de la concurrence en matière d’avancées technologique… les chercheurs ont dédramatisé ce sujet de la génétique. Ils ont rappelé qu’il n’est en aucun cas question de manipulation génétique !

Photos: Sylvia Flahaut