Les élections fédérales reportées
mardi 21 avril 2020

Evelyne Ciriegi, prsiédente du CROSIF
Evelyne Ciriegi, prsiédente du CROSIF © Béatrice Fletcher

En temps normal, les élections fédérales se tiennent dans les six mois qui suivent les Jeux Olympiques et paralympiques. Avec le report de l’édition prévue à Tokyo à l’été 2020 à l’année prochaine, les fédérations nationales se sont concertées pour déterminer une nouvelle stratégie. Evelyne Ciriegi, ‎présidente depuis 2013 du Comité Régional Olympique et Sportif Ile-de-France (CROSIF), et représentante des territoires auprès du CNOSF, nous apporte son éclairage sur le sujet.

« Suite à un décret qui devrait être promulgué dans les semaines à venir, les fédérations pourront renouveler leurs instances de novembre 2020 jusqu’au 30 avril 2021 dernier délai. L’assemblée générale du CNOSF français sera quant à elle décalée au 30 juin 2021. La fédération de football a déjà fixé la date de son assemblée au 13 mars 2021. » Comme le stipulait le ministère de la Jeunesse et des Sports dans un courrier au CROSIF, « la proposition de report des échéances électorales fédérales au 30 avril 2021 permet de tenir compte des incertitudes fortes que nous connaissons actuellement et du besoin de la pleine mobilisation des acteurs fédéraux pour préparer la reprise sportive. En relâchant légèrement le calendrier, cette proposition offre également de meilleures conditions pour les campagnes de terrain pour les candidats. » Le ministère ajoute qu'il souscrit pleinement à cette proposition, « d’autant qu’elle fait l’objet d’un consensus au sein du mouvement sportif. J’ai ainsi demandé à mes services de préparer au plus vite un projet de décret en ce sens. Il conviendra toutefois de rappeler que le mandat des prochaines instances expirera au plus tard au 31 décembre 2024. » Comme le remarque Evelyne Ciriegi, cette mesure s’était déjà appliquée au moment de la réforme territoriale qui mettait en place une nouvelle répartition des régions au 1er janvier 2016. 

Une crise générale dans le sport

La présidente du CROSIF l’explique, la crise frappe le sport sur le plan national et sociétal. « Nous avons eu une réunion avec les présidents des comités régionaux. Dans certains sports, des plans de relance sont étudiés pour redémarrer en septembre. En Ile de France, qui compte 19 400 clubs sportifs, toutes disciplines confondues, et plus de 2.200 000 licenciés dans 86 ligues et comités régionaux, nous sommes davantage sur un plan d’urgence, car aujourd’hui, les conditions de confinement sont très difficiles à supporter dans un territoire très diversifié, notamment en Seine Saint Denis, le département de France le plus pauvre de France. Par ailleurs, à partir du 11 mai, date du dé-confinement, nous anticipons un pic supplémentaire de l’épidémie, et donc une probable saturation des hôpitaux. Nous sommes très inquiets sur les problèmes sociaux qui vont découler de ce confinement qui aura été vécu par certaines personnes de façon dramatique. Avant même de redémarrer les activités sportives, nous aimerions remettre les gens en condition de santé physique et morale pour qu’ils puissent reprendre une vie normale. C’est pourquoi, au CROSIF, nous avons triplé nos actions pour l’été, de manière à accueillir, notamment dans les diverses bases de loisirs, tous ceux qui n’auront pas pu partir en vacances et auront besoin de reprendre contact, grâce au sport, avec une vie sociale qu’ils partageaient dans les clubs et structures associatives.  Notre objectif est de sortir les gens le mieux possible de cette situation de confinement. En temps normal, le sport constitue un exutoire à des conditions de vie difficiles, il contribue à la santé, car les gens vivent dans des espaces réduits, notamment sur les sept départements de la petite couronne. Le sport contribue également à l’insertion sociale, inexistante actuellement. Dans un second temps, nous aiderons les clubs, qui représentent les cellules sportives de la pratique régulière, encadrée et fédérée, de manière à ce qu’ils ne perdent pas pied en raison de trésoreries entachées, avec des bénévoles, très importants dans nos associations, mais qui ont pour la plupart un certain âge, et pourraient renoncer à leur implication. » 

Plusieurs thématiques 

« Nous avons diverses thématiques à mettre en place sur notre territoire. Au-delà de la santé, nous veillons aux aspects de formation, emploi et professionnalisation. Il nous appartiendra de veiller à ce que les emplois soient pérennisés pour permettre la pratique des activités. Parmi nos objectifs également, les problèmes d’éducation et de citoyenneté. Nous prévoyons d’encourager les initiatives qui rapprochent le mouvement sportif de l’éducation, à travers des projets type la carte passerelle, mise en place à la rentrée, qui permet à nos jeunes licenciés dans les fédérations scolaires des écoles élémentaires de pouvoir venir gratuitement dans les clubs en septembre et octobre tester les sports de leur choix. La dernière thématique concerne les politiques publiques du haut niveau, notamment avec les nouveaux maires et adjoints aux sports suite aux élections municipales. En ce qui concerne le haut niveau, l’Ile de France est une terre de champions, notamment avec les divers pôles France ou le CNSD de Fontainebleau. Nous allons nous occuper particulièrement de nos athlètes en raison de l’échéance olympique de 2024. Nous  avons l’envie, le courage et l’engagement, mais nous sommes très inquiets sur la reprise du sport, dont on sait qu’elle ne se fera pas sans difficulté. Nous allons en priorité prendre la santé physique et morale des gens à bras le corps. »