Route du poisson : l'équipe normande PerchandCobs se donne les moyens de l'efficacité
mercredi 16 juin 2021

L'équipe PerchandCobs se prépare activement pour la Route du poisson, en septembre prochain
L'équipe PerchandCobs se prépare activement pour la Route du poisson, en septembre prochain © DR/Coll. privée

Convivialité et performance. Voilà le leitmotiv de PerchandCobs, d'une équipe s'entraînant depuis un an avec méthode... et smartphone. Des amateurs (aux allures très professionnelles !) très investis pour préparer la Route du poisson qui mettra en concurrence vingt équipes du 21 au 26 septembre prochains pour de rudes épreuves de travail et une course relai de vingt-quatre heures entre Boulogne et Paris.

L'équipe associant des Percherons et des Cobs s'est retrouvée ce week-end autour du meneur international Mickaël Sellier. Après des mois de travail en solitaire, la rencontre fait chaud au moral. Tous motivés, ils ont progressé et écoutent avec ferveur les conseils de Mickaël sur la gestion du stress en compétition, les réactions aux signes et aux attitudes du cheval, savoir le rendre plus concentré ou encore bien régler les harnais. « Après des mois d'entraînement, on est à un niveau pointu qui exige un regard d'expert comme lui », souligne un des responsables, Jean-Boris Bois. Il a doté chaque meneur d'une application mesurant le rythme des chevaux, la durée de la séance et les distances parcourues. Tout le monde s'en sert et apprécie. Un rendez-vous bimensuel en visioconférence permet de resserrer les liens entre les participants normands, l'Aveyronnais et le Mosellan ! « On a appris à discuter, à partager ses inquiétudes, à oser énoncer ses faiblesses. Ces équipements ont sauvé l'équipe malgré le confinement », estime Audrey Beuvin, en charge de la communication de l'équipe.

À l'origine de PerchandCobs, il y a un homme. Le capitaine Julien Fouasnon-Boblet, éleveur de Percherons, a audité les membres un par un pour bien les positionner, les sélectionner et « pour souder le groupe autour d'un esprit, que tout le monde ait sa place, avec ou sans chevaux. » Le premier week-end de découverte a eu lieu en septembre 2020, afin de bénéficier d'une année de préparation où chacun apporte sa contribution. Les soixante-dix équipiers se répartissent suivant leurs connaissances. La moitié est meneur, groom ou chauffeur, neuf sont relayeurs et seront utiles pour le changement rapide d'attelage en fin d'étape tandis que dix personnes s'occupent de la communication « pour changer l'image des traits et faire connaître la route en dehors du monde du cheval », explique Audrey. L'intendance a aménagé une caravane-cuisine et sert de vrais repas délicieux. « Un plaisir essentiel ! », ajoute-t-elle. Un coach mental devrait également intervenir prochainement.

Les bons chevaux

Jean-Boris Bois, qui a déjà vécu quatre Routes du poisson, est la référence. « On connait tous les traquenards, donc on s'organise avec le soucis du plus petit détail. » Cet agriculteur élève des Cobs qu'il utilise dans sa ferme laitière pour herser des prairies ou labourer et évacuer les tailles de haies. Il prépare deux hongres de 4 ans : « la race est précoce, à cet âge il sont formés et solides », assure-t-il. Jean-Boris (qui répartit les chevaux sur le parcours) leur réserve deux étapes assez roulantes et pas trop raides. Les PerchandCobs visent l'équilibre au classement général. « C'est l'idée de la Route du poisson, qui doit montrer toutes les qualités des traits car s'ils sont bien préparés, ils sont polyvalents », affirme-t-il. Pour construire une paire, il estime que « les chevaux doivent se connaître, avoir le même gabarit, la même amplitude de foulée pour éviter que l'un tire plus que l'autre. On les travaille en simple et ensemble en les changeant de côté pour muscler le dos en symétrie. On doit améliorer le souffle, le cardio et la musculature. »
L'équipe réunit des Percherons de 6 à 20 ans, de caractère et de sang variés, qui exercent toutes sortes de métiers. Jean-Boris a choisi des gabarits de type postier, capables de trotter à 12km/h durant une bonne heure et ce, deux à trois fois en vingt-quatre heures. Quant aux Cobs, ils sont plutôt costauds pour les épreuves spéciales. Ils leur reviendra de tirer le bateau sur le sable ou de débarder. Pour les plus âgés, ce n'est pas un problème car « si le cardio est bon, l'arrière-main se maintient avec un entraînement régulier ». 
De son côté, Julien Fouasnon-Boblet redoute le savoir-faire des équipes habituées, comme les agriculteurs de l'Oise de Bienvenue à la ferme, « les Franches-Montagnes passe-partout, qui sont de vraies horloges suisses » mais aussi les Comtois, si habiles, notamment en dressage monté. Quant à Jean-Boris, il craint juste les aléas propres aux chevaux, comme une boiterie ou autre blessure. « Bien sûr, on a prévu des paires de remplacement, mais c'est un exercice délicat et on a décidé de les limiter à deux étapes chacune, même si le règlement en autorise trois. »

Pérenniser l'aventure

L'équipe s'organise pour durer après la route. « On veut tenir longtemps pour promouvoir nos races régionales après du grand public. » La prochaine réunion aura lieu au Normandy Horse Show, à Saint-Lô, le 31 juillet en compagnie de la deuxième équipe normande, avec qui ils ont noué des liens et s'entraident. En attendant, Audrey martèle son sujet préféré : « Le cheval de trait est aussi un cheval de sport, un athlète de haut niveau capable de nous en mettre plein la vue ! »