Pour ses 25 ans Equestria a largement rempli son contrat
samedi 03 août 2019

Jezabel et Isaora Marqués
Jezabel et Isaora Marqués maitrisent leur sujet : elles sont invitées à présenter leur spectacle au SICAB cette année en Espagne, terres de la Doma Vaquera. © Florence Chevallier

Date anniversaire oblige, on espérait « Le » grand spectacle digne du lieu et de la renommée d'Equestria. Cette édition fêtait les 25 ans d'existence de l'évènement avec sa très attendue Nuit des Créations dans le magnifique haras de Tarbes. Le programme, tout en déclinaison des arts équestres et de la rue sans oublier musicaux, a fait vivre au public une belle échappée artistique en mariant les numéros équestres avec pour maître de cérémonie Calixte de Nigremont dans une mise en scène signée Benjamin Aillaud.

Michel Garnier, directeur de l'office de tourisme précise : « on a voulu ouvrir le lieu aux arts du cirque et toucher un public le plus large possible. Chaque année, on veut faire un vrai spectacle, apporter de la nouveauté et surprendre ». Et de confirmer le choix comme metteur en scène de Benjamin Aillaud, « un homme de spectacle qui mélange les arts de la rue et associe dans son spectacle de la liberté, de la voltige, du dressage et du comique ».

« Sans émotions, ce n'est pas un spectacle mais un moment récréatif »

Benjamin Aillaud, reconnu par les artistes en tant que tel, pense tous ses spectacles avec une approche humaniste au centre duquel se trouve le public et auquel le metteur en scène souhaite «  apporter une énergie puissante » afin de palier a un monde qu'il analyse comme ne présentant pas trop d'équilibre ni d'humanisme. Il attend ainsi des artistes qu'il y ait une certaine osmose, empathie. « Le beau ne tient pas que dans la technique » assure le metteur en scène équestre. Et de renchérir : « je crée des équilibres, je choisis des artistes pour créer de l'harmonie ensemble ». De plus, assure t-il, « on est comme les chevaux, on est grégaire, on n'est pas fait pour vivre seul et dès qu'on est ensemble on est heureux. Le cheval est le maître de cérémonie et le spectacle se doit être une cure de vitamines. Sans émotions, ce n'est pas un spectacle mais un moment récréatif ».

A cette belle fête du spectacle équestre plusieurs artistes ont été conviés parmi lesquels, Sylvie Willms. L'artiste a présenté un numéro monté avec ses deux frisons accompagnée d'une cantatrice et bien sûr son numéro en liberté avec sa cavalerie. « Benjamin est quelqu'un qui connait les chevaux et il a su choisir le morceau adpaté. C'est un plus de travailler avec une chanteuse en live ». Des moments magiques qui suscitent toujours l'admiration grâce à la connexion en toute simplicité et fluidité qu'elle entretient avec ses chevaux. « C'est un travail quotidien qui se passe en toute amitié. Cela nécessite beaucoup de temps et de patience », explique l'artiste qui porte un regard très maternel sur ses protégés. « Mes chevaux sont très amis mais parfois, il y a une petite dispute entre eux, même en piste. Je dois intervenir d'un regard. Les expressions du visage leur permettent de savoir qu'il faut continuer le spectacle » et le résultat, magnifique, est toujours au rendez-vous.

Jezabel et Isaora Marqués sont un peu revenues au source de leurs premiers spectacles car elles se sont déjà produites à Tarbes alors qu'elles n'avaient que 11 et 13 ans. Bien que les deux jeunes filles précisent que leurs chevaux, pur-sangs aux caractères bien affirmés, « sont dressés par notre père (Denis Marquès champion de Doma Vaquera,ndlr ) », elles déroulent seules en piste avec adresse une démonstration de Doma bien rythmée et pleine de charme. Figures lentes alternées avec des mouvements plus rapides, les deux jeunes filles maîtrisent la garrocha avec adresse et élégance. Ce qui n'a pas échappé aux amateurs de disciplines équestres venus toujours en très grand nombre à Tarbes. Leur méthode de travail consiste à ne pas insister une fois le résultat obtenu. « Si nos chevaux réalisent bien les figures en spectacles après on ne les touche plus, on les déréglerait. On n'insiste pas et puis les figures leur coutent physiquement alors on les économise ». Fait unique, elles sont invitées à présenter leur spectacle au SICAB cette année en Espagne, terres de la Doma Vaquera. 

Kevin Ferreirane pratique plus la voltige cosaque tout seul depuis qu'il s'est constitué une compagnie qui porte son nom aux côtés de Yahn Dallo, Baptiste Sales, Lilou Noris et Thomas le Groigne l'acrobate du groupe. Moments de voltige spectaculaires en particulier lorsque Kevin est passé sous le ventre non pas d'un cheval mais de deux à la fois ! Un moment à couper le souffle...

La Nuit des Créations a quant à elle révélé Nuno, un tout jeune nouveau talent. Le fils de Benjamin et Magali Aillaud a déjà une belle et forte personnalité et décrit avec une grande connaissance ses chevaux. Il gère le caractère de sa cavalerie en piste car bien que ceux-ci soient dressés par ses parents, ils ne manquent pas de tester le jeune dresseur par des incartades qu'il maîtrise avec tact et douceur. « Je connais les chevaux, qui se déplacent et ne se remettent pas à leur place rapidement dans un ordre dispersé », livre-t-il avec déjà beaucoup de professionnalisme, « mais le public trouve cela artistique ». Et il est vrai que le numéro se vit comme une belle parenthèse équestre.