Herning 2022 : Une dernière en or pour les voltigeurs français
mercredi 10 août 2022

Dorian Terrier, Lambert Leclezio, Louis Dumont, Quentin Jabet, Manon Moutinho et Jeanne Braun, longés par Corinne Bosshard et Loïc Devedu, s'offre...
Dorian Terrier, Lambert Leclezio, Louis Dumont, Quentin Jabet, Manon Moutinho et Jeanne Braun, longés par Corinne Bosshard et Loïc Devedu, s'offrent l'or mondial en Coupe des nations © Scoopdyga

Après avoir été sacrée championne du monde en individuel hommes et femmes, grâce à Lambert et Manon, mais aussi vice-championne du monde en en individuel hommes avec Quentin Jabet et dans l’épreuve par équipes, la voltige française a récolté une cinquième médaille mondiale : l’or en Coupe des nations.

Il y a des histoires qui rendent le sport encore plus beau, des performances qui concluent un chapitre d’une carrière extraordinaire. Aujourd’hui, le Jyske Bank Boxen accueillait la dernière épreuve de voltige de ces championnats du monde : la Coupe des nations. Chaque pays engagé doit y présenter trois programmes libres : deux individuels et un en équipe. En individuel, Davy Delaire, chef d’équipe tricolore, avait choisi Manon Moutinho et Lambert Leclezio. Les deux voltigeurs français y vivaient d’ailleurs leurs derniers tours de piste avant de prendre leur retraite sportive. Toute de blanc vêtue, et toujours accompagnée de Saïtiri (Santorin II) et Corinne Bosshard, Manon a une fois de plus livré une magnifique prestation, malgré la fatigue accumulée sur ces derniers jours, et lançait parfaitement la France avec une note de 8.882 points, dont trois notes techniques (sur quatre) et une note artistique (sur deux) au-delà de 9. À ce moment de la compétition déjà, la France s’affichait en tête. « On a eu une journée de repos hier et après les médailles qu’on a eues, où on est monté très haut dans les émotions, il fallait redescendre sur terre et se remotiver aujourd’hui, se remettre dedans », expliquait Manon, qui a en plus été victime d’une blessure au genou trois jours avant de prendre la route pour le Danemark. « Au-delà du physique, ce n’était pas non plus très confortable psychologiquement. » Mais il en fallait visiblement plus pour déstabiliser la Française, qui a réalisé un Mondial exceptionnel et marqué le sport de son empreinte. 

D’un record à l’autre

Après Manon, c’était à Lambert Leclezio de présenter son programme libre une dernière fois. S’il n’avait pas décidé de raccrocher les chaussons, on aurait pu se demander où s’arrêterait sa limite. Deux jours après avoir établi un nouveau record historique, avec la note de 9.567, le Français a de nouveau élevé davantage son niveau, en récoltant ce mercredi un canonique 9.655. Aux notes artistiques parfaites (10 sur les deux juges) s’ajoutent des notes techniques exceptionnelles, toutes supérieures à 9.767 et un Estado*IFCE (Spielberg), longé par Loïc Devedu, encore meilleur que sur les passages précédents (8.8 et 8.9). Le clan français exulte, Lambert lui-même ne semble pas y croire, et la France prend une avance confortable sur la concurrence, d’environ 0.6 point. Même si rien n’est jamais gagné d’avance, on se dit qu’il faudrait un drame pour que l’or leur échappe. 

Ne restait alors plus qu’à l’équipe de présenter son programme libre. Alors que les Bleus s’échauffent, leurs rivaux allemands entrent en piste mais, a contrario du championnat par équipes, tombent. Le coup est dur pour ces géants de la discipline, qui se voient contraint à la médaille en chocolat. La route est tracée pour la France, mais reste semée d’embuches. Un déséquilibre en début de programme entraîne la chute de Manon, qui parvient à remonter rapidement alors que Lambert venait de prendre place derrière le surfaix. Au moment où Louis Dumont et Dorian Terrier rejoignent Lambert, que Manon venait de quitter, Londontime (Londonderry) - visiblement un peu fatiguée - repasse au trot sur quelques foulées, sans heureusement perturber les voltigeurs, qui continuent de se mettre en place pour le premier porté de la jeune Jeanne Braun, quatorze ans. Au bout de la longe, Corinne Bosshard fait son maximum pour garder la jument dans le bon tempo, faisant de temps à autre virevolter la chambrière. Heureusement, les trois derniers quarts du programme se dérouleront sans faute majeure. Une fois tout le monde au sol, vient l’interminable attente des résultats. Les Bleus s’installent sur le kiss and cry, se tiennent bras dessus, bras dessous et attendent. Une minute… puis deux… au bout de trois minutes, les résultats du programme tombent : 8.938. C’est forcément gagné, puisque les Danois - alors en tête au provisoire - bénéficient d’une moyenne générale d’un peu plus de 8.6 points. Mais le clan français ne bouge pas et attend de voir le classement général s’afficher pour sauter de joie. La France l’emporte (9.146) et récolte sa cinquième médaille, la troisième en or, et le titre de champion du monde de Coupe des nations qui va avec. « On avait dit qu’on ne leur laisserait pas celle là ! », plaisantait Quentin Jabet. « Je pense qu’on a vraiment fait une très belle Coupe des nations. On a tous été là en tout cas sur l’équipe les uns pour les autres et je pense qu’on s’est tous entraidés à chaque moment. On a beaucoup parlé à cheval pour se soutenir les uns les autres et c’est ce qui a fait qu’on a réussi à tenir jusqu’à la fin le programme et ne pas lâcher l’or qu’on avait sous les doigts », affirmait le quadruple champion du monde individuel, Lambert Leclezio. Maintenant, place aux célébrations… et il serait mentir que de dire qu’elles ne sont pas mérités. 

Retrouvez très vite la réaction du chef d'équipe, Davy Delaire. 

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