Anthony Hordé : « On est médaillé d'or pour l'esprit d'équipe »
lundi 09 septembre 2019

Anthony Hordé
Anthony Hordé, médaillé de bronze par équipe lors des derniers championnats d'Europe, revient sur la compétition et parle d'avenir © Scoopdyga

Anthony Hordé, meneur de l’équipe de France, revient championnat d'Europe d'attelage à 4, où les Tricolores obtiennent la médaille de bronze par équipe. Quelques semaines seulement après cette échéance continentale, il pense déjà au championnat du monde 2020.

Comment s’est déroulée l'organisation du championnat d’Europe à Donaueschingen ?

Nickel, ils sont rôdés pour accueillir du monde, il y avait 45 concurrents ! La soirée des nations a permis de renouer des liens avec les étrangers, l'ambiance était sympa. Entre nous, l'esprit d'équipe est parfait et ce dans les « trois cercles » : ma famille, les grooms, le cuisinier, puis autour avec les meneurs et enfin avec le staff fédéral. Quand nous mangeons ensemble, nous sommes 35, tout le monde se connaît et cela se ressent : on s'entraide en concours, et ce toute l'année... C'est indispensable et c'est une clé de la réussite.

Comment s'est déroulé le dressage ?

Avant même cela, la visite vétérinaire avait choqué en éliminant une Allemande. En dressage, je pars en tête. Si nous sommes d'accord sur la place des chevaux, c'est compliqué pour moi qui en ai perdu un de coliques il y a six semaines mais je fais une reprise sans faute et à mon niveau. Les notes disent qu'elle manquait un peu d'expression, ce qui est décevant. Je sens que les volées sont au point mais les timoniers restent un peu au-dessus de la main... Il est certain que nous avons manqué de temps juste avant. Pour passer à 9h30, je les ai sortis à l'aube, à 6h, travaillé un par un puis en paire mais vu la distance, il a fallu atteler à 4 un peu tôt... Je ne cherche pas d'excuse, je suis à mon niveau, mais il fallait faire mieux !

Parle-nous du marathon.

Pour le marathon, une de mes volées ayant mal au dos, nous avons changé d’organisation pour éviter tout risque. J’ai travaillé le cheval en question la veille au soir et j’ai remis le quatuor comme à Aix-la- Chapelle où la France est sortie 2e. Je pars en tête des Français et dans les obstacles je choisis les options larges, roulantes, pour aller plus vite ce qui s’avère être une bonne idée. Je passe ensuite les informations à mes camarades et je suis Thibault à vélo sur son marathon, Félix, le coach, accompagnant Benjamin de son côté. On parle beaucoup et cette communication nous rend plus sereins. Après le marathon nous restons à quelques points des premiers, donc assez confiants. Nous sommes des gagneurs, donc un peu agacés d'avoir réalisé un bon marathon sans battre les Allemands ni les Belges comme on a su le faire en cours d'année. Bref on est insatisfaits !

Un mot sur la maniabilité, dernière épreuve ?

A la maniabilité, je sors avec une balle dans le temps, ce qui est correct. Cela me permet de passer les informations sur les risques à Thibault et Ben pour éviter de forcer sur le galop, de simplement trotter vite pour être sans-faute dans le temps. Thibault est excellent et Ben pas mal. Nous finissons en bronze, à une balle de l'argent.

Quelle a été la différence avec le championnat d'Europe à Göteborg en 2017 ?

On partage toutes les informations, les impressions, on débriefe en donnant notre avis sur le comportement de l'autre et réciproquement. Nos échanges sont hyper précis et l'organisation l’est aussi. On est médaillé d'or pour l'esprit d'équipe ! 

Comment vois-tu l'avenir ?

Je suis déjà branché sur le championnat du monde 2020 même si nous sommes épuisés par six mois de compétition car il a fallu tenir la ferme en parallèle tout en travaillant les sept chevaux présents à la maison. Le rythme est rude : l’hiver, nous avons un stage à Lamotte-Beuvron par mois et depuis mars un concours toutes les trois semaines. Nous nous donnons tous à fond, que ce soit les meneurs, la famille, le staff...  Toutefois c'est le bon rythme car on reste dans le coup de la compétition et on a donc moins peur. Les chevaux aussi se souviennent, ils sont moins émotifs sur un site inconnu. Avant certains refusaient de manger, d'autres étaient trop chauds en concours, mais maintenant ils se routinent sur ce rythme : deux semaines à la maison et une semaine au loin. Ils travaillent mieux, ils sont en place.

Avec Carole, mon épouse, nous sommes d'accord pour continuer, même sans propriétaire sponsor. C'est difficile mais on apprécie une certaine liberté. Maintenant que nous avons acheté cinq chevaux, on est calés. On va peut-être acquérir un 5 ans, et affiner entre meneurs, par exemple échanger nos chevaux pour comprendre ce que l'autre ressent avec eux et regarder les embouchures d'un oeil neuf... Tout ça dans le but de progresser !