Covid -19 : Bergerie Nationale de Rambouillet, une anticipation gagnante
lundi 06 avril 2020

Bergerie Nationale
Grâce à une utilisation habituelle des nouvelles technologies dans la pédagogie, la Bergerie Nationale de Rambouillet n'a pas rencontré de difficulté à proposer une continuité pédagogique à l'annonce du confinement © DR

La fermeture des établissements scolaires était annoncée le jeudi 12 mars par le président de la République. Cette mesure, effective à dater du lundi 16 mars et jusqu’à nouvel ordre, concerne également tous les centres de formation.

Alors que Jean Michel Blanquer, ministre de l’Education  Nationale, annonçait en ce vendredi 3 avril 2020 que le baccalauréat (et le brevet des collèges) seraient évalués en contrôle continu à cause de la crise sanitaire du coronavirus et du confinement qui en découle, certains centres de formation ont déjà mis en place un dispositif d’enseignement à distance avec leurs élèves. C’est le cas du Pôle formation du CEZ de Rambouillet, dirigé par Valentin Delaporte. 

Bergerie Nationale de Rambouillet, l’avance technologique

La Bergerie Nationale de Rambouillet n’a pas attendu la crise sanitaire pour mettre à profit les nouvelles technologies. Depuis près de trois ans, membres du personnel administratif, formateurs et apprenants possèdent un compte personnel sur Office 365 leur permettant d’accéder à diverses applications (partage de fichiers, accès au pack office et à l’outil collaboratif Teams pour l’échange de messages, les visioconférences, les cours et calendriers partagés). En parallèle, au prix de lourds investissements financiers et humains (essais, échanges et démonstrations avec Arnaud Bourgogne, chargé de mission informatique et pédagogique), le centre de formation a choisi de souscrire à l’application Yparéo, qui permet une gestion globale (emplois du temps, appel des élèves, cahiers de texte, mise en ligne de devoirs, gestion financière analytique, régie de l’hébergement, suivi des formateurs, diffusion de messages aux différents publics : apprenants, maîtres d’apprentissage/de stage, parents, formateurs). Grâce à ces deux applications collaboratives, dès le 13 mars, la Bergerie Nationale de Rambouillet  annonçait la métamorphose de sa journée « portes ouvertes », prévue le 16 mars, en une journée dématérialisée, et mettait en place en un temps record une présentation orale du site et des formations, accompagnée d’un diaporama. Un bel exemple de réactivité et d’adaptation ! Le jour J, plus de 150 personnes se sont connectées au site internet pour assister, grâce à un lien gratuit à l’application Teams, à une dizaine de web-conférences d’une durée de 20 minutes, suivies d’une discussion avec les formateurs sur le détail des programmes, le niveau requis pour l’entrée en formation, le pourcentage de réussite aux examens, ou la proportion de diplômés trouvant un emploi.

A noter, les conférences sont disponibles sur la chaîne YouTube du Pôle formation de la Bergerie nationale : https://urlz.fr/cdID ainsi que sur le site internet http://www.bergerie-nationale.educagri.fr/

La continuité pédagogique 

Dès le 13 mars, le mot d’ordre « continuité pédagogique » devenait la devise de l’équipe enseignante de la Bergerie nationale, message immédiatement diffusé aux apprenants, maîtres de stage et d’apprentissage quant à la gestion de la semaine suivante, afin de donner 100 % de chances de réussite aux examens aux apprenants. 

Les emplois du temps ont été maintenus, et les apprenants tenus de suivre les cours en ligne aux heures habituelles. Par ailleurs, des classes virtuelles en visioconférences étaient proposées dès le lundi 16 mars, à commencer par le mode de fonctionnement et le rappel des fonctionnalités des outils Teams et Yparéo. De plus, la vie scolaire a été maintenue à distance par téléphone pour les apprenants ne bénéficiant pas de connexion internet. 

Lors de ces deux premières semaines, près de 140 apprenants suivent en ligne quelques 50 classes virtuelles hebdomadaires, grâce à l’implication des formateurs.

L’enseignement agricole protégé ?

Valentin Delaporte, responsable notamment des candidats au Bac Pro CGEH, avait anticipé sur une prise en compte des notes de contrôle continu, annoncée ce matin par le ministre. « Le report des dates d’examens à l’été voire à l’automne est peu probable, car cette mesure déplacerait le problème pour tous ceux qui doivent rentrer en formation » nous confiait-il en fin de semaine dernière. « Pour le reste des formations (CAPA de palefrenier soigneur et BP Jeps), les apprentis, qui continuent à percevoir leur salaire, bénéficient du même statut que tout salarié. A ce titre, ils se doivent d’aller au travail chez leur maitre d’apprentissage, à moins d’être placés en chômage technique ou partiel, ou contraints de rester chez eux en cas de risque avéré de contamination. En revanche, les stages de formation professionnelle sont actuellement suspendus. » Valentin Delaporte espère que les élèves pourront rattraper les cours pratiques d’équitation, évidemment suspendus, en mai et juin. « En attendant, une partie est transformée en cours théoriques, ce qui est assez sain, car cela permet aux jeunes de prendre un peu de temps pour approfondir certains points, ce qu’ils ne font pas suffisamment en général. C’est un aspect positif de cette situation. Nous leur proposons aussi de visionner des vidéos réalisées par l’IFCE, ou par nous-mêmes sur certains sujets techniques, suite à quoi les formateurs proposent un quizz pour vérifier que les bases ont été retenues. » Selon Valentin Delaporte, « l’enseignement agricole devrait être moins touché que l’éducation nationale, car dans chaque établissement il existe un correspondant dédié aux nouvelles technologies, chargé de mettre en place les échanges numériques entre enseignants et élèves. Les dispositifs déjà mis en place nous ont permis d’avancer un peu plus vite. »

http://www.bergerie-nationale.educagri.fr/ 

https://products.office.com/en-us/microsoft-teams/download-app