Francis-Henri Graffard réalise son rêve
mardi 25 juin 2019

Francis-henri Graffard remerciant d'une caresse sa championne, Channel, après sa victoire dans le Prix de Diane 2019. © Scoopdyga

En gagnant le prix de Diane-Longines, Channel consacre son entraîneur Francis-Henri Graffard et son jockey Pierre-Charles Boudot.

Une bien belle première victoire que ce prix de Diane Longines, le 16 juin sur l'hippodrome de Chantilly. Francis-Henri, l'entraîneur, rêvait d'y préparer les meilleurs pur-sang. Pari gagné avec Channel, qui lui a offert le plus prestigieux des prix départageant les juments de 3 ans.

Outre sa femme et ses deux petites filles, il n’a « qu'une passion, son métier", répète-t-il sans cesse. Installé à Lamorlaye, un village voisin de Chantilly, il s'est préparé au métier avec les plus grands. Sa formation lui a pris des années et il est d'autant plus fier de réussir qu'il n'est pas issu du sérail.

Bien sûr, son grand-père avait des chevaux et il le suivait partout, mais pour ses parents pas question de se consacrer aux chevaux autrement que pour le loisir. Alors Francis-Henri a étudié le Droit, par précaution, avec l'idée de devenir avocat spécialisé dans le monde équin. Une façon comme une autre de pénétrer ce  monde mystérieux. 

Voyager, rencontrer, travailler  

Finalement, il se jette à l'eau : premier stage chez Jean de Balanda, puis chez Eric Hoyau. Quelques temps plus tard, il ose se présenter au prestigieux programme international, Racing Manager, pour lequel il est retenu. Pendant 3 ans, il découvre les multiples facettes des courses au sein des plus grandes écuries, en Europe, en Australie, à Dubaï, aux Etats-Unis, avant d'être recruté par le Cheikh Mohamed comme informateur. "Chacun a sa méthode, ce n'est pas une science exacte... Ainsi, je me suis constitué un fabuleux carnet d'adresses.", dont il croit pouvoir se servir une fois installé. Mais avant cette étape cruciale, il fait une ultime escale et passe plusieurs années, à Chantilly, au royaume des galopeurs, comme assistant chez son mentor, l'entraîneur d'expérience, Alain Royer-Dupré.

Finalement, il se lance comme entraîneur. L’aventure se révèle plus ardue que ce qu’il avait bien pu l’imaginer. Son réseau peine à fonctionner... "J'ai commencé avec 6 chevaux car c'est dur de les faire rentrer. Il faut se battre tout le temps pour inspirer confiance et s’en voir remettre davantage. C’est encore plus dur concernant les yearlings qui représentent l’avenir. On est jugé par rapport à nos résultats. Les clients les attendent avant de vous confier leur cheval et peuvent partir tout aussi vite qu’ils sont arrivés.

Sa méthode ? Travailler sans cesse, constituer une équipe solide, rester calme, discuter avec ses propriétaires pour expliquer son travail, rassurer ... Actuellement la moitié de ses propriétaires lui sont fidèles et 80% d'entre eux sont étrangers. Un pourcentage rendu possible "grâce à son parcours international" qui a fini par peser dans la balance et affirmer sa réputation!