Boekelo, Avenches ou Montelibretti : qui décrochera les Europes de concours complet ?
mardi 16 février 2021

Ingrid Klimke et SAP Hale Bob, champions d'Europe en titre, ici lors de l'édition 2019, à Luhmühlen
Ingrid Klimke et SAP Hale Bob, champions d'Europe en titre, ici lors de l'édition 2019, à Luhmühlen © DR/Oliver Hardt/Getty Images for FEI

Si en saut d’obstacles et en dressage, les championnats d’Europe 2021 ont été ré-attribués il y a de cela plusieurs mois, en concours complet, trois sites sont encore en concurrence pour accueillir l’échéance européenne : Avenches, Boekelo et Montelibretti. Nous avons demandé leur avis à divers membres de l’équipe de France et du staff, avant que la FEI ne rende son verdict en mars prochain.

Alors que la FEI annonçait fin octobre dernier la tenue, malgré le report d’un an des Jeux olympiques de Tokyo, de championnats d’Europe en saut d’obstacles et dressage par voie de communiqué, le monde du concours complet s’étonnait d’être laissé de côté. Suite à cette décision, le multi-médaillé Michael Jung prenait la parole via ses réseaux sociaux et sommait la FEI d’étudier la candidature d’Avenches, en Suisse, dont il disait les organisateurs prêts à prendre en charge un tel événement en 2021. Largement relayées par bon nombre de cavaliers de la discipline, y compris français, ses doléances sont remontées jusqu’aux oreilles de l’institution, qui a décidé en décembre dernier de rouvrir l’appel à candidatures. 

Boekelo, grand favori ?

Dans le clan tricolore, cavaliers et membres du staff sont unanimes quant à l’initiative d’Avenches d’avoir remis sur la table la question des prochains championnats d’Europe. « Ils étaient les premiers à se relancer dans la course. Rien que pour ça, on peut les remercier, affirme Gwendolen Fer. Ils ont permis à d’autres concours de se greffer au projet. C’est grâce à eux qu’on aura ces championnats. » Effectivement, depuis, deux autres sites se sont manifestés pour organiser l’événement continental : Boekelo, aux Pays-Bas, et Montelibretti, en Italie. C’est donc entre ces trois sites que la FEI devra trancher. L'institution devrait rendre son verdict en mars prochain et sceller le sort de l’édition 2021. 
Bien qu’ils ne se soient pas concertés par la FEI sur leur préférence, au grand dam de Thomas Carlile, les cavaliers ont dans l’ensemble un penchant pour le site néerlandais, qui a l’habitude d’organiser des évènements de cette envergure. « C’est un concours assez mythique qui organise tous les ans la finale de la Coupe des nations, et qui n’a - que je sache - jamais organisé un championnat, souligne le cavalier de Birmane. C’est vraiment un incontournable pour tous les cavaliers basés en Europe et ce n’est pas qu’un gros événement sportif, mais une fête qui attire des foules très importantes. » Certes pour 2021, le contexte sanitaire obligera probablement à oublier le concept de foule, mais Boekelo a bien d’autres atouts à mettre en avant. « Sur l’aspect topographique, les trois terrains se valent puisqu’ils sont tous relativement plats, mais au niveau de la qualité de sol, l’avantage est pour Boekelo, estime Thomas Carlile. C’est un terrain sur lequel on est sûr d’avoir du souple, voire du lourd. On sait qu’il ne sera pas dur. » 
Pour le DTN adjoint de la discipline, Michel Asseray, le choix semble plus difficile. S’il reconnaît que Avenches « mériterait de les avoir, ne serait-ce que pour avoir rouvert le dossier », il ne cache pas que Boekelo « est un si beau terrain qu’on s’imagine y faire les Europes ». Quant à Montelibretti, il estime que le terrain est tout aussi beau que celui de ses deux concurrents et qu’il peut tout à fait avoir sa chance. 

Du côté des Bleus

Si les suppositions et divers pronostics vont bon train pour le choix du terrain, il en va de même pour les éventuels participants - surtout français - à ces championnats d’Europe. Alors que la saison redémarrera officiellement à Saumur à l’occasion du Grand National à la fin du mois de février, Thierry Touzaint compte tellement de bons soldats dans ses rangs que la sélection est loin d’être faite, surtout en cette année inédite qui ne comptera non pas un, mais deux championnats. « On se prépare d’abord pour les Jeux olympiques, avec un groupe de treize (couples, ndlr), ce qui est quand même assez large. Il y aura peut-être un couple qui n’est pas de ceux-là qui ira aux championnats d’Europe », confie Michel Asseray. Quoiqu’il en soit, hors de question de présenter une équipe “au rabais” pour l’événement continental, comme l’explique la DTN Sophie Dubourg. « Les Europes restent difficiles et sont un vrai championnat. Il y aura des nations fortes qui n’auront pas été qualifiées aux Jeux (et qui vont tout miser sur les championnats d’Europe, ndlr). On ne va pas envoyer un couple non aguerri ou fragile aux Europes. L’idée n’est pas d’aller les casser ou les écoeurer là-bas, mais c’est bien de décrocher une médaille. »

Sur tous les fronts

Si la liste JOP Tokyo 2021 donne un bel aperçu des couples pouvant prétendre à l’une ou l’autre de ces échéances, certains envisagent d’ajouter d’autres cordes à leur arc. C’est notamment le cas de Thomas Carlile, très bien placé pour gagner un voyage au Japon après une saison irréprochable l’année dernière avec Birmane. Lui « ose espérer avoir un deuxième cheval intéressant pour le championnat d’Europe » mais reconnaît qu’il va falloir mettre les bouchées doubles dès l’entame de la saison pour préparer au mieux et qualifier un maximum de chevaux. Dans son piquet (fort bien fourni !), il estime que Zanzibar Villa Rose, Cadet de Béliard et Bary Louvo sont trois chevaux « qui sont quasiment au niveau et qui pourraient être prêts pour une échéance européenne ». 

Rendez-vous est donné dès la semaine prochaine pour la reprise de la saison, avec en entame, le Grand National de Saumur. 

Retrouvez les couples inscrits sur la liste JOP Tokyo 2021 en cliquant ici