Le confinement aux Grandes Écuries de Chantilly
samedi 28 mars 2020

Grandes Ecuries Chantilly
Grandes Ecuries Chantilly © RB Presse

Les structures équestres ont toutes du prendre des mesures avec le confinement mis en place il y a maintenant près de quinze jours, les Grandes Écuries de Chantilly ne font pas exception. Sophie Bienaimé, leur directrice, explique comment elle s'est organisée pour garantir le bien-être des quarante chevaux, ânes et poneys de spectacle de la Compagnie équestre.

Avec la crise sanitaire, la première du spectacle Il était une fois les Grandes Écuries qui devait se tenir le 5 avril est bien évidemment décalée. Pourtant les chevaux doivent sortir tous les jours mais problème : le Domaine de Chantilly ne pouvant plus recevoir de visiteurs depuis le début du mois, la Fondation qui le gère a dû mettre une bonne partie de son personnel au chômage partiel. « De neuf écuyères, mon équipe est passée à cinq pour quarante équidés à sortir au quotidien car il nous était impossible d’en mettre au pré, beaucoup d’entre eux étant des étalons. Cela nécessite donc une lourde organisation. Certains chevaux sont lâchés dans le manège, d’autres tournés à la longe, mais tous sont montés de quatre à cinq fois par semaine car il est important d’entretenir leur cardiaque et leur souplesse, voire de continuer à les faire progresser techniquement. Les chevaux doivent être absolument "bougés" tous les jours faute de quoi ils risquent la colique qui peut les terrasser en deux heures. Comme le spectacle est reporté sine die, nous avons ainsi plus de temps entre cavalières pour nous aider mutuellement sur le plan technique ». Sans visiteurs, « ce qui est un peu triste », expliquait Sophie Bienaimé. 

« Mais nous avons la chance de pouvoir poursuivre une activité professionnelle, poursuivait Caroline Vitry, responsable des écuries. Pour nous, si c’est un peu plus intense, cela ne change pas grand-chose. Nous n’étions pas du genre à nous étreindre tous les matins en arrivant. Nous gardons un peu plus nos distances et nous nous lavons les mains à tout bout de champ, c’est tout. Mais c’est vrai que l’ambiance est différente, plus calme, trop calme, sans les visiteurs ».

« Les Grandes Écuries sont notre lieu de confinement et les chevaux nous permettent d’échapper un peu à cette ambiance pesante. Nous leur devons en retour de tout faire pour leur bien-être et leur santé », concluait Sophie Bienaimé.