« Ex Anima » Zingaro hors des murs… un nouveau souffle !
jeudi 23 mai 2019

« Ex Anima » Zingaro hors des murs
« Ex Anima » Zingaro hors des murs © Crédit Zingaro

C'est au domaine de Bayssan à Béziers que le théâtre Zingaro a posé sa tente et amené troupe et chevaux pour une villégiature hors du fort d'Aubervilliers afin de présenter leur ultime spectacle « Ex Anima » dans le cadre de la saison culturelle Hérault Culture 2019, avant de continuer sa route pour une nouvelle tournée 2019.

Assister à un spectacle, à une création de Bartabas, est une expérience à vivre. Cela va au-delà du simple fait de regarder un spectacle équestre ; c'est accepter de s'immiscer dans l'univers équestre de l'artiste. Un univers mystique où l'on doit adhérer et respecter les codes de réserve lors du déroulement des différents tableaux et se laisser porter par le rythme de la musique en live, par chaque sonorité qui accompagne la trentaine de chevaux qui vont évoluer soit en groupe, comme lors du premier tableau avec les criollos argentins ou bien seul mais accompagné d'une volée de pigeons sur le dos d'un percheron. 

Tous les sens sont en éveil, encens et surtout musique du monde avec les sons des flûtes de Chine (Hulusi), d'Irlande (Tin-Wistels), d'Inde du Nord (Bansuri) et du Japon (Shakuhachi, Ryuteki, Nôkan) qui rythment les déplacements en piste des chevaux.

Parfois, ils sont guidés par une lumière blanche, dirigée par les « personnages de l'ombre » qui les font bouger tout autour de la piste et les rappelle au son des sifflets. Car dans ce spectacle, ce sont les chevaux qui sont au centre de tout et qui livrent leurs performances lors des différents numéros....porteurs de message. Ici, pas de cavaliers valorisés par les chevaux ; les « guides » vêtus de noir de type asiatique avec chignon et gestuelle très posée accompagnent à petits pas les chevaux dans chacun de leur « haut fait » comme les acteurs visibles et invisibles du Buranku. Ainsi, une scène de dressage en dextre avec un guide invisible. Traverser une partie de la piste sur une poutre étroite, inclinée qui auparavant avait été tractée par un percheron. Ou encore tableaux de chevaux qui évoluent tout autour du rond de piste avec la grâce des lusitaniens et des purs-sangs arabes aux couleurs blanches sous une tente noire. N'hésitant pas à mélanger les genres et offrir la piste aussi aux mules, ânes et poneys et même à une oie.

Tableaux plus engagés avec des chevaux portant des masques de respiration évoquant les problèmes de pollution. Parfois, le cheval salue et lui-même est salué comme un « dieu ».

Le pari de Bartabas lors de ce spectacle étant d'« emmener les spectateurs au plus près des chevaux, de ce qu'ils sont vraiment quand ils ne sont pas eux-mêmes en représentation, pour qu'ils découvrent d'autres beautés, pour qu'ils apprennent à s'ensauvager ». « Il faut accepter humblement de recevoir des leçons que les chevaux nous donnent, de comprendre qu'ils sont « une partie mémorielle de nous-mêmes » (référence à la citation de Michel Onfray) » relate Bartabas.

La tournée nationale va se prolonger dans les villes de Lyon, Bordeaux, Brest et Toulon jusqu'au mois de décembre 2019.