David Lumet, la passion et des chevaux et la préservation de la planète
mardi 07 juillet 2020

David Lumet
David Lumet, au centre, est à la tête d'une écurie qui accueille 80 chevaux de courses en. débourrage et pré-entrainement, dans uns structure qui porte une attention particulière à l'écologie © Christine Marquenet

David Lumet , 52 ans, qui se dit « le mec le plus heureux de la terre », a une trajectoire de vie étonnante. Une enfance un peu difficile, des parents partis tôt, des débuts comme stagiaire dans les écuries de Jean Yves Touzaint, une hésitation pour intégrer l’armée puis la création de son écurie de propriétaires la «Ridaudière  », à Bécon les Granits (49). Il choisit ensuite le monde des courses et, devient un véritable entrepreneur, dans le domaine hippique autant que dans celui de la préservation de la planète.

« J’ai monté beaucoup de jeunes chevaux et d’autres jusqu’au niveau grand prix pro dans la discipline du concours hippique. J’ai eu des propriétaires exigeants qui me mettaient parfois beaucoup de pression et j’avais beaucoup de mal à vivre de mon métier. C’est pourquoi j’ai choisi de changer d’orientation. J’ai progressivement accueilli des jeunes chevaux de course pour les débourrer et assurer le pré entrainement sur ma piste. C’est devenu mon activité essentielle. J’ai  maintenant 80 chevaux en pré entraînement »

Panneaux solaires et recyclage du fumier 

Mais, il y a 10 ans, David a franchi un cap supplémentaire en construisant un hangar énorme muni de 1 804 panneaux photovoltaïques. « Si la journée est lumineuse, je produis suffisamment d’électricité pour alimenter toute la ville de Bécon les Granits » Il rajoute : « Obtenir le financement n’a pas été très facile mais, j’y suis arrivé et je ne le regrette pas puisqu’à l’époque le taux de l’électricité produite (0,62 € du KW) était garanti pendant 20 ans. » En plus de son activité de pré-entraineur à laquelle est associé son fils Samuel,  David Lumet produit donc de l’électricité mais aussi du compost « bio ».

Production de lombricompost…

Avec 80 chevaux de course  hébergés sur place, la production de fumier est très importante. L’immense hangar dont la toiture orientée au sud accueille les panneaux solaires est aussi le lieu de production du lombricompost. David Lumet explique : « Je recycle le fumier produit par les chevaux dans ce hangar. J’élève des petits vers, d’une espèce bien particulière  (eisenia fetida), qui s’en nourrissent. Leur transit intestinal permet de récupérer un compost parfaitement débarrassé de toutes substances chimiques.  Il y a entre 500 et 1 000 vers par m2 de fumier que nous avons au préalable « préparé ». Il faut également l’arroser régulièrement. Des techniques et dosages que j’ai appris au fur et à mesure.  Je récupère également le jus produit par cet élevage. Ce liquide et le compost sont d’excellents fertilisants commercialisés par la société Tersen ». 

Encore des projets…

Présents aux écuries dès 5 h 40 pour gérer le pré entraînement des chevaux. David ne manque pas de projets « A très court terme, je vais améliorer mes écuries et organiser ma traditionnelle vente de chevaux de course, sur place, le 26 août. Les chevaux sont présentés à l’obstacle le matin et la vente aux enchères débute à 14h.  Par ailleurs, je commence  à aider à l’installation de fermes lombricoles et je projette de construire trois nouveaux hangars équipés de panneaux solaires. C’est aussi une façon de travailler pour la planète. Il faut savoir que si un tiers des bâtiments industriels qui possèdent une couverture orientée au sud étaient équipés de panneaux solaires, cela couvrirait les besoins en électricité de la France entière ».  Indiscutablement, ces projets sont bien « dans l’air du temps »