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Yves Chauvin : « Nous travaillons sur un protocole pour une reprise d’activité rapide à la fin du confinement »
mercredi 15 avril 2020

Yves chauvin
Yves Chauvin © DR

La Société Hippique Française, notamment en charge de l’organisation des circuits de valorisation jeunes chevaux, est particulièrement impactée par le confinement. Les différents circuits sont complètement à l’arrêt et de nombreux professionnels en pâtissent. Joint ce matin par téléphone, Yves Chauvin, président de la SHF, fait un point sur la situation et les perspectives d’avenir à court et moyen terme.

L’Eperon : Comment-allez vous, comment vont vos équipes et comment s’organise actuellement le travail au sein de la SHF ? 

Yves Chauvin: L’ensemble du personnel a été mis en chômage technique le lundi 16 mars. Certaines personnes continuent d’avoir un pourcentage de temps à effectuer et effectuent leurs tâches en télétravail. Nous avons la chance que tout le monde aille bien, nous ne prenons aucun risque sanitaire dans le cadre de notre travail. 

Après l’annonce du Président de la République lundi, et notamment l’annonce de l’absence de grands rassemblements au moins jusqu’à la mi-juillet, dans quel état d’esprit êtes vous aujourd’hui ? 

Depuis le début de cette crise, nous avons imaginé beaucoup de scénarios qui prenaient en compte de nombreuses incertitudes. C’est très compliqué, puisque chaque semaine, nos scénarios évoluent en fonction des évènements. Il y a quelques jours encore, nous nous questionnions sur un maintien ou un report des grandes semaines, on se rend compte aujourd'hui que ces réflexions sont dépassées. Comme tout le monde, nous sommes suspendus aux annonces du Président et du gouvernement. 

L’organisation d’épreuves d’élevage et d’une finale en 2020 est-elle toujours envisagée? 

Concernant le circuit SHF, nous sommes en discussion depuis vendredi avec le ministère de l’Agriculture et l’IFCE pour essayer d’imaginer un protocole particulier qui permettrait aux chevaux et aux cavaliers de reprendre les épreuves dès la fin du confinement. Nous mettons en avant le fait que concernant les Cycles Classiques, notre activité de valorisation est pratiquée par des professionnels et que nous pouvons organiser nos épreuves sans public et avec le moins de personnes possibles sur site. Ces critères correspondent à une reprise de l’activité rapide à la sortie du confinement. 

Le circuit sera de toute manière réduit, très certainement organisé d’une autre manière. L’idée est avant tout de proposer aux chevaux des épreuves qui leur permettent de se former. Une année blanche serait catastrophique pour les chevaux, leur formation et leur valorisation, et aurait des répercussions tout aussi catastrophiques sur le marché des ventes de jeunes chevaux. En ce sens, nous espérons pouvoir organiser le Grandes Semaines, toujours en s’adaptant aux exigences sanitaires de la situation et en décalant les dates. 

Comment se passent les discussions avec les pouvoirs publics ? 

Nous avons la volonté d’essayer de faire déconfiner le milieu de l’élevage et de la valorisation, afin que les professionnels fassent partie des premiers à pouvoir reprendre une activité. Ça ne dépend cependant pas que de nous, et nous sommes en discussion avec l’IFCE et le Ministère de l’Agriculture. Les pouvoirs publics sont sensibilisés à notre cause. Il y a une volonté de tout faire pour essayer de soutenir l’économie et de faire en sorte qu’il y ait le moins de dégâts possibles. L’équilibre est cependant difficile à trouver entre la préservation de l’économie et la lutte contre la propagation de ce virus, qui représente un énorme danger pour la santé. Nous allons tout faire pour concilier la reprise et la protection des personnes qui interviendront à la reprise du circuit.  

Au début de la crise, la SHF avait consulté une partie de ses adhérents sur les réseaux sociaux, concernant la saison 2020 particulièrement chamboulée, mais aussi sur la mise en place d’un nouveau système, d’une réforme qui permettrait à la SHF de faire des économies. Quels sont les premiers retours que vous avez obtenus? 

Cette période de crise oblige à se mettre en question et à accepter qu’il faille des réformes. Jean-Luc Dufour, administrateur, est à l’origine de ce questionnaire. Concernant la crise actuelle, il en ressort que la majorité des cavaliers est prête à faire de nombreuses concessions pour sauver les meubles. A période exceptionnelle, solution exceptionnelle… 

Concernant une organisation à plus long terme, nous sommes en train de dépouiller les résultats afin d’en faire une synthèse et il évident qu’il va falloir faire évoluer notre système. Une grande partie de nos financements dépendent de deux sources : le Fonds Eperon, dépendant de l’activité du PMU et des courses, et le ministère de l’Agriculture. A l’heure actuelle, les courses sont à l’arrêt et nous serons donc directement impactés. Nous nous devons d’imaginer et proposer des réformes qui nous permettraient d’être plus indépendants financièrement. Pour être très clair, il nous faut imaginer un circuit plus efficace et moins cher. Il faudra également se poser la question de la pertinence des services que l’on apporte : sont-ils utiles à l’ensemble de la filière, puisque c’est notre rôle de société-mère? Nous allons profiter de cette période pour travailler sur un circuit organisé différemment et nous continuerons évidemment à consulter nos adhérents sur le sujet. La SHF doit coûter moins cher demain. Il nous faut faire des économies sur le plus de choses possibles, en fonction de ce que les adhérents jugent indispensable ou non.