Le Mountain Trail, technique et complicité
mercredi 23 décembre 2020

Mountain Trail
Mountain Trail © coll.

En 2019, la FFE ajoutait à son catalogue déjà riche de vingt huit disciplines le Mountain Trail, à traduire de l’anglais par « Parcours d’obstacles en montagne. » Présentation et témoignages.

Cette discipline venue des États-Unis consiste à enchaîner sans chronomètre, en terrain varié et en extérieur, un parcours composé de plusieurs obstacles naturels. Au-delà du franchissement des difficultés, du respect des allures et contrats imposées, les juges évaluent la complicité et la confiance mutuelle du couple, la justesse des actions du cavalier ainsi que le calme et la franchise du cheval. Réservé aux niveaux club et amateur, pratiquée à pied ou en selle, le Mountain Trail se décline en solo ou en duo, une personne à pied, et l’autre à cheval, notamment pour les jeunes enfants et les personnes en situation de handicap. Les compétitions se déroulent sur un parcours composé d’au minimum six obstacles, à choisir parmi une liste d’une trentaine de dispositifs dont le croisillon de troncs, le tronc surélevé, le labyrinthe, le pas de côté au-dessus d'une barre, l’éventail, la porte à ouvrir et à refermer. Les obstacles les plus emblématiques sont sans doute la bascule ou petit pont posé sur un tronc, le mikado de branches qui requiert l’attention du cheval pour ne pas trébucher, voire, pour les plus confirmés, le pont suspendu à 80 cm du sol (au plus haut) et la boîte à eau, bac rempli d’eau sur laquelle flotte une planche trouée qui génère des mini jets d’eau lors du passage du cheval. Grâce à ces nombreuses options et au relief du terrain, chaque parcours possède donc sa propre identité. Dans les épreuves club et amateur, les couples novices évoluent au pas, les allures supérieures et manœuvres plus complexes apparaissent au fil de la progression. Chacune des difficultés est notée sur la qualité de l’entrée, du corps et de la sortie de l’obstacle. La note zéro reconnaît un contrat rempli, mais pénalités et bonus (-0.5 à +2) peuvent être décernés.

De multiples avantages

Françoise Ferchat, gérante du centre équestre Easy Horse (35), membre de la nouvelle commission fédérale et enseignante issue du saut d’obstacles, s’est spécialisée dans l’éthologie, l’équitation américaine, le TREC et le Mountain Trail. « La grande qualité de cette discipline est d’être ouverte aussi bien aux chevaux de sport, aux poneys ou aux chevaux lourds, et à tout type d’équitation avec ses codes et équipements (classique, américaine, de travail, Doma Vaquera ndla). La discipline est basée sur la connexion entre le cheval et son cavalier, à condition que le partenariat soit bien établi. Si le débutant dispose d’un équidé éduqué sur les dispositifs, l’enseignant peut se concentrer sur la qualité de son équitation et sa relation au cheval selon les principes d’équitation classique, tandis que les cavaliers confirmés se chargent de désensibiliser les jeunes chevaux. Le Mountain Trail est clairement fléché cheval d’extérieur. Il ne s’agit pas d’un jeu avec le cheval, mais d’éducation, de sécurité absolue et de respect des consignes. »

Contrairement à l’Equifeel, qui se pratique uniquement à pied, ou à l’Equifun, composé d’un parcours de maniabilité (y compris des sauts) à effectuer dans un temps imparti, les parcours de Mountain Trail ne sont pas chronométrés, un atout essentiel selon Laurent Moliner, gérant du Centre Equestre de Pleine Nature de Tourbes (34) qui propose depuis trois ans la pratique de cette discipline à ses cent cavaliers avec vingt équidés rompus à l’exercice, en général à raison d’une séance sur trois. « Nous mettons les enfants sur les dispositifs à pied, puis à poney ou à cheval. C’est un bon moyen de les sensibiliser à la connaissance et au fonctionnement de l’équidé de manière ludique. Sur les parcours, je veille au relâchement du couple, à la confiance mutuelle et au dosage des actions. C’est aussi un moyen de démystifier l’extérieur, de créer une véritable connexion avec un cheval, d’apprendre à gérer ses propres émotions et celles de sa monture. Non seulement mes chevaux sont beaucoup plus confiants et détendus, mais la variété des activités permet d’entretenir la motivation des cavaliers qui finissent par se lasser des promenades ou des séances classiques. » Laurent, qui confie avoir investi environ 2000 euros dans ses dispositifs, observe un engouement croissant pour la discipline dans sa région. Selon Françoise Ferchat, cette discipline émergente, très accessible et ludique, permet de se faire plaisir rapidement. « Je la conseille vivement aux centres équestres. »

Alors qu’une première formation de juges s’est déroulée fin 2019, côté compétitions, les aficionados du Moutain Trail comptaient sur l’année 2020 pour se retrouver, mais la crise sanitaire en a décidé autrement. Toutefois, le championnat de France club et amateur est d’ores et déjà programmé pour septembre 2021 à Hourtin (33).

Une nouvelle discipline qui semble réunir plusieurs ingrédients pour séduire un public de cavaliers potentiels, estimé par diverses études à plus de 2 millions de personnes, en quête de nature, d’équitation d’extérieur, de lien avec l’animal et de plaisir.