Cavalcades, des chevaux libres en pleine nature
vendredi 10 septembre 2021

Patrice Guéritot tenant le livre Cavalcades, aux côtés d'Anne Jonchery à gauche et de Max Bigand à droite
Patrice Guéritot tenant le livre Cavalcades, aux côtés d'Anne Jonchery à gauche et de Max Bigand à droite © Coll.

Le photographe Patrice Guéritot et la rédactrice Anne Jonchery ont travaillé main dans la main avec leurs équipes et les éleveurs afin de pouvoir proposer aux curieux et passionnés de chevaux le livre Cavalcades, un ouvrage de trois cents photos capturées durant pas moins de trois années de reportages. Pour l’Eperon, les deux associés expliquent comment Cavalcades est né, reviennent sur cette grande aventure et nous livrent leurs astuces pour photographier un cheval en liberté.

Comment le projet Cavalcades est-il né ?

Anne Jonchery : Cavalcades, c’est pas moins de trois ans de travail. Nous sommes quatre sur ce projet : Patrice Guéritot le photographe, Max Bigand le directeur artistique, Gill Borniche la traductrice, et moi, Anne Jonchery, qui rédige les textes en français. Patrice a toujours été photographe, principalement dans la mode, mais a aussi toujours été cavalier. C'est la passion du cheval qui nous a fait nous rencontrer. Patrice avait déjà écrit des livres, donc nous avons eu l’idée de commencer à travailler ensemble avec pour idée première de réaliser un livre uniquement sur les chevaux du désert. Et, très vite, le sujet a dû évoluer car des intempéries nous ont freinés dans nos plans, comme par exemple aux Bahamas, où nous n’avions pas pu nous rendre à cause d’un ouragan. Alors, nous avons finalement axé Cavalcades autour de photos de chevaux en liberté, ce qui nous permettait d’ouvrir un peu plus nos champs de vision. 

Patrice Guéritot : Nous avons choisi et trouvé les lieux en fonction de nos connaissances, dans un premier temps. Puis, nous avons fait une sélection des lieux qui nous semblaient les plus jolis et qui avaient avant tout de grands espaces. Par exemple, pour les chevaux sauvages en Corse, nous y sommes allés car je possède une demeure là-bas et que je connais parfaitement les lieux. Pour les pur-sang arabes sur le plateau du Larzac, nous savions que le terrain où nous allions nous rendre faisait plus de deux cents hectares. Là, nous étions certains de ne pas être confrontés à des barrières, tels des immeubles ou tout autre visuel qui ne nous permette pas de réaliser de belles photos. L’idée, c’est vraiment de photographier les chevaux dans leur milieu naturel, en travaillant avec des élevages ayant une éthique qui nous ressemble, de beaux chevaux, et où le cadre peut être sympa. A la fin du livre, nous avons mis un index dans lequel nous répertorions les propriétaires des chevaux ainsi que les lieux que nous avons photographiés. De ce fait, nous faisons très attention aux endroits où nous mettons les pieds pour les séances photos, car nous ne souhaitons pas faire de mauvaise publicité dans le livre. Mais, dans l’ensemble, tous les éleveurs que nous avons côtoyés ont joué le jeu, ont tous été très sympathiques et exemplaires avec les chevaux. 

Vous photographiez les chevaux dans leur milieu naturel, où ils sont donc totalement libres. Quels moyens mettez-vous en place afin d’obtenir le cliché que vous souhaitez ?

Patrice Guéritot : Souvent, les terrains sont immenses, donc c’est assez simple de faire bouger les chevaux dans l’axe que je souhaite. S’ils finissent par un peu trop s’éloigner, nous allons les rattraper pour les ramener devant l’objectif. Mais ce n’est pas la partie la plus compliquée, il faut simplement faire preuve de patience. Une bonne photo demande beaucoup de persévérance, il ne faut rien lâcher. Par exemple, au Maroc, au bord de la plage avec un troupeau de chevaux, nous avions mis en place quelques techniques. Nous placions un groupe de chevaux d’un côté de la plage, afin que ceux que nous voulions photographier puissent rejoindre le troupeau de l’autre côté. Car, en général, les chevaux rejoignent toujours les autres équidés, instinctivement. Parfois cela fonctionne, parfois les chevaux rentrent directement aux écuries, et là, on repart de zéro, avec patience et persévérance. 

Anne Jonchery : Pour moi, les photos de chevaux sur la plage au Maroc ont été les plus difficiles, mais également les plus intenses. Cela, principalement à cause du fait que nous étions dans un espace extrêmement vaste, avec des étalons assez imprévisibles. Mais grâce aux éleveurs et aux personnels qui encadraient nos séances photos, nous n’avons pas rencontré de problème dans la réalisation de nos clichés. Les personnes qui nous ont aidés étaient incroyables, tout le monde a pris le temps de veiller au bon déroulement du projet, et nous tenons évidemment à les remercier pour cela. 

Parmi tous les lieux que vous avez pu visiter et les chevaux que vous avez pu photographier, qu'est-ce qui vous a le plus marqué ?

Patrice Guéritot : Il faut savoir que Cavalcades, c’est au moins deux cents à trois cents clichés par cheval. Nous sommes allés en Espagne, au Portugal, en passant par les Pays-Bas, le Maroc ou encore la France avec une moyenne de mille cinq cents photos par jour. Et, au final, nous choisissons uniquement deux ou trois photos par élevage pour le livre. C’est un crève-cœur lorsque nous devons choisir la sélection finale, car ils sont tous incroyables. Le livre Cavalcades contient au total trois cents photos mais, en réalité, nous conservons plus de dix mille clichés. Je pense que le moment qui m’a le plus marqué est celui que nous avons passé avec les chevaux sur la plage au Maroc. Pour moi, cela a été un moment émotionnel exceptionnel. Certains chevaux sont complètement entrés dans l’eau, alors qu’ils n’avaient encore jamais vu la mer. Leurs réactions étaient incroyables : ils nageaient dans les vagues, ils buvaient l’eau salée de la mer, ce qui rendait leurs expressions très amusantes. Ces clichés-là sont vraiment magiques. 

Anne Jonchery : Voir les étalons galoper sur la plage à toute allure, c’est un moment digne d’une scène de cinéma. Les chevaux dans leur milieu naturel sont incroyablement beaux, ils ont de la prestance et on le ressent directement. D’ailleurs, Patrice aurait adoré pouvoir filmer tous ces moments magiques et nous espérons que pour la suite de Cavalcades nous pourrons nous développer également côté vidéo, afin que tout le monde puisse ressentir ce que nous avons vécu en voyant ces somptueux chevaux sauvages. 

Dix de vos clichés seront exposés dans une galerie d’art dès demain. Pourquoi avoir choisi Barbizon pour présenter votre livre ?

Anne Jonchery : Barbizon est un lieu incontournable pour les artistes, c’est une référence. Mais exposer les photos dans une galerie a été un réel challenge car elles sont pratiquement toutes à l’arrêt depuis la pandémie. A Barbizon, les visiteurs pourront acheter les photos exposées ainsi que le livre s’ils le souhaitent, mais également choisir des clichés présentés dans cet ouvrage. Nous avons hâte d’accueillir les curieux et passionnés.

Patrice Guéritot : Marcel Rozier m’a appelé pour venir présenter le livre durant les ventes Fences, qui se déroulaient pile au moment du mois du cheval et de la promotion du livre. Fontainebleau est un lieu important dans l’univers du cheval, donc nous sommes fiers de pouvoir exposer nos clichés dans la région. La galerie n’expose habituellement pas de thème animal et nous sommes vraiment reconnaissants d’être les premiers à présenter nos photos dans un cadre comme celui-ci. Cavalcades est une aventure exceptionnelle et nous sommes vraiment contents du résultat. Nous avons hâte de voir la réaction du public.

Retrouvez le vernissage de Cavalcades dès samedi 11 septembre, dans la galerie d’art Roz Winter, de 18h à 22h, au 33 Grande Rue à Barbizon.