Herning 2022 : La France bien lancée, Julien Epaillard en tête
mercredi 10 août 2022

Julien Epaillard et Caracole de la Roque figurent en tête en individuel après la première épreuve
Julien Epaillard et Caracole de la Roque figurent en tête en individuel après la première épreuve © FEI/Leanjo de Koster

Ce mercredi sonnait le début des épreuves de saut d'obstacles aux championnats du monde de Herning (Danemark), avec la chasse. L'équipe de France, composée dans l'ordre de départ de Simon Delestre, Grégory Cottard, Julien Epaillard et Kévin Staut, pointe ce soir en deuxième position (encore très provisoire) du classement, tandis que Julien Epaillard mène la danse en individuel.

C'est une très bonne entrée en matière pour l'équipe de France de saut d'obstacles, même si une ombre est venue assombrir le tableau des Bleus. Comme il est de coutume pour un championnat, les cent trois couples engagés avaient rendez-vous pour l'épreuve de vitesse, surnommée la chasse. Celle-ci se court au barème C et chaque barre renversée ne coûte donc pas quatre points mais quatre secondes supplémentaires au chronomètre. Sur ce parcours tracé par le chef de piste néerlandais Louis Konickx, les couples avaient fort à faire. Aux oubliettes l'épreuve de vitesse à 1,45 ou 1,50 mètre avec une nuée d'options et des courbes extrêmement serrés. Sur la grande piste du Stutteri Ask Stadium, le parcours est fluide... et massif, comme l'explique Simon Delestre. « Cette année, elle est déjà à 1,55 mètre donc c’est vraiment une belle hauteur, ce qui donne un peu de balance entre la vitesse et la hauteur, de ne pas aller "full gas" comme on dit dans notre jargon. Le parcours est magnifiquement construit, c’est vraiment le mix entre pouvoir quand même galoper un peu mais avoir à prendre soin de chaque saut. Notre sport aujourd’hui tend vers ça, des chevaux qui sont naturellement rapides et pas des options quasi infaisables et un peu "casse-pattes" où ceux qui passent un peu avec de la chance vont être devant. »

Pour lui d'ailleurs, qui faisait office d'ouvreur de l'équipe de France, c'est une première étape réussie dans ce championnat, dont la route est encore longue. Sur Cayman Jolly Jumper (Hickstead), il boucle un parcours sans pénalité dans un chronomètre de 84.93 secondes. Pour lui, l'objectif était de ne pas manquer son entrée en matière, qui est toujours « la partie la plus délicate pour Cayman. C'est une bonne chose de pouvoir l'avoir relâché comme il l'était aujourd'hui, mais avec cette qualité de saut ». Au moment de son interview, le Lorrain espérait être « dans les quinze premiers » au classement provisoire. Mais la concurrence relevée le laisse au vingt-sixième rang (2.93 points).

Le leader justement, ce soir, est Français ! Si on vous dit "vitesse", à qui pensez-vous ? Oui, vous pensez forcément à Julien Epaillard. Le Tricolore n'a pas failli à sa réputation et s'est installé en tête du classement individuel grâce au parcours le plus rapide de ces six heures d'épreuve avec Caracole de la Roque (Zandor Z). « J'espère ne pas l’avoir trop mise à plat, mais je n’ai pas eu ce sentiment là », faisait-il savoir juste après son parcours. « Elle a vraiment gardé sa qualité de saut jusqu’à la fin. J’ai eu un petit sursis sur la spa quand même (en entrée de double et qui a provoqué beaucoup de fautes, ndlr), où j’ai vraiment pris un gros risque, je suis venu très en biais. » Fort heureusement, la prise de risque a payé et le Normand se permet même de lancer avec ironie : « J’ai fait mon boulot aujourd’hui, je pense que mon sport va compter ! ». Avant de reprendre son sérieux : « J’espère qu’il comptera les autres jours aussi ! Le sentiment est bon, la jument saute bien, elle a l’air vraiment en forme. Maintenant ce n’est que le début, il y a encore beaucoup de boulot, encore deux manches par équipe. C’est surtout l’équipe qui est importante avec une jument de dix ans. Donc on va déjà essayer de faire le boulot par équipes. »

L'équipe semble pouvoir également compter sur une Bibici (Norman Pré Noir) très en forme. Sous la selle de Grégory Cottard, la jument grise a montré une belle énergie, bien utilisée, et une qualité de saut qui rassure. Même sur la rivière, sur laquelle le couple avait fauté à Rotterdam et Barcelone, et que Grégory Cottard redoutait un peu. « Elle l’a sautée magnifiquement bien », assurait le cavalier. « J’ai fait sept foulées derrière au lieu d'en faire huit parce que je trouvais que c’était la sanctionner que de reprendre fort pour en faire une huitième.» C'est donc sans aucune barre renversée que le couple termine son parcours, mais avec tout de même un sursis dû à une petite touchette sur le dernier vertical. « À la reconnaissance, l’option était de neuf foulées tranquilles. Pas mal de chevaux qui ont fait huit foulées et Henk (Nooren, chef d'équipe, ndlr) au dernier passage au paddock m’a dit "Va chercher les huit foulées". Je l'ai fait et je me suis mis un petit peu en péril, mais la chance m’a sauvé la vie », reconnaissait-il en souriant. Ce soir, le Français termine l'épreuve au vingtième rang (2.51 points). 

Avec trois parcours sans pénalité et dans un bon chronomètre, la France était assurée de bien figurer au classement par équipes. Kévin Staut était le dernier cavalier tricolore à faire son entrée dans le stade, sur Viking d'la Rousserie (Quaprice Bois Margot). Malheureusement, son parcours s'arrêtera à l'obstacle numéro 5, un double vertical/oxer. Après avoir fait un saut à la trajectoire démesurée, l'alezan s'est retrouvé trop près du second élément et, en faisant un très gros effort pour le franchir, a désarçonné son cavalier, qui s'est retrouvé projeté au-dessus de sa selle, faisant au passage se décrocher ses étriers. La compétition individuelle est terminé pour le pilier de l'équipe de France, mais il pourra tout de même concourir demain et vendredi sur les épreuves comptant pour la compétition par équipes. Au classement de cette dernière d'ailleurs, la France pointe au deuxième rang, derrière les redoutables Suédois et devant les Belges. 

À regarder le classement individuel, l'ordre mondial est respecté. Derrière Julien Epaillard, on retrouve le Britannique Scott Brash avec Hello Jefferson (Cooper van de Heffinck), le Suisse Martin Fuchs sur Leone Jei (Baltic VDL), et les deux Suédois Peder Fredricson et Henrik von Eckermann, respectivement associés à H&M All In (Kashmir van Schuttershof) et King Edward (Edward 28). 

Demain, rendez-vous à partir de 13 heures pour la première manche de la compétition par équipes. 

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