Equinote : un nouveau spectacle riche en émotions
jeudi 05 août 2021

Avant la nuit d'après - Equinote
« Avant la nuit d'après » est le quatrième spectacle de la compagnie Equinote © DR Vladimir lutz

Retardé d'un an par la crise sanitaire, « Avant la nuit d'après », le quatrième spectacle de la compagnie Equinote, va enfin pouvoir se jouer dans toute la France. Six chevaux et deux chiens vous donnent rendez-vous au cœur d’un manège enchanté, pour un spectacle unique. Première étape : Aurillac, le 12 août.

Un vieux carrousel dans la brume où des chevaux de bois s'animent, reprennent vie, avant d'autoriser ou non les gens à pénétrer dans un autre univers. Une ambiance fantasque, un moment de folie au cœur d’une fête foraine mystérieuse. Au fil du temps se profilent des rois étranges, des monstres à tête de bête puis le rythme s'accélère comme un tourbillon de manège. La perception devient confuse, le public doit se laisser guider par l'émotion, on perd ses repères, entre rêve et réalité. Tel est le programme du nouveau spectacle de la compagnie Equinote, « Avant la nuit d'après ». « Jouer avec un cheval nous renvoie à l'état dans lequel on est, pas celui dans lequel on croit être : il est un message de liberté, de justesse, de sincérité », estime Vincent Welter, fondateur d’Equinote il y a dix ans, en Alsace, avec sa compagne Sarah Dreyer. Sarah est éthologue et maîtrise la plupart des disciplines liées au cirque, qu'elle a apprises aux côtés d’Annie Fratellini et Manu Bigarnet. « Vivre auprès des chevaux nous a appris la patience, alors on prend notre temps. Il nous a fallu une année entière pour créer et choisir nos partenaires pour ce spectacle, puis on tourne durant trois ans », explique Vincent. Trois années au cours desquelles le spectacle est revu, affiné, modifié, au fil des représentations.

Une relation de liberté et de confiance

Sarah et Vincent privilégient la voltige avec les chevaux de trait et le dressage en liberté où excellent le lusitanien Lugano et les demi-arabes Kalyne et Circo. « Dresser en liberté donne l'impression d'un cheval autonome en scène. » Le couple vit avec sa cavalerie, en caravane, pour établir une relation intime et de confiance. « On les observe, on les connaît par cœur. Ils sont les piliers de notre inspiration. Le spectacle est conçu en fonction de leur caractère - plus ou moins joueur - et leurs aptitudes », souligne Vincent. Avec d'autant plus d'attention que la piste ronde est rude pour eux qui aiment vivre dans de vastes espaces. « On essaie de leur rendre la situation assez confortable malgré le bruit, les lumières et le public car il faut qu'ils s'amusent », ajoute-t-il. Bref, les exercices varient suivant chaque personnalité. Ainsi, ils adorent le numéro de dit de « poste », où Vincent galope debout sur deux montures entre lesquelles se glisse en file indienne le reste de la troupe. Mais ce spectacle ne se contente pas uniquement de performances équestres. Derrière, il y a surtout une histoire, dans laquelle on interroge l'existence et le mode de vie actuel, où l'on court sans savoir ce qui va se passer. « Dans ce contexte, le cheval nous apprend à être humain, à vivre à fond l'instant présent », note Vincent.

Mais, plus que tout, Sarah et Vincent font attention à la santé de leurs compagnons. Ils ne négligent jamais la qualité du foin, négocient un coin d'herbe en ville pour les chevaux et corrigent les risques de déséquilibre du cheval travaillant sur la piste de treize mètres. À la maison, Dolmen le Percheron et Popeye le Comtois sont attelés et tirent une herse pour se muscler le dos droit. Et, naturellement, entre deux villes, ils sont en vacances au pré.

Pluridisciplinarité

Marie Molliens, véritable enfant de la balle, assure la mise en scène. « L'acrobate doit mettre en phase son corps avec celui du cheval, qui est juste une présence sans artifice, pour que l'un sublime l'autre », explique-t-elle. En effet Equinote aime mélanger les genres : Alfred Gilleron au mât chinois et la contorsionniste Séverine Bellini côtoient la dresseuse Marguerite Davenport. « Pour provoquer l'émotion du public, le voltigeur, l'acrobate, le cavalier doivent habiter leur personnage, et ne pas le lâcher au profit de la prouesse technique. Celle-ci n'est pas un but mais un moyen au service de l'art », ajoute-t-elle. Quant au producteur, Vladimir Lutz, c'est une sorte de couteau suisse, l'indispensable qui sait tout faire. Car la tournée est un défi quotidien, exigeant un engagement total durant quatre ans.

L’équipe d’Equinote donne ainsi rendez-vous aux curieux et amateurs de spectacles équestres du 12 au 14 août à Aurillac, du 26 au 28 août à Caen, du 24 au 26 septembre à Colmar, du 18 au 31 décembre à Mulhouse, au mois d’avril 2022 à Obernai, Homécourt en juin, Macieulles, etc.