CCIO 4*S : Un « super plateau », selon le juge James Rooney
vendredi 14 août 2020

Thibaut Vallette et Qing du Briot*IFCE au CCIO 4*S Le Grand Complet 2020
Thibaut Vallette et Qing du Briot*IFCE, 5èmes ex-aequo en 26,6 © Eric Knoll

Quoi de mieux pour conclure deux journées de dressage au Grand Complet du Haras du Pin que de s’entretenir avec l’un des juges ? James Rooney fait partie de ceux qui ont noté les 93 partants du CCIO 4*S. Il décrypte ce qu’il y a vu.

James Rooney a passé ses deux dernières journées dans sa cabine placée en C. Le juge de dressage irlandais a vu défiler un par un les couples engagés dans le CCIO 4S*. « Nous avons un super plateau de cavaliers et de chevaux, des couples d’un niveau excellent avec divers médaillés d’or qui n’ont pas volé leur titre », concluait-il en tout début d’après-midi après le passage de la Néozélandaise Jonelle Price, dernière à dérouler sa reprise avec McLaren, l’ex-monture de Mark Todd (9ème avec 28,2 points).
Certains couples l’ont agréablement surpris, à l’instar de la Suédoise Therese Viklund sur Diabolique, créditées de 76,51% (3èmes avec 23,5 points). « Je ne la connais pas du tout et je ne sais pas d’où elle sort, mais elle nous a livré une superbe prestation », souligne-t-il. Et d’ajouter : « C’est une cavalière qu’il faut surveiller et qui pourrait avoir sa carte à jouer ce week-end. » En revanche, celui qui truste la pole position est bien connu de tous puisqu’il s’agit – sans grand étonnement – de Michael Jung, cette fois aux rênes de FischerChipmunk FRH. « Ils étaient indéniablement au-dessus du lot. Ils ont récolté 80% et ne doivent pas être loin des records. »
Mais comment fait Michael Jung pour presque systématiquement bien classer ses chevaux à l’issue du dressage ? « Son feeling, affirme James Rooney. Il ressent les choses à cheval, on sent qu’il est vraiment en harmonie avec eux et qu’ils sont à l’aise et sereins sous sa selle. Il arrive toujours à tirer le meilleur de ses chevaux. » En témoignent ses reprises avec FischerRocana FST, qui n’a pourtant pas des allures de rêve. « Il a réussi à la rendre très élastique. C’est la force de Michael. Même si ses chevaux ne sont pas des champions dans les allures, il parvient à développer chez eux une élasticité et une souplesse exemplaires. » 

Les Bleus à trois de front

Avec une première place au classement par équipes, les Bleus (Karim Laghouag/Triton Fontaine, Christopher Six/Totem de Brecey, Thibaut Vallette/Qing du Briot*IFCE et Thomas Carlile/Birmane) démarrent la compétition du bon pied et devancent de six points les Néerlandais, poursuivis par les Britanniques. En individuel, on assiste à un tir groupé de Thomas Carlile/Birmane, Thibaut Vallette/Qing du Briot*IFCE et Gwendolen Fer/Traumprinz. Un résultat qui n’étonne pas notre juge irlandais, qui estime que « les cavaliers français ont très bien monté leurs reprises. Après tout, la France est championne olympique (rires) ! Depuis quelques années, les Français déroulent des reprises de plus en plus propres et fluides et ça se voit dans leur note. Les écarts avec les nations phares du dressage se sont considérablement réduits. » 

Faire monter la note

À la différence d’un cheval destiné entièrement à la discipline du dressage, les juges n’attendent pas de ces triathlètes de piaffer ou d’enchainer les pirouettes au galop. « Le niveau d’engagement des postérieurs est différent : les chevaux de dressage sont très sous eux, ce qui n’est pas le cas des chevaux de complet, confirme le juge irlandais. Aussi, l’élévation est moindre chez un cheval de complet parce qu’on lui demande de se porter vers l’avant et non vers le haut. » L’autre secret pour s’approcher de la perfection, c’est la précision. « Votre cheval peut être dans la meilleure attitude du monde, si par exemple vous n’êtes pas parfaitement sur la ligne du milieu, vous allez perdre un peu de points parce que vous n’êtes pas exactement sur le bon tracé. »

Les résultats du dressage individuel : ici.
Les résultats du dressage par équipes : ici.