Avec Sueno, le rêve de Frédéric Pignon continue
jeudi 29 juillet 2021

Frédéric Pignon présentera son nouveau spectacle Sueno
Frédéric Pignon présentera son nouveau spectacle Sueno © Florence Chevallier

Après avoir présenté leur spectacle sur les plus belles pistes du monde, c'est finalement chez eux, à l'Isle-sur-la-Sorgue, que Frédéric Pignon et Magali Delgado ont décidé de revenir et de le proposer à nouveau, en toute intimité. Un retour sur leurs plus grands classiques, qui sera prochainement à découvrir dans toute la France.

« On a été rattrapé par nos rêves », affirme Frédéric Pignon. D’où le nom de leur nouveau spectacle « Sueno ». Le nom, tout à la fois de l'expression de leurs rêves de show réalisés « jusqu'au bout du monde » au cours de ces trente dernières années et celui d'un des jeunes chevaux de leur écurie. Celui-ci a d’ailleurs fait ses premiers pas en piste dans leur domaine près de l'Isle-sur-la-Sorgue cet été et n’est autre qu’un descendant de Templado, l’étalon gris qui devait notamment sa célébrité à son immense crinière qui lui arrivait jusqu’aux genoux.
Aussi, après avoir parcouru pendant des années des milliers de kilomètres dans le monde entier, le couple d'artistes Frédéric Pignon et Magali Delgado ont eu l'idée de proposer « un petit récapitulatif de (leurs) grands classiques », en comité plus réduit et intimiste chez eux. Ils souhaitent les adapter et les montrer à l'avenir en tournée dans des manèges équestres.

Un spectacle plus intimiste et grand public

« Le nouveau spectacle a été un peu modifié pour le rendre plus grand public », précise Frédéric Pignon. Ainsi, les numéros proposés lors de la représentation des artistes de renommée internationale ont été adaptés à un public parfois moins averti du spectacle équestre. Il est décliné sur un mode réjouissant, où la bonne humeur et le jeu avec les chevaux sont une de leur carte maîtresse. Les invités à cette fête du retour au spectacle équestre ont pu voir de magnifiques chevaux heureux d’enfin se produire en piste. « Le spectacle avec la crise sanitaire leur a vraiment manqué. Nos chevaux sont de vrais showman », déclare l'artiste. Et d'enchaîner sur le tempérament d'un de ses chevaux fétiche, Phébus, « dès qu'il se retrouve sur scène, il est métamorphosé ». Lors des différents confinements les chevaux ont bien sûrs été sommés de rester chez eux ; alors qu'ils sont habitués à de nombreux voyages pour des spectacles au cours de l'année. « Ce qu’il nous reste, c'est la qualité de la relation avec nos chevaux », et le couple s'emploie à l'entretenir.

Crise sanitaire et gestion de l'écurie

« On n’a rien changé du tout au travail tout au cours de la crise sanitaire et des différents confinements. On a passé beaucoup de temps avec nos chevaux ». Sur les quarante-cinq chevaux que compte l'écurie, trente-trois sont destinés au spectacle. « Il n'y a pas un cheval qui fait un double emploi, chaque cheval fait son numéro ». Le confinement a finalement été l'opportunité pour le couple d'organiser des stages plus intimistes chez eux, « on ajustait la jauge », précisent-ils, et même de répondre aux demandes de stages par internet avec des Australiens ainsi que des Anglais en direct. « Ils nous envoyaient des vidéos d'eux et de leurs chevaux ». Quant aux stages organisés sur leur domaine ; ils étaient complets car les stagiaires étaient plus disponibles pour venir y participer. De fait, ils ont été en capacité « de gérer mois par mois », les séances et « de faire en sorte que (leurs) chevaux ne manquent de rien », à aucun point de vue.

Confinement et travail des chevaux 

Une journée de travail chez les Pignon Delgado débute par le travail des jeunes chevaux en devenir puis ce sont les piliers, ceux qui ont leurs « numéros bien en place », qui sont pris en main. Mais le travail n'est pas l’essentiel de la séance explique Frédéric, « c'est aussi de l'entretien relationnel avec beaucoup de jeux quand on a fini la journée ». Chacun des artistes a son approche et sa méthode de travail personnelle. Magali Delgado se définit plus comme une ostéopathe qu'une dresseuse. « Je gymnastique beaucoup et je recherche la souplesse du dos afin que l'engagement vienne naturellement. J’aide le cheval dans son mouvement physique, dans le rassemblé. Ce ne sont pas des séances trop longues, plutôt orientées vers la légèreté et la souplesse », avec des chevaux qui ont envie de travailler.
Frédéric Pignon évalue dans un premier temps l'état d'esprit de ses chevaux et leur niveau. Tout dépend s'ils sont en apprentissage ou s'ils sont déjà confirmés. « Il n'y a pas ou très peu de notions de travail. Le cheval sait ce que j'attends de lui que c'est une juste négociation. C'est de la communication, notre relation est en jeu », explique l'artiste. Aussi, son travail consiste à les faire avancer très doucement vers l'objectif à atteindre. « Je vais chercher dans leur énergie, dans leur personnalité ; un peu en main, en longe et beaucoup de liberté ». Frédéric se définit plus dans une notion d'interaction que de dressage mais aussi de plaisir et d'envie des chevaux. « Savoir écouter, se faire comprendre sans un mot ». Les leçons sont aussi très courtes à la recherche du rythme du cheval, à la recherche de belles attitudes. En témoignent les numéros où l'élégance et le plaisir des chevaux et des artistes d'être en représentation sont au rendez-vous.