Le CIO envisage enfin un report des Jeux Olympiques
lundi 23 mars 2020

Jeux Olympiques de Tokyo 2020
Les Jeux olympiques de Tokyo se dérouleront du 24 juillet au 9 aout 2021 © Tokyo 2020

Depuis plusieurs semaines, les Jeux Olympiques de Tokyo sont menacés par la propagation mondiale du Covid-19. Jusqu'à ce jour, le comité international olympique (CIO) ainsi que le gouvernement japonais refusaient d'envisager le moindre changement de programme. Toutefois face à la pression des athlètes et de leurs représentants, le CIO commence à changer de discours risque de changer en la faveur d'un éventuel report.

Pour la toute première fois, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a évoqué en public la possibilité d'un report des Jeux Olympiques, prévus du 24 au 9 août, et des Paralympiques, du 25 août au 6 septembre. Face au développement de la pandémie, qui a touché plus de 324 000 personnes et fait pratiquement 15 000 morts selon les chiffres avancés par l'AFP, ce report "pourrait devenir inévitable".

Depuis quelques jours, le CIO a donc ouvert les discussions "avec tous les partenaires pour dresser un état des lieux du développement rapide de la situation sanitaire et de son impact sur les Jeux olympiques". Elles doivent aboutir dans les quatre prochaines semaines, selon le CIO, et si un report est désormais envisageable, il est toujours hors-de-question de songer à une annulation pure et dure. 

Au delà des soucis de l'organisation, 43% des athlètes doivent encore se qualifier (le site d'actualité Sport 365 a d'ailleurs fait le point, discipline par discipline : lire ici). Sans même parler de compétition, la préparation des athlètes pose également problème à l'heure où la majorité est confinée chez elle.  

L'Australie et le Canada disent non

Dans ces conditions, difficile évidemment d'imaginer la bonne tenue des Jeux et les fédérations nationales abondent de plus en plus en ce sens. L'Australie et le Canada ont même été plus loin en annonçant qu'ils n'enverraient aucun athlète aux JO si ceux-ci se maintenaient en juillet. Le comité olympique canadien (COC) a d'ailleurs publié une longue lettre en expliquant sa position (à lire en intégralité ici). La santé des athlètes, de leurs familles et des Canadiens de manière générale reste leur priorité : "Le COC et CPC lancent un appel d’urgence au Comité international olympique (CIO), au Comité international paralympique (CIP) et à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de reporter les Jeux d’un an et nous leur offrons notre soutien total et notre contribution pour traverser les complexités provoquées par un report des Jeux. Bien que nous reconnaissions les défis inhérents liés à un tel report, rien n’est plus important que la santé et la sécurité de nos athlètes et de la communauté mondiale. Cette décision ne relève pas uniquement de la santé des athlètes, c’est une question de santé publique. Dans le contexte actuel de la COVID-19 et des risques qui y sont associés, il n’est pas sain pour nos athlètes ni pour la santé et la sécurité de leurs familles et de la population canadienne en général de poursuivre l’entraînement en préparation pour ces Jeux. Cela irait même à l’encontre des avis de santé publique que nous demandons à tous les Canadiens de suivre."

Qu'en pense la France ?

La France tend plutôt à suivre le mouvement, même si elle se montre plus modérée pour le moment. En témoigne l'intervention du ministre de la Santé, Olivier Véran, sur le plateau de la chaîne LCI hier : "Est-ce que j’ai vocation à demander la suspension des JO en tant que ministre de la Santé ? Non. Est-ce que je me vois envoyer des athlètes aujourd’hui au Japon ou leur demander de se préparer dans ces conditions ? La réponse est non.