Bonne retraite Blyth Tait !
jeudi 12 mars 2020

Blyth Tait
Blyth Tait © FEI/Liz Gregg

Monument du concours complet international, star néo-zélandaise qui a partagé les plus belles performances des Kiwis aux côtés de Mark Todd, Blyth Tait annonce prendre sa retraite de la compétition à l’âge de 58 ans.

L’an passé Blyth Tait envisageait un retour possible au plus haut niveau par équipe à l’occasion des Jeux de Tokyo. Malheureusement, les résultats -discrets- accumulés ne permettent pas de prétendre à une sélection, et à 58 ans, le complétiste néo-zélandais estime que le moment est venu de se retirer : « La probabilité que je traverse de nouveau les océans pour concourir est mince, je suis très heureux de céder les rênes aux cavaliers plus jeunes. Je les soutiens pleinement, ils ont un bel avenir et font preuve de beaucoup de talent ». Après s’être retiré des terrains de concours une première fois entre 2005 et 2011, la dernière grosse échéance à laquelle il a participé restera ainsi les JEM de Tryon.

Fils d’un entraineur de chevaux de course, Blyth Tait a le cheval dans la peau dès son plus jeune âge. En 1992, à 31 ans, il accède à la place de n°1 mondial, devant Mark Todd. Une position qu’il a occupé pendant une décennie : le sommet de sa carrière ! Cette année là, il reviendra des Jeux Olympiques de Barcelone avec deux médailles : le bronze individuel et l’argent par équipe. Quatre ans plus tard, à Atlanta, Blyth ajoute deux breloques à son palmarès, dont l’or olympique individuel. Avec quatre médailles glanées aux Jeux, il fait partie des athlètes néo-zélandais les plus titrés de l’histoire. Parmi ses précieux souvenirs, Blyth ne peut s’empêcher d’évoquer son rôle de porte-drapeau à Sydney en 2000, ou encore ses deux victoires dans le mythique 4* de Burghley. Ses victoires en championnat du monde tiennent également une place importante. « Gagner le championnat du monde de Stockholm pour une première participation était complètement surréaliste », se souvient-il. « Je débarquais sur la scène internationale, avec un cheval (Messiah, ndlr) sorti de nul part. C’était le rêve de tout athlète d’y participer, s’y imposer était la cerise sur le gâteau ». Huit ans plus tard, l’infatigable compétiteur s’impose de nouveau lors de l’échéance mondiale. La même victoire, mais une saveur différente : « L'emporter à Rome était encore plus satisfaisant : je savais l’investissement qu’il fallait pour y parvenir et je réalisais à quel point c’était énorme. Ces deux victoires mondiales ont été très importante dans ma carrière car elle m’ont permis de me professionnaliser »

Loin d’abandonner les chevaux, et l’amour viscéral qu’il leur porte, Blyth compte continuer à participer à des épreuves de saut d’obstacles, pour le plaisir : « Je ne me mets plus de contraintes. Je concours pour m’amuser. En d’autres termes, s’il pleut, je rentre chez moi (rires). »

A la fédération néo-zélandaise, on ne peut que louer le rôle de Blyth dans le développement du sport. « Il a été un ambassadeur fantastique. Après ses premiers succès, il a toujours été disposé à donner encore plus pour ce sport. Il s’est impliqué dans d’autres aspects que son rôle de compétiteur, tenant notamment le rôle de chef d’équipe national après les JO d’Athènes en 2004 et est désormais un concepteur de parcours de cross respecté », explique Warrick Allan, patron actuel des Kiwis. « Nous sommes extrêmement chanceux d’avoir un homme avec autant d’expérience qui transmette ses connaissances aux autres. » Après celle de Mark Todd, la retraite de Blyth Tait sonne comme la fin d’une époque pour le complet néo-zélandais, qui peut s’appuyer sur des racines solides et une histoire fructueuse pour continuer à évoluer.