Comment dévorer un classique : Les cavaliers de Kessel.
mercredi 05 septembre 2007

kessel-livre
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Et oui, c’est difficile d’avouer que l’on n’a pas lu un classique. Le pavé de Joseph Kessel 'Les cavaliers'...et ses quasi 600 pages ont de quoi impressionner le lecteur dilettante.

Des souvenirs scolaires pas si désagréables du « Lion » du même auteur remontent à la surface de votre mémoire pour vous donner un premier signe d’encouragement. Le pavé a une jolie couverture qui vous regarde en plein dans votre (mauvaise) conscience grâce aux yeux perçants de l'afghan enturbanné de la photo. Des yeux qui disent pas mal de choses à des fibres féminines.Alors, il faut attaquer la bête...Avec un peu de mal au début, une corvée même, le boulot de fin d’été, le roman qui a traîné au fond du sac de plage, la bonne résolution de la rentrée... !

Et alors, la magie de la lecture a quelque chose de gigantesque lorsqu’elle opère. On se laisse happer par l'aventure, téléporter en Afghanistan en quelques pages, à respirer de la poussière, galoper sur un cheval fou, attraper le corps d'une chèvre à bout de bras, virevolter avec orgueil...Vous êtes au cœur d’une partie de Bouzkachi.Bref, c'est un roman épique, plus que très bien écrit (et cela ne gâte rien...), avec des personnages dignes du seigneur des anneaux, un pays beau comme la liberté et des chevaux à se pâmer...

Il est difficile de savourer ses pages pendant un trajet en métro: cela en devient un drame de laisser son héros, Ouroz, blessé, seul sur un petit chemin de crête, fier comme Artaban sur son cheval Jehol, face à une caravane de Pachtous armés jusqu'aux yeux, colorés comme dans un conte des mille et une nuits; ça sent l'affrontement, l'encens, le henné, le poil de chameau mouillé et la sueur de cheval mêlés.Un vrai péplum!On se dit, à quand le film? Il en existe un pourtant, datant de 1971, avec Omar Sharif que l’on imagine sans mal chevauchant dans la steppe avec le rictus du loup affiché au coin des lèvres.Cependant, rien ne remplace l’imaginaire du lecteur.

Le livre de Kessel tient son coté vivant du long travail de recherche mené lors de ses voyages là-bas dans les années 50-60. Ses héros se sont d’abord échauffés dans un premier scénario qui sera tourné par Pierre Schoendoerffer en 1956 « La passe du diable », avant de devenir des légendes littéraires. Kessel a également publié un reportage consacré à ce thème en 69 « Le jeu du roi ».

Le livre est disponible en folio donc pas trop cher, en tout cas, moins qu'un billet pour Kaboul. Dépêchez-vous d’assister au Bouzkachi du roi en trônant dans votre fauteuil depuis le milieu votre salon.

Livre disponible sur www.cavalivres.com