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Andrew Hoy, secrets d’une longévité exemplaire
jeudi 27 janvier 2022

Andrew Hoy et Vassily de Lassos, ici sur le cross des Jeux Olympiques de Tokyo
Andrew Hoy et Vassily de Lassos, ici sur le cross des Jeux Olympiques de Tokyo © Scoopdyga

À soixante-deux ans, Andrew Hoy décrochait l’été dernier à Tokyo les cinq et sixième médailles olympiques de sa carrière avec son Anglo-Arabe Vassily de Lassos. Une longévité au plus haut niveau qui impressionne et forge le respect. Rencontré à Genève, où il participait à son tout premier cross indoor, l’Australien s’est livré sur le concours complet dans son pays, son rapport avec ses chevaux ou encore l’évolution de son sport. Un entretien à découvrir dans le numéro 402 de L'Eperon Hebdo.

Il fait partie des légendes de sa discipline, mais c’est en toute simplicité que nous avons rencontré le complétiste australien Andrew Hoy. Présent à Genève pour courir le tout premier cross indoor de sa longue carrière, il y était venu pour relever un nouveau défi. « C’est toujours important de se faire de nouvelles expériences, et ce à tout âge de notre vie ! J’en sortirai grandi et plus sage », s’amusait-il. Il faut dire que la soif d’apprendre, c’est un peu ce qui définit cet homme, comme il nous l’a fait comprendre tout au long de notre interview. C’est peut-être cette capacité à se remettre en question qui lui a permis d’ajouter deux nouvelles médailles à sa collection à l’occasion des derniers Jeux Olympiques de Tokyo : l’argent par équipe et le bronze individuel, toutes deux récoltées avec Vassily de Lassos (Jaguar Mail).

Des récompenses dont il ne se lasse pas. « Une médaille olympique apporte toujours un sentiment et une excitation particuliers. Plus je gagne des médailles aussi importantes, plus j’ai conscience de leur valeur et du travail effectué pour les obtenir. Quand vous avez une carrière aussi longue que la mienne, ça joue aussi sur le mental, se dire qu’on est encore capable de le faire », confie-t-il. De ces moments passés sur les plus beaux podiums, Andrew Hoy ne regrette qu’une chose : ne pas pouvoir inviter tous les membres de son équipe, qui travaillent avec lui au quotidien, à monter sur la marche. « Le succès n’est pas uniquement le mien. Je suis le sommet de l’iceberg, celui qu’on voit sur le terrain et qui fait la performance, mais chaque réussite ne peut arriver sans beaucoup de travail et un soutien indéfectible de toute l’équipe qui vous entoure », insiste le complétiste. 

Né à Culcairn, dans le sud de l’Australie, Andrew Hoy s’est installé en Grande-Bretagne en 1978 pour poursuivre ses rêves sportifs. Un déménagement indispensable selon lui, pour les cavaliers australiens qui aspirent au haut niveau. « Je suis venu en Europe parce que je voulais savoir où je me situais par rapport à la concurrence. Vous pouvez le faire depuis l’Australie, mais si vous voulez une réelle évaluation, que vous voulez être numéro un mondial, vous devez être en Europe parce que les meilleurs cavaliers mondiaux sont ici », explique-t-il. Et d’ajouter en riant : « L’Australie est un endroit fantastique pour plein d’autres choses. Croyez-moi, je ne suis pas venu en Europe pour la météo ! »

S’adapter pour exister

En quarante-deux ans de carrière, il a vu son sport changer, « et pour le mieux », selon lui. Au cours de notre conversation, nous avons évidemment abordé la question du nouveau format olympique, qui fait encore débat. « Si nous étions restés sur ce modèle que j’ai connu au début de ma carrière, avec les steeple chase, les routiers… le concours complet ne serait déjà plus un sport olympique. Nous devons sans cesse nous adapter, c’est indispensable. Cette exposition médiatique est extrêmement importante pour nous. Les Jeux nous donnent accès à des financements qui émanent des fédérations nationales, du gouvernement de votre pays, qui veut que vous performiez. Si notre sport était retiré du mouvement olympique, ça serait catastrophique. » L’Australien reconnaît cependant avec honnêteté que la première édition du format à trois couples s’est très bien passée pour l’Australie et pour lui, et que son opinion aurait peut-être été différente si ces Jeux ne s’étaient pas terminés par deux médailles.

Pour Andrew Hoy, la nécessité de l’adaptation de son sport aux évolutions de la société est indispensable au-delà du spectre des Jeux Olympiques. « Les sports équestres appartiennent à l’industrie du divertissement. Ce que les gens veulent, c’est du beau sport. Il faut des règles faciles à comprendre, pour savoir immédiatement qui a gagné, et l’évènement ne doit pas durer trop longtemps » pour capter au maximum l’attention du public. « Ces paramètres sont vitaux pour notre sport. » Le complétiste porte une vision d’ensemble sur l’attrait des sports équestres, estimant que tous les paramètres ne sont pas réunis pour faciliter leur diffusion à un public plus large.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 402 de L'Eperon Hebdo (paru le 26 janvier 2022), disponible sur notre boutique en ligne.