La fête des gardians de retour... mais pas sans mesures
mardi 15 juin 2021

La messe organisée dans les arènes arlésiennes lors de la fête des gardians
La messe organisée dans les arènes arlésiennes lors de la fête des gardians © Florence Chevallier

La journée du 12 juin 2021 restera marquée dans les annales des traditions camarguaises et des fêtes traditionnelles arlésiennes. Après plusieurs reports dus à la crise sanitaire, les arlésiens ont enfin pu renouer avec le défilé des gardians sur leurs chevaux Camargue et saluer la nouvelle reine d'Arles, la vingt-quatrième, Camille Hoteman. À l'égal d'un 1er mai d'élection mais, crise sanitaire oblige, avec une organisation adaptée à cette situation si particulière.

Le président de l'Antique confrérie des gardians, Frédéric Lescot, a souhaité que perdure la tradition qui a toujours jumelé la fête des gardians avec l'élection du nouveau règne, qui a lieu tous les trois ans. Rendez-vous annuel très attendu dans la cité arlésienne, cet événement marquant s'inscrit dans les traditions fortement ancrées en pays d'Arles et où le cheval Camargue tient un rôle important. Pour preuve, parmi les qualités que doit avoir une jeune femme afin de devenir reine d'Arles, celle-ci doit, entre autres connaissances et aptitudes, savoir monter en croupe derrière un gardian à cheval.

La pérennité des traditions malgré la crise sanitaire

Le déroulement de la manifestation a été totalement revu. La mairie, avec son nouveau maire Patrick de Carolis, soutien technique des deux organisations associées dans cet événement, a du prendre en compte les différentes contraintes. Il s'est déroulé un jour de semaine alors qu'habituellement, il a lieu un jour férié. « Nous avons dû mettre en place tout un système de barrières. Les services de l'état se sont prononcés sur les préconisations à prendre. Nous avons effectué un contrôle permanent des jauges sinon la manifestation aurait dû être annulée », nous a t-on assuré à la mairie.
Habituellement, les gardians à cheval défilent en ville sur les grands boulevards pour rejoindre le siège de leur confrérie, l'église de la Major, dédiée à Saint Georges. Sur le parvis, ils y sont chaque année bénis par l'Archiprêtre. Mais cette année, pour la deuxième fois au cours de leur histoire, la messe avait lieu dans les arènes. Pour l'occasion, la statue polychrome de Saint Georges avait été déplacée et présidée à l'office lorsque sous un soleil ardent, les Camargue ont été bénis sans montrer aucun signe d'impatience par l'Archiprêtre d'Arles Don Jean-Yves Urvoy. Gardians et montures ont d'ailleurs été félicités pour leur exemplarité. Exceptionnellement cette année, les cavaliers ont dû se retrouver au bord du Rhône afin de préparer leur défilé pour rejoindre les arènes. À la fin de la messe, c'est en cortège avec leurs arlésiennes que ceux-ci ont rejoint le parvis de la mairie où les attendaient le seul public autorisé et assis derrière des barrières. Une jauge de 934 places assises avait été validée par l'état et les services de secours.  

Spectacle des gardians, une billetterie pour leur caisse de secours mutuel

Les gardians ont fondé leur confrérie le 2 janvier 1512. Traditionnellement, Saint Georges est le protecteur des cavaliers et des soldats à cheval. Au début du XVIe siècle, il est écrit que les gardians, appréciés pour leurs qualités de cavaliers, se seraient regroupés pour se protéger d’un enrôlement arbitraire par les armées royales. Dès l’origine de la Confrérie, ses statuts prévoyaient une fête religieuse le jour de la Saint Georges avec messe et cérémonie et dès 1929, la bénédiction des montures sur le parvis. Avec l’aide du Félibrige, la Confrérie va se réorganiser dans les années 20 pour finalement, en 1984 et après plusieurs changements, fixer au 1er mai leur fête annuelle.
La Confrérie assurait les obsèques des confrères pauvres et, depuis ses origines, elle sert aussi de caisse de secours mutuel. Chaque année, parmi les animations auxquelles le public peut assister en cette journée festive, le spectacle organisé dans les arènes par la confrérie a pour objectif d'apporter des subsides à leurs caisses. Cette année, le public a été soumis au pass sanitaire afin d'assister aux jeux de gardians professionnels, qui ont redoublé d'adresse sous le regard connaisseur de Guy Chaptal, le capitaine de la Nacioun Gardiano, qui a d'ailleurs encouragé les performances de ses petits fils. Dans les arènes, au cours de l'après-midi a également eu lieu, l'échange des étendards. Frédéric Bon a laissé sa fonction à Emmanuel Lescot de la manade Saumade comme nouveau capitaine de la confrérie des gardians. Celui-ci sera épaulé par ses deux prieurs Armaury Galleron et Benjamin Therme-Groul.