Le déconfinement équestre progresse en Europe
jeudi 04 juin 2020

Illustration compétition
Illustration compétition © Scoopdyga

Après plusieurs mois d'arrêt, les compétitions équestres vont reprendre d'ici quelques jours chez nos voisins belges et suisses. En France, seules les épreuves relevant de la SHF, et donc des concours d'élevage, sont actuellement autorisées. Pour quand la reprise des compétitions club, amateurs et pro est-elle envisageable dans l'Hexagone ?

Les confinements de chaque pays européen n'ont pas été les mêmes, les déconfinements sont différents également ! Concernant les sports équestres, la Suisse a été le premier de nos voisins à annoncer la reprise des compétitions. Lors de sa conférence de presse du 27 mai 2020, le Conseil fédéral a annoncé des assouplissements des mesures destinées à freiner la propagation du Covid-19. Parmi eux, l'autorisation pour les écoles d'équitation d'organiser des leçons en groupe, mais également l'autorisation d'organiser des manifestations équestres de 300 personnes maximum. Ainsi, dès le 6 juin, les cavaliers reprendront le chemin des compétitions. Une reprise attendue par les sports équestres helvètes, comme en témoignent les difficultés rencontrées par les compétiteurs pour s'engager mardi 2 juin. Face aux nombreuses demandes d'accès simultanées, le système informatique d'engagements a eu du mal à suivre... 

En Belgique, le Conseil national de sécurité a annoncé hier l'entrée du pays dans sa troisième phase de déconfinement à partir du 8 juin. Cette nouvelle étape autorise la reprise des activités sportives pour les amateurs et les professionnels. La Fédération nationale belge reste prudente en attendant plus d'informations et utilise le conditionnel mais indique que les compétitions intérieures et extérieures pourraient reprendre. 

Le 22 juin pour la France ? 

Le dernier décret concernant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de Covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire a été publié au Journal officiel le 1er juin dernier. Selon la lecture de Sophie Nicinsky, professeure de droit à l'Université de La Sorbonne et propriétaire d'équidé, les compétitions sportives sont autorisées à reprendre depuis le 2 juin. "L’organisation d’une compétition sportive nécessite, en ces temps de restriction, la réunion de trois facultés, celle de circuler, celle de se rassembler et celle d’accueillir du public dans des centres équestres ou autres lieux d’organisation, ayant la particularité d’être à la fois considérés comme des établissements relevant du code de la construction et de l’habitation (CCH) et comme des établissements sportifs relevant du code du sport", détaille-t-elle dans son analyse. "Tout d’abord, les cavaliers, quelle que soit leur âge ou leur catégorie, peuvent librement circuler, la restriction des 100 km ayant été abrogée. Ensuite, dans les zones vertes, les établissements relevant du CCH et/ou du code du sport ne sont pas fermés et plus aucune restriction particulière d’accès ne les concerne. On remarque surtout que les établissements classés X (manèges clos et couverts, club house) ne font plus l’objet d’aucune interdiction d’accès. Enfin, la limite nationale concernant les rassemblements est fixée à 5 000 personnes, mais il convient de prévenir les regroupements à plus de dix personnes. [...] Là encore, exactement comme pour les précédentes dispositions, le texte établit une distinction fondamentale entre le rassemblement et le regroupement. Un centre équestre peut rassembler jusqu’à 5 000 personnes, mais doit s’assurer que celles-ci ne se regroupent pas au-delà de 10 personnes, c’est-à-dire concrètement qu’en se rapprochant, elles ne forment pas des groupes de plus de 10. A 5 000 personnes, il est permis de demeurer sceptique… Mais à 200 ou 300 personnes dans un vaste espace, l’exercice est loin d’être impossible et en tout état de cause, beaucoup d’activités seront soumises à cette règle." 

Selon Sophie Nicinski, il n'y a aucune raison d'attendre des précisions de la part du Ministère des sports. "Les compétitions sportives n’ont jamais fait l’objet d’une restriction en tant que telles. L’impossibilité d’organiser des compétitions ou autres manifestations résultait de la combinaison de l’interdiction de circuler, des restrictions de rassemblements et des règles d’accès aux centres équestres. L’assouplissement de ces règles implique la faculté d’organiser des compétitions. Dès lors, il n’y a pas à attendre un texte d’application qui dirait « les compétitions sportives sont autorisées », tout simplement parce qu’un tel texte n’étant pas nécessaire, on peut l’attendre longtemps… [...] La Ministre pourrait toutefois établir une interprétation officielle du texte, ce qui ne serait pas une condition juridique à la reprise des compétitions, mais un geste bienvenu"

Du côté de la Fédération française d'équitation, on reste plus prudent en indiquant une date de reprise possible le 22 juin. Dans un communiqué publié il y a deux jours, la FFE indique avoir soumis au Ministère un protocole sanitaire de reprise de compétition et assure n'avoir reçu aucune réponse malgré de nombreuses relances. "En l'état des textes et en l'absence d'interdiction formelle du ministère des Sports, rien ne s'opposerait à une reprise de la compétition pour tous les niveaux à compter du 22 juin, dans le cadre de rassemblements inférieurs à 5000 personnes", conclut le communiqué. Cependant, des organisateurs de concours qui ont contacté la FFE pour ouvrir des concours tardifs dans l'idée de refondre leur calendrier de compétition pour la période estivale se sont butés à l'absence de date officielle de reprise pour pouvoir créer leur évènement et l'ouvrir aux engagements.