Les lances du Behourt à Equisud
samedi 15 novembre 2008

equisud8-chevalerie bis
equisud8-chevalerie bis © Florence Chevallier

Tout l'univers du Moyen-Age, la vie d'un campement durant la guerre de 100 ans, a été proposé au public d'Equisud lors d'un spectacle avec ses chevaliers, sa noblesse, ses sujets et bien sûr ses tournois de chevalerie.

Passionnés de Moyen-âge, la troupe souhaitait proposer un tournoi, le plus véridique possible « avec de vrais lances en chêne plein » explique Richard Lilop dit Richard de Sauvignon des Ecuries du Pont Romain. Dans la compagnie, ce sont des artisans qui fabriquent toutes les tenues , l'armement à partir de recherches d'archives.Quatre cavaliers, excepté Richard le dresseur de chevaux, pratiquaient, il y a peu l'équitation de loisirs. Ils ont travaillé tout un hiver afin de réaliser des cascades et de devenir des chevaliers aguerris « avec une bonne assiette, un bon équilibre et rompus aux départs au galop, au reculer et très spécifiquement à la lançade au démarrage ».

Les chevaux de races différentes mais tous du même gabarit, puissants et agiles travaillent plusieurs fois par semaine et une fois par mois avec les 30 personnes de la troupe à pied, tous réunis afin de finaliser le spectacle de 1h ¼. C'est une reconstitution historique des jeux pratiqués au Moyen-âge qui participaient à l'apprentissage et à l'entraînement du chevalier. Le jeu des annelles (la lance passe entre les anneaux), celui dit de « la pomme » placée sur un pal, pour apprendre au cavalier à trancher une tête. L'épreuve du sanglier pour Joël Thibaudaud dit Hugues de Rozan, est la plus complexe car elle demande d'anticiper le jet.La « quintaine » est l'entraînement ultime à la joute. Le chevalier devait prendre garde à l'axe qui pivote. Lors des joutes chaque chevalier fait 3 passages soit 12 joutes avec une vraie lance qui ne casse pas sous l'impact. « Ce qu'il est important de souligner » insiste Joël « c'est qu'aucun des participants ne sait au début du tournoi qui va gagner ». « Au moment de la joute, je ressens 300% d'adrénaline. L'échange ayant lieu avec de vrais lances on n'est jamais sûr du coup qui va être porté ». Le cavalier n'entend que sa respiration, il est seul au monde. Cependant, précise-t-il « les chevaux dont mon cheval Bilalian, aiment participer aux lices, se montrent pressés et anticipent même le départ en ayant conscience du jeu ». Les chevaux guident les cavaliers vers leurs adversaires lors de l'échange. « Le cheval est canalisé au départ ensuite on lâche les rênes de la main gauche sinon on lui arracherait la bouche. De plus, si le cheval avait peur, il s'écarterait mais nos chevaux adorent cela » et, conclue-t-il « nous avons parfois des bleus mais nous faisons en sorte qu'aucun ne soit jamais blessé ! »