Herning 2022 : Charlotte Fry et Glamourdale prennent leur revanche et sont sacrés champions du monde
lundi 08 août 2022

Charlotte Fry et Glamourdale, ici lors des championnats du monde de Herning
Charlotte Fry et Glamourdale, ici lors des championnats du monde de Herning © FEI/Leanjo de Koster

Elle l’a fait. Ce lundi, dans le Stutteri Ask Stadium de Herning et à seulement vingt-six ans, Charlotte Fry s’est offert le titre de championne du monde grâce à son puissant Glamourdale, volant de la plus belle des manières la vedette à la grande favorite de ces championnats, Cathrine Dufour. Retour sur une époustouflante victoire, qui restera très certainement dans les mémoires.

Charlotte Fry l’avait annoncé dès hier soir : après être passée, pour seulement quelques dixièmes de points, à côté d’une victoire collective à l’issue du Grand Prix, elle comptait bien prendre sa revanche dans le Grand Prix Spécial. « Il y avait quelques petites choses à améliorer dans ma reprise aujourd’hui, et je compte bien rectifier cela demain ! », avait-elle déclaré. Elle l’a dit, et elle l’a fait. Ce lundi, au cœur du Stutteri Ask Stadium de Herning, la Britannique de seulement vingt-six ans a déroulé ce qui est très certainement la plus belle reprise de sa vie, toujours en selle sur son impressionnant Glamourdale (Lord Leatherdale). De superbes allongements au trot, une rectitude dans le pas comme on en voit rarement, des appuyers avec une amplitude absolument époustouflante, des changements de pieds frôlant la perfection (pour lesquels le couple a été récompensé par la note de 9.7) et des allongements au galop qui eux, l’ont atteinte (9.9)… Une véritable démonstration. Voilà comment on pourrait qualifier la reprise de Charlotte Fry et Glamourdale, notée à 82.508%. Si, la veille, la seule ombre au tableau du couple était ses pirouettes au galop, un peu moins qualitatives que le reste des mouvements de la reprise car un peu trop serrées – et qui lui ont certainement coûté la victoire –, la cavalière mais aussi toute son équipe n’avaient aujourd’hui qu’une idée en tête : ne surtout pas les rater. « Mon coach n’a pas fermé l’œil de la nuit à cause de cela. Elle n’a fait que chercher une solution pour les améliorer », confiait Charlotte Fry. Et finalement, la solution tant attendue est venue de… Isabell Werth. « Elle m’a donné des conseils pour que je les améliore. C’est tellement gentil de sa part… Isabell est mon idole depuis que j’ai cinq ans et si mes pirouettes étaient bien mieux aujourd’hui, c’est notamment grâce à elle. C’est incroyable », a-t-elle ajouté, indéniablement émue. Un conseil que la cavalière n’est assurément pas prête d’oublier et à qui elle doit, au moins un tout peu, sa superbe médaille d’or. Bien sûr, elle la doit également à son puissant étalon de onze ans, qui a assurément laissé sans voix plus d’un spectateur. « Il n’a absolument aucune limite. Il est unique, je n’ai jamais monté un tel cheval, avec un tel galop, un tel passage, un tel trot… Tout est hors du commun chez lui. Aujourd’hui, en piste, j’ai eu des sensations que je n’avais encore jamais eues auparavant. Nous avons déjà connu de très belles victoires ensemble, comme celle du championnat du monde des sept ans, mais jamais je n’aurais cru qu’un jour, nous allions être sacrés champions du monde, et encore moins seulement quatre ans après », a tenu à souligner Charlotte Fry.

La reine Cathrine Dufour détrônée

Si la jeune britannique a, ce soir, été sacrée championne du monde, cela signifie qu’elle a bel et bien détrôné la grande favorite de cette échéance, Cathrine Dufour. Il faut dire que, aujourd’hui encore, entre les reprises des deux cavalières, il n’y avait pas photo. Glamourdale a assurément une prestance, un charisme et des allures qui ne laissent pas indifférent. Si, évidemment, la reprise du duo danois était de nouveau d’une grande justesse, elle a également été entachée de deux fautes lors des changements de pieds aux deux temps, qui ont inévitablement fait baisser la moyenne et réduit l’avance qu’il pouvait avoir. Avec un total de 81.322%, Cathrine Dufour et son Vamos Amigos ont donc du se contenter de l’argent, contrairement à ce qu’annonçaient toutes les prédictions. Nul doute que la numéro deux mondial aurait préféré l’or, mais elle s’est tout de même dit satisfaite de sa reprise du jour. « Je suis vraiment fière de Vamos. J’ai eu de meilleures sensations qu’hier, nous étions vraiment connectés. Bien sûr, il y a eu ces petites fautes dans les changements de pieds aux deux temps, mais c’est le sport. Malgré tout, il a encore été fantastique aujourd’hui en piste », assurait-elle après avoir reçu sa médaille. En argent aujourd’hui, Cathrine Dufour a encore une chance d’être sacrée championne du monde lors de la Reprise libre en musique, mercredi soir. Y parviendra-t-elle ? Ou sera-t-elle de nouveau détrônée par l’impressionnant duo britannique ? Suspense.

La jeunesse aux commandes

Déjà troisième du Grand Prix hier, la Néerlandaise Dinja van Liere a réitéré cette belle performance ce lundi et s’est donc offert le bronze grâce à son énergique Hermès (Easy Game) et une reprise plus que correcte notée à 79.407%. « J’aurais aimé passer la barre des 80% », a déclaré la cavalière en riant. « Mais Hermès est encore très jeune, il n’a que neuf ans, et il était un peu impressionné par cette piste dans ce grand stade. Il a d’ailleurs eu peur deux fois aujourd’hui. Malgré tout, il a réussi à se reconcentrer très vite et nous avons réussi à dérouler une reprise sans grosse faute. Je suis très heureuse de cela. Il est si jeune et si talentueux… », confiait la cavalière de trente-deux ans.

D’ailleurs, arrêtons-nous un instant sur l’âge des chevaux médaillés ce lundi : les deux premiers sont âgés de onze ans, et le troisième de seulement neuf ans. Si jeunes et pourtant si talentueux, les trois bais ont prouvé qu’ils faisaient partie des meilleurs de leur génération. Et que dire des jeunes femmes qui occupent ce premier podium individuel : à vingt-six, trente et trente-deux ans, Charlotte Fry, Cathrine Dufour et Dinja van Liere ont elle aussi prouvé que la nouvelle génération de dresseurs ne manquait définitivement ni de talent ni d’ambition.

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