Covadys de Triaval, un pur produit francilien
dimanche 21 mars 2021

Covadys de Triaval
Covadys de Triaval © Eric Knoll

Début février, la FFE dévoilait les noms des 17 cavaliers et 20 chevaux figurant sur la première “Liste FFE JOP Paris 2024” en concours complet, destinée à être modifiée deux fois par an jusqu’à la sélection finale arrêtée en juin 2024. Rencontre avec Covadys de Triaval, piloté par Stanislas de Zuchowicz, vice-champion du monde de concours complet par équipe à Lexington en 2010.

La passion des gris

C’est au Haras de Triaval d’Achères la Forêt, à quinze kilomètres de Fontainebleau, que le ravissant hongre gris voit le jour le 24 avril 2012. Sa naisseuse Catherine Palmer le confie, elle entretient depuis toujours une passion pour les chevaux gris. Comme chaque année, le 5 septembre 2010, elle assiste aux Ventes Fences, notamment à la vente de service du Reverdy dont elle a soigneusement compulsé le catalogue. Deux poulinières, en raison de leur robe grise et de leur génétique - que le regretté docteur Pierre Pradier (décédé en 2013) qualifie d’extraordinaire -  éveillent particulièrement son intérêt. Il s’agit de Salsa du Reverdy (Canaletto et Diva du Reverdy x Quito de Baussy) et de Qaminska du Reverdy (Gin Tonic Star x Jalisco B), pleine de Cacao Courcelle. « Je n’y croyais pas moi-même, mais j’ai eu la chance de pouvoir acheter les deux », sourit Catherine Palmer. En 2012, le croisement entre Qaminska et L'Arc de Triomphe*Bois Margot Old (Landor S, Old) produit Covadys de Triaval. Lors du concours de foal, il n’est pas jugé comme le plus beau, mais décroche la meilleure note aux allures. A deux ans, lors d’une séance de saut en liberté, Covadys ne manifeste aucun intérêt pour le croisillon qui lui est proposé, mais franchit sans difficulté trois fois de suite la bande de rubalise à 1m50 qui limite l’espace dans le manège. L’année suivante, Nicolas Blondeau, qui anime un stage de débourrage organisé au Haras de Triaval par le SBSF, remarque l’intelligence et le tempérament de Covadys. Quelques mois plus tard, Henri Brugier, lors d’une séance d’obstacles pour jeunes chevaux, remarque à son tour le joli gris, qui franchit sans sourciller un oxer bas de 2.40m de large. A quatre ans, Covadys, toujours entier, est formé par Edouard Fiocre. 

Des débuts prometteurs 

En 2016, Stanislas de Zuchowicz, dont Catherine apprécie l’équitation, s’installe au Vaudoué, à quelques kilomètres d’Achères la Forêt. Après quelques séances de travail hebdomadaires sur place « qui auraient vite eu tendance à ressembler à un règlement de compte » confie Stanislas, l’éleveuse accepte de lui confier quelques chevaux au travail, dont Covadys, à condition qu’il soit castré. « Il était très viril et dominant.  A cette époque j’avoue ne pas avoir décelé chez lui des qualités exceptionnelles », se souvient le cavalier. Covadys, à vendre à l’époque pour le CSO, accomplit facilement seize sans faute sur dix sept parcours à cinq ans. Au cours de l’hiver, alors qu’il observe le cheval dans le miroir, Stanislas réalise qu’il a sans doute les atouts nécessaires pour le concours complet. Dès le printemps, Covadys fait ses armes en formation 3 (six ans B) à Fontainebleau avec une aisance surprenante. Quelques semaines plus tard, le tempérament de ce fils de l’Arc de Triomphe, réputé pour être parfois surprenant, s’exprime. « A Sandillon, je sors de la boîte de départ, et dix mètres plus loin, sur un demi tour, je me retrouve debout à côté de lui », sourit Stanislas qui se remet en selle et constate que le cheval se prend au jeu sur le cross. « Pour lui, c’était facile et instinctif. » La saison se conclut par une 5ème place lors de la finale des six ans avec la mention Excellent, que Covadys obtient également l’année suivante. Ce résultat encourageant incite Catherine Palmer à garder son cheval en vue du championnat du Monde des Jeunes Chevaux de 7 ans auquel Covadys participe effectivement en 2019.

La rencontre avec Edmond 

Stanislas de Zuchowicz l’affirme, « Covadys est d’une gentillesse absolue, mais ne sait pas toujours gérer son énergie débordante. J’ai clairement l’impression qu’il a trouvé son créneau. Encore faut-il qu’il soit dans son cadre pour être serein. En revanche, lors des premiers concours internationaux, il était en écume en dix minutes, ne mangeait ni ne buvait pendant la durée du concours et perdait 60 kg en quelques jours. Au Mondial du Lion, sa voisine de box anglaise passait son temps en dehors du box, Covadys était littéralement hystérique, mais cela ne l’a pas empêché d’être performant. Il n’était détendu que sous ma selle. » En 2020, lors d’un concours au Haras de Jardy, Stanislas demande à tout hasard si l’un des poneys serait à vendre. Edmond, un joli shetland noir de 8 ans, est présenté à Covadys. Le coup de foudre est immédiat ! « Ils s’adorent », relève Stanislas, « Covadys pose sa tête sur son dos et s’endort. Depuis, en concours, je réserve un double box et tout se passe bien. » Grâce à cette nouvelle amitié rassurante, et aux bons soins d’Eglantine, l’épouse de Stanislas, qui pratique les massages et le Reiki (méthode de soins énergétiques d’origine japonaise), le splendide gris se montre performant dès son premier CCI3*, se classe lors de sa première Pro 1 au Haras du Pin, et boucle sa saison en décrochant la 3ème place du CCI 3* de Lignières en Berry. La saison 2021 débute sous les meilleurs auspices, avec une 10ème lors de la Pro Elite de Saumur. « Sur le cross, je me disais que si j’étais à Burghley, cela ne ferait aucune différence », indique Stanislas, « on a l’impression que rien ne peut lui arriver. Il a tout du cheval moderne, la force, l’intelligence de l’obstacle, une franchise parfaite, il est assez maniable, et en CSO il est top. D’ailleurs il pourrait faire du haut niveau dans cette discipline également. »

Des voyants au vert

En dépit d’offres pour le moins alléchantes, voilà quelques mois, Catherine Palmer accordait à Stanislas de Zuchowicz et à sa nouvelle co-propriétaire Patricia Henry la priorité pour acquérir Covadys, que tous trois souhaitent voir briller au plus haut niveau. Au programme des prochaines semaines pour le couple, le Grand National de Pompadour, reporté du 11 au 14 avril  en raison de l’épidémie de rhinopneumonie, Le Lion d’Angers du 20 au 23 mai, puis le championnat d’Europe, prévu à Avenches du 23 au 26 septembre. Stanislas confie une légère inquiétude sur ces échéances rapprochées. « On a pris le temps de mettre en place un système dans lequel il est relax, je ne veux pas brûler les étapes. Il est prêt, et sur le circuit, aucun autre cheval ne me fait envie.» Au Haras de Triaval,  la sœur utérine de Covadys, Isatys (Topaze Latour) qui remportait le concours des deux ans en 2020, grandit tranquillement, tandis que son frère utérin Kiriaki (By Ceira d’Ick) a été vendu à Fences. Catherine Palmer le souligne, Covadys est le premier des Triaval à être sélectionné pour les Jeux Olympiques. « C’est un pur produit francilien, né et élevé en Seine et Marne, basé à moins de dix kilomètres de son lieu de naissance. Il met à l’honneur l’ADECSIF (Association des Eleveurs de chevaux de Sport d’Ile de France). » De son côté, Qaminska du Reverdy est pleine de Darmagnac de Béliard SF (Quite Easy, Holst) qui figure également sur la liste des chevaux pressentis pour Paris 2024 avec Thomas Carlile.   

Infos chevaux : 

Covadys de Triaval, SF, hongre gris, 9 ans, 1m68 (ICC 145 /2019) né en 2012 

L'Arc de Triomphe*Bois Margot, Old (Landor S, Old), ISO 132/2004 et Qaminska du Reverdy (Gin Tonic Star, SF, ISO 161/2005)

Commentaires


PATRICK L | 21/03/2021 20:14
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