Zones rouges : après les courses, les concours SHF menacés ?
samedi 23 mai 2020

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Ayant obtenu l'autorisation de reprendre l'organisation d'épreuves jeunes chevaux de la part du Ministère de l'agriculture et dans le cadre de la valorisation de l'élevage français, la Société Hippique Française a ouvert plusieurs concours aux engagements pour la semaine du 25 mai. Après clôture des engagements, la compétition de Verquigneul ne verra finalement pas le jour : la préfecture du Pas-de-Calais a indiqué ne pas autoriser la tenue de l'évènement.

Il y a dix jours, la Société hippique française annonçait la réouverture des concours jeunes chevaux à partir du 25 mai. Pour la reprise, cinq lieux avaient été sélectionnés à Saint-Lô (50), Deauville (14), Verquigneul (62), Barbaste (47), Cluny (71) mais à quelques jours du coup d'envoi et sur ordre de la préfecture, le rendez-vous de Verquigneul, en zone rouge, est compromis. "Jusqu'à hier soir (le 22, ndlr), l'événement était toujours bel et bien annulé. Guillaume Blanc, directeur de l'accompagnement de la filière à l'IFCE, est intervenu en notre faveur, mais il semble que la sous-préfecture maintienne l'interdiction. Ce matin, des discussions étaient toujours en cours...", indique Bernard Lesage, président de l'AECCP (association des éleveurs de chevaux, des cavaliers et des propriétaires), à la tête des écuries de la Loisne, qui devaient accueillir cavaliers et chevaux pour la reprise. "J'ai été en contact avec des personnes de l'encadrement fédéral, qui m'ont conseillé de ne pas forcer les choses : même si nous sommes tous impatients de reprendre la compétition, il ne s'agit pas de jeter le discrédit sur toute la filière. Bien sûr, j'ai fait monter tous les boxes démontables pour accueillir les chevaux sur le site, mais tant pis. Je préfère éviter que les autorités fassent stopper la compétition alors qu'elle a déjà démarré, ne pas prendre 15000 euros d'amende et de ne plus pouvoir organiser des concours pendant on ne sait pas combien de temps. Le concours n'est pas annulé, il est simplement reporté. Et des compétitions, il y en aura d'autres... Mais il faut savoir être dans les clous et ne pas faire de forcing dans de telles situations...", conclut-il 

La marche arrière sur la tenue des courses en zones rouges, autorisées le 11 mai et finalement annulées le 18 mai, avait mis la puce à l'oreille de la filière. Courses comme épreuves d'élevage ont bénéficié, pour pouvoir reprendre, d'accords obtenus avec le Ministère de l'Agriculture dans le cadre de la valorisation de l'élevage français. Le rétropédalage côté hippisme dans les zones rouges, alors même que les nombreuses mesures sanitaires et le huis-clos strict étaient scrupuleusement respectés, ont été un coup de massue et n'ont pas manqué d'interroger sur le sort des épreuves SHF à venir également, dont la tenue est toujours soumise à l'approbation des Préfets, comme l'indiquait la SHF dans un communiqué du 19 mai : "Nous tenons à vous rappeler que l’organisation des épreuves SHF à partir du lundi 25 mai s’effectue dans le cadre d'un schéma dérogatoire par rapport à l’arrêté du 11 mai 2020. Ces concours sont soumis à un protocole sanitaire strict élaboré par la SHF et transmis au Ministère de l’Agriculture. Malgré ce protocole, l'organisateur doit également solliciter l'accord du Préfet du département avant d'organiser un rassemblement."

Concernant Saint-Lô, Deauville, et Barbaste, qui se situent en zones vertes, les épreuves organisées ne semblent absolument pas menacées d'annulation. A Cluny, zone rouge, l'équipe organisatrice, qui s'apprête à accueillir 800 engagés sur une durée rallongée de cinq jours, est en relation étroite avec les autorités locales. "La tenue du concours est soumise à autorisation préfectorale, et il faut bien être conscient qu’en cas de problème comme par exemple la découverte d’un nouveau foyer épidémique local, le concours peut-être annulé du jour au lendemain ! J’ai eu une réunion la semaine dernière avec le major de la gendarmerie et je suis en contact aussi avec la mairie", livrait Erwan Boucher,  directeur adjoint du site d’Equivallée-Haras National de Cluny, dans une interview publiée il y a quelques jours. "Il y a donc forcément un risque de voir tout le travail accompli pour que ça se passe dans les meilleures conditions anéanti par une décision administrative"