« Tout le monde nous a aidés, sauf notre assureur »
vendredi 19 juin 2020

Equitation d'extérieur La Claire Fontaine
Marie et Sébastien Lejeune, à la tête de La Claire Fontaine, reprochent l'attitude de leur assureur concernant les dédommagements de perte d'exploitation dues au confinement © Coll.

Avec 130 équidés à gérer, la fermeture des salles de réception, l’arrêt des classes vertes et des stages, Marie et Sébastien Lejeune, à la tête d’un centre équestre et d’un centre de randonnées dans la Somme, ont travaillé d’arrache-pied pendant le confinement. Ils ont aussi pas mal angoissé avant de vendre 15 équidés et d'ouvrir un nouveau restaurant afin d'élargir leur clientèle.

Réputée pour le tourisme équestre, les classes vertes et les séjours randonnée, la Claire Fontaine rassemble des équidés de club et de loisir, une quinzaine de chevaux de propriétaires, un centre de randonnées avec hébergement et des salles de réception, à Fontaine-le-Sec, à une vingtaine de kilomètres d'Amiens. « On s'est retrouvé sans ressource, malgré 250 licenciés et des réservations nombreuses. Il a fallu mettre en pâture l'essentiel de la cavalerie, surtout les chevaux de propriétaires, qu'on a retrouvés deux mois plus tard heureux mais un peu gras ! Nos chevaux de loisir ont continué sur le même rythme, ils quittent le box pour vivre dehors la nuit, ce qui les rend calmes et sereins. », détaille Marie Lejeune, responsable du centre équestre et vice-présidente du tourisme équestre de la Somme.

Mais avec dix hectares de pré seulement disponibles, il a fallu vendre quinze poneys et chevaux. « C'était indispensable pour alléger la charge, récupérer de la trésorerie et parce qu'on manquait de place. On a choisi de les céder à des clients. Cela permet de savoir comment ils sont traités et de les suivre », explique Marie. La démarche, comme toutes les nouvelles de la maison, a été expliquée aux adhérents sur le Facebook de la Claire Fontaine. Depuis la réouverture, 90% des clients (adultes et enfants) sont revenus. Le programme de l'été doit permettre de booster l'activité grâce aux randonnées à la campagne et en baie de Somme, et aux stages de loisir puisque la Claire Fontaine est spécialisée dans l'équitation d'extérieur. Les documents de promotion fournis par le comité régional d’équitation des Hauts de France (CRE) "tous à cheval" vont être distribués pour faciliter les inscriptions en été et à la rentrée de septembre. « Le CRE nous a fourni du gel, des masques et des barrières, le comité départemental d’équitation de la Somme a offert une tonne d'aliments à chaque structure; c'est sympa, même s'ils n'ont pas pensé à moduler les livraisons en fonction du nombre de chevaux présents... »

Son mari, Sébastien, gère les réceptions et l’hébergement (25 à 30 000 couverts par an). Pour élargir sa clientèle, il vient d’ouvrir un restaurant le 12 juin, avec vue sur la carrière. Un gros investissement : « nous avons l'expérience, les installations et le personnel, on va donc offrir une restauration de qualité ». En plus, le dimanche après-midi, il va proposer des initiations et des jeux à poney, plus des balades attelées pour occuper les enfants pendant que les parents prolongent leur déjeuner tranquillement.

Globalement l'aide de l'Etat a été bienvenue: les salariés gardant leurs enfants ont été mis en arrêt de travail puis en chômage partiel et pour l'entreprise, Les Lejeune ont souscrit un prêt à taux zéro de la BPI sur deux ans. Marie regrette qu'elle et son mari -en tant que chef d'entreprise- aient reçu seulement 3 000€, ce qui est loin du manque à gagner réel. Mais s'ils remercient l'ensemble de leurs partenaires (Etat, banque, région, fournisseurs) ils se heurtent à leur assureur qui refuse de reconnaître la perte d'exploitation car l'épidémie n'est pas expressément libellée dans leur contrat. « On est assuré contre la perte d'exploitation, on peut la chiffrer avec la liste des réservations annulées (450 000E). AXA devrait compenser un peu car nous avons un gros budget assureur et nous n'avons jamais eu d'incident. D'ailleurs, si tous les assureurs avaient joué le jeu, l'Etat aurait pu économiser pas mal de chômage partiel et de prêts. L'Etat devrait logiquement nous rejoindre dans cette bagarre », insiste Sébastien. D'autant qu'il a été meurtri par l’attitude du siège d'AXA exigeant de prélever à tout prix ses primes pendant le confinement "faute de quoi ils perdraient leur garantie". Il a mis un avocat sur le dossier.

Commentaires


Géra B | 28/06/2020 20:47
Et Equi Generali, on en parle? Ils font les morts depuis le 15 mars!