Gabriel Cortès : conférence au sujet de l’influence de l’équitation française en Russie le 6 février prochain
vendredi 24 janvier 2020

Affichle conférence Gabriel Cortès
Affichle conférence Gabriel Cortès "L'influence de l'équitation français en Russie" © DR

Gabriel Cortès est l’auteur d’articles sur la culture équestre et de deux ouvrages dont l’un sur James Fillis, qui fut écuyer en chef à l’Ecole de cavalerie de Saint-Petersbourg. Il propose une conférence le 6 février à 19h30 à Paris : « L’influence de l’équitation française en Russie du XVIIIe siècle à nos jours ». Rencontre avec ce passionné érudit.

L’Eperon : Comment vous présenter par rapport à l’univers du cheval ?

Gabriel Cortès : J’ai une triple approche. Je suis un passionné de cheval grâce à ma famille, à travers l’équitation que je pratique. D’abord à poney dans les années 80 puis à cheval. J’ai un véritable intérêt pour la culture équestre que j’ai développé par la lecture, les voyages, un goût pour les beaux-arts, la doctrine équestre et toutes les manifestations liées au cheval. Enfin, je suis officier d’active. Je sers au régiment de cavalerie de la Garde républicaine. Donc j’ai une approche de l’équitation professionnelle et utile dans le cadre de l’exercice des missions auxquelles je participe.

Pourquoi avez vous commencé à écrire ? Quelle est votre motivation ?

Le plaisir de faire partager à d’autres ses centres d’intérêts et découvertes, de ne pas les garder pour soi. C’est la motivation de tout écrivain. « L’équitation en tandem » a été mon premier livre en 2009. Il s’agit d’une équitation où l’on monte un cheval et manie un autre devant soi. C’est une pratique que l’on trouve au sein de la Garde républicaine, dans les Haras nationaux et en spectacle. L’intérêt de cette pratique est d’être gracieuse. C’est un concentré de difficultés montées et de travail aux longues rênes. Il faut une véritable qualité d’équitation et c’est une pratique originale. J’ai eu l’idée de ce livre après la rédaction d’un article pour une revue. J’ai rassemblé beaucoup de documents d’archives et je l’ai coécrit avec le maître de manège spécialisé en équitation en tandem, l’adjudant-chef Bregetzer. C’est un livre qui est à la fois un manuel et un ouvrage sur l’histoire de cette pratique.

Quand on écrit, on s’oblige à donner le meilleur de soi-même. Une idée se cultive par des recherches qui précisent les faits. Le travail de fond est enrichissant. C’est un préalable pour rendre compte du passé et du présent.

Quelles thématiques abordez-vous dans vos ouvrages ?

La culture équestre au sens large. J’aime beaucoup découvrir des originalités, des différences. Je suis persuadé qu’il y a une seule équitation, mais plusieurs applications, plusieurs formes comme un miroir à facettes. On le découvre à travers le monde, comme l’équitation de travail, l’équitation de haute école, les sports équestres...

Et pourquoi avez-vous écrit sur James Fillis en particulier ?

Par esprit de curiosité. Je voulais en savoir plus sur ce cavalier et auteur des « Principes de dressage et d’équitation » paru en 1890. Il avait une écriture très contemporaine et simple qui rejoint les principes de l’Ecole française. Je me suis demandé comment c’était possible. J’ai retrouvé peu de choses hormis dans cet ouvrage sur la biographie des grands maîtres, « Les maîtres de l’œuvre équestre » d’André Monteilhet. Je suis resté sur ma faim, alors j’ai entamé des recherches et j’ai découvert pas mal de documents. Suffisamment pour écrire un article de fond sur James Fillis dans Jour de cheval en 2016. 

Le lancement du livre sur James Fillis s’est déroulé dans la résidence de l’ambassadeur de Russie, car James Fillis a été écuyer en chef de l’Ecole de cavalerie de Saint-Petersbourg de 1898 à 1910. C’est un cavalier d’origine anglaise qui a vécu en France et douze ans en Russie. Il était parti en Russie, à Saint-Petersbourg pour présenter des chevaux en haute école dans un cirque qui a l’époque ressemblait plutôt à un opéra. Il est tellement doué à cheval que l’inspecteur général de la cavalerie russe lui demande de donner des leçons.

A la même époque, il n’est pas le seul Français (Fillis s’est toujours considéré comme Français, ndlr) qui ait influencé les arts russes. Il y a eu aussi Marius Petitpas, un chorégraphe dans l’univers des ballets.

Comment présenteriez vous cette conférence sur l’influence de l’équitation française en Russie ?

C’est une conférence plus large que la simple présentation de James Fillis, qui évoque comment les équitations peuvent s’imbriquer, comment l’équitation française a influencé l’équitation russe via Fillis et d’autres instructeurs français. Le vocabulaire équestre russe empreinte beaucoup de mots au français comme : au pas, au trot, aller… L’interaction entre la France et la Russie démarre par la visite du Tsar Pierre Ier à Louis XV et se poursuit aux XVIIIe et XIXe siècle. C’est une conférence historique, mais qui fait le lien avec les sports équestres actuels. L’influence de James Fillis se ressent encore aujourd’hui. Sa priorité était l’impulsion. « En avant » était sa devise.

Informations pratiques

Conférence de Gabriel Cortès « L’influence de l’équitation française eu Russie du XVIIIe siècle à nos jours » le jeudi 6 février à 19h30 au Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, 1 quai Branly, Paris 7e. Entrée libre mais inscriptions obligatoires par mail : ambrusbranly@mail.ru ou creif@cheval-iledefrance.com