Le cheval de spectacle fait son colloque
lundi 18 février 2008

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Alexis Grüss - Ph. B. Fletcher

C’est sous la présidence de Jean Louis Gouraud que s’ouvrait la première des deux journée du Colloque International regroupant une vingtaine d’intervenants autour du thème “Le Cheval et la Gloire dans le spectacle vivant.”

Organisé par la Sealas (Société d’Etudes sur l’animal en Littérature et dans les Arts du Spectacle), la Société d’Histoire du Théâtre et l’Ecole doctorale de Littératures françaises et comparée, ce rendez-vous d’historiens et d’universitaires cherchait à analyser la symbolique attachée au cheval “messager de la mort”, “vision de l’au delà” dans le monde des arts et du théâtre, mais aussi à souligner les contraintes techniques liées à sa présence sur scène.

Parmi les interventions, celle de Valérie Nivel, de la Sorbonne, qui s’était penchée sur l’entrée en scène d’un spectre vêtu d’une armure et monté sur un cheval vivant dans le “Hamlet” de Patrice Chéreau, ou encore celle de Sidibe Valy, de l’université d’Abidjan, évoquant cette pratique sociale qui consiste à utiliser le cheval dans la culture théâtrale africaine, où les “chuchoteurs” murmurent au cheval ce qu’il doit faire sur scène. Rémi David (université Paris III) devait quant à lui analyser les contraintes techniques du théâtre du Centaure, dont la particularité est de mettre en scène des pièces classiques telles que “Macbeth” lors desquelles tous les acteurs sont montés sur un cheval. Pour clore la journée, Alexis Grüss que l’on ne présente plus, devait retracer avec passion et hunour l’histoire de plusieurs générations d’artistes dédiées aux arts du cirque et à l’amour des chevaux. Pour ce maître incontesté du spectacle équestre vivant, qui, petit garçon, se faufilait dans les écuries pour parler aux chevaux car son père et son oncle lui avaient assuré qu’il obtiendrait une réponse “On éduque quand on sait, on dresse quand on est ignorant”. Comme le soulignait François Moreau, professeur de littérature à la Sorbonne, directeur du Centre de Recherche sur la Littérature de Voyage, et président de la Sealas “Après un premier colloque en 2007 sur le spectacle et les animaux fictifs au théâtre du XVIIIème siècle, ce colloque tentait de démontrer que le cheval, animal très intelligent, n’est pas toujours adapté aux structures existantes, et pose de lourds problèmes de logistique. Autant l’adaptation du Misanthrope dans une écurie ou de la pièce “Les Bonnes “ jouée par des centaures peut paraître artificielle, autant le lien entre l’homme et le cheval s’avère étroit dans la circonférence des 13m d’une piste de cirque.” Le programme du prochain colloque n’est pas encore arrêté.