Xénophon en colloque à Paris
jeudi 05 décembre 2019

Colloque Xénophon
Colloque Xénophon © Claude Bigeon

La Bibliothèque mondiale du cheval, ce grand projet lancé il y a un an, au sein de la MRSH-CNRS de l’Université de Caen (dirigée par Pascal Buléon), dont le but est d’être la bibliothèque virtuelle du cheval (« dénicher, recenser, répertorier » les milliers d’ouvrages consacrés au cheval à travers le temps et le monde) a organisé un colloque sur Xénophon le 4 décembre 2019 à Paris, au sein de la prestigieuse Maison Hermès.

Marie-Laure Peretti et Xavier Libbrecht sont les spécialistes cheval de cette Bibliothèque mondiale du cheval, et c’est plus particulièrement Xavier Libbrecht qui s’est chargé de l’organisation de ce colloque intitulé « Le traité d’art équestre de Xénophon : modernité ou altérité ? » lancé autour du livre d’Alexandre Blaineau « Xénophon, l’intégrale de l’œuvre équestre » paru chez Actes Sud dans la collection Arts équestres, en 2011. Cinq intervenants de référence étaient à l’affiche de ce colloque qui a rassemblé une soixantaine de participants, professionnels de la filière et universitaires principalement : Alexandre Blaineau, Jérémy Clément, François Vallat, Jean-Pierre Tuloup et Jean-Louis Gouraud.

La volonté de transmission au plus grand nombre des savoirs équestres, voilà un des leitmotivs de la Bibliothèque mondiale du cheval. Ainsi, ce colloque était retransmis en direct sur internet, pas moins de 3h30 de présentations érudites et de débats que l’on peut revoir sur le site de la Bibliothèque mondiale du cheval.

Alexandre Blaineau qui a été l’intervenant majeur de ce colloque est un spécialiste du monde du cheval dans l’Antiquité, dans son ouvrage qui contient notamment la traduction des deux ouvrages de référence de Xénophon (IVe siècle avant JC) sur le cheval « L’Art équestre » et « Le commandant de cavalerie », il propose aussi des textes choisis dans l’ensemble de l’œuvre de Xénophon qui évoquent l’univers du cheval.

Jérémy Clément, helléniste a pu évoquer les cultures équestres (IVe siècle avant JC) qui ont influencées Xénophon, celles des Athéniens, du Péloponnèse et de Thessalie, en parlant de la tradition d’élevage équin de Théssalie qui était plus favorable à l’élevage des chevaux grâce à deux plaines fertiles et humides.

Alexandre Blaineau a expliqué les conseils de Xénophon retranscris dans ses traités équestres dont celui de l’emploi de la douceur et sa vision du cheval idéal d’un point de vue anatomique en mettant l’accent sur l’importance des pieds puisque à l’époque les chevaux n’étaient pas ferrés.

Le docteur vétérinaire, François Vallat a décrit l’apport de Xénophon dans le domaine du savoir vétérinaire. Un peu une question piège, car à l’époque, il n’y avait pas de vétérinaires. Il évoque notamment le risque d’un terrain dur, les problèmes de fourbure…. Pour rappel, les conditions climatiques, en ce temps, étaient identiques à celles d’aujourd’hui en Grèce, mais les chevaux étaient bien différents de ceux que l’on a l’habitude de côtoyer en France, puisque d’après les archéozoologues, ils ne mesuraient que 1m30, 1m35 au garrot.

Alexandre Blaineau a pu évoquer comment la vision de l’art équestre par Xénophon a été accueillie en Europe occidentale de XVe au XXe siècle ; puis Jean-Pierre Tuloup, professeur écuyer a décrit l’apport de Xénophon dans l’équitation moderne dont la ligne de conduite était de considérer le cheval comme un enfant et interdire tout mouvement de colère à son encontre. Lors d’une dernière intervention, Alexandre Blaineau s’est engagé sur la question  de la modernité de Xénophon : « Xénophon n’est ni Bauchériste, ni adepte de l’équitation éthologique mais il a donné des conseils de bons sens. » Chargé de la conclusion de ce colloque, Jean-Louis Gouraud, éditeur et écrivain spécialiste du cheval, a regretté que ce colloque ne se poursuive toute la journée et replacé Xénophon dans la présentation d’Alexandre Blaineau qui avait rappelé que Xénophon faisait souvent référence à un certain Simon, a priori auteur d’un traité équestre avant lui. Cet érudit du cheval a rappelé qu’il y avait aussi d’autres ouvrages sur le thème du cheval dont celui de Kikulli (dix siècles avant Xénophon), mais qui fait plus référence à un programme d’enseignement des chevaux attelés.

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