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Hommage à Michel Olivier
mercredi 03 novembre 2021

Michel Olivier
Michel Olivier © Coll.

Né le 27 novembre 1932, Michel Olivier s’est éteint le 30 septembre dernier au terme d’une vie bien remplie, consacrée aux chevaux et à l’enseignement.

Le père de Michel Olivier, Edmond, propriétaire d’une écurie privée, éleveur et étalonnier, fonde après guerre le centre équestre de « La Gourmette » à Lamorlaye (Oise) au début des années 60 et lui transmet indéniablement son amour des chevaux. Cavalier de concours de complet et de dressage, Michel obtient son instructorat à Saumur, en 1963 et devient, à l’époque, l’un des plus jeunes instructeurs de France.

Un parcours éclectique

Il reprend à son compte le centre équestre de son père - qui avait vu passer en son sein, le chef de piste international Gérard Delporte et la talentueuse cavalière Catherine Bonnafous - et développe l’activité en y associant une formation moniteurs, organisant de nombreux concours d’entrainement et officiels dans les trois disciplines olympiques (CSO, dressage et complet), formant certains de ses cavaliers à la compétition, les coachant sur les terrains… Cavalier accompli, sa qualité d’instruction, son investissement dans tout ce qu’il entreprend, sa personnalité exigeante, mais passionnée, sympathique et bienveillante engendrent le succès et une belle renommée pour son entreprise.

En parallèle, il introduit la voltige à l’école des apprentis lads jockeys du Moulin à Vent située à Gouvieux où il enseigne aussi l’hippologie. Sous l’impulsion de l’un de ses propriétaires, il se lance dans l’entraînement de chevaux de courses – les pistes d’entrainement se situent en face de sa structure – obtenant des résultats notables avec un certain Cantador (ps), tant et si bien qu’après quelques années durant lesquelles il mène de front son activité d’enseignant et celle d’entraineur, il décide en 1974, de monter son écurie dans le centre d’entrainement de Nort-sur-Erdre, à proximité de Nantes, où il officie durant trois ans. Avec le bon Dagalix (acheté « à réclamer »), les couleurs familiales sont de retour sur les champs de courses ! Une fierté ! Il entraine, entre autres, les chevaux de madame d’Argentré qui lui propose, en 1977, de s’installer dans son haras de La Bourdonnaye, situé sur la commune de Carentoir (dans le Morbihan), pour y gérer l’élevage familiale et y poursuivre son activité d’entraineur. Il fait naître également pour son compte avec une sœur utérine de Pot d’Or (ps), Véranda, ps (Verrieres). Avec son fils, Nain, ps (Famal), il remporte, entre autres, le prix Fineau Steeple Chase à Craon.

La passion de l’enseignement

En 1984, l’ACSSER (Association culturelle sociale et sportive des établissements Yves Rocher), en quête d’un enseignant pour son centre équestre de La Gacilly, le sollicite. Durant une année, il poursuit l’entrainement des chevaux de course le matin et enseigne l’après midi pour le compte de l’ACSSER. La passion de l’enseignement reprend le dessus et il finit par s’y consacrer entièrement, à nouveau. En quelques années, il redynamise le club breton au point d’en faire l’une des trois grosses structures régionales. Outre l’organisation de nombreuses compétitions (CSO, complet, dressage et même attelage), il prépare de nombreux cavaliers aux différentes disciplines, avec une préférence pour le complet, mettant l’accent sur le dressage qu’il considère comme la base incontournable de la « bonne équitation ». Notons qu’il a fait partie des pionniers dans l’organisation de concours poneys, alors en plein développement.

Ainsi a-t-il préparé et amené des équipes de cavaliers aux championnats de Bretagne, aux interligues de Pompadour, en championnats nationaux pour certains d’entre eux, et même en championnat d’Europe pour l’une d’entre elle. Particulièrement impliqué dans le Dressage, sa discipline de prédilection, il en a assuré la promotion en Bretagne. A sa retraite, il a continué à soutenir la discipline comme juge régional, statut où il fut apprécié pour ses jugements toujours pédagogues, instructifs et bienveillants.

S’il a transmis sa passion à l’ensemble de la famille sur plusieurs générations, sa fille Ariane est devenue sa collaboratrice à l'entrainement et montera les chevaux « maison » sur les hippodromes régionaux. Sa petite-fille Jeanne choisira le concours complet pour le plus grand plaisir de son grand père. Il a également indéniablement légué celui du dressage à sa fille Virginie qui perpétue la tradition familiale à travers le coaching et la transmission de sa passion auprès de sa petite fille Camille, l’amenant à trois reprises en championnat d'Europe de dressage et récente championne en Cycle Libre 1e année avec son Selle Français de quatre ans, Hamilton du Jem (Furstenball).

Par sa personnalité attachante, sa compétence et son investissement sans faille, il a su insuffler technique, enthousiasme et confiance en soi à une multitude de cavaliers et nombre de jeunes moniteurs qu’il a formé tout au long de son parcours professionnel. Sans nul doute, tous ceux qui l’ont connu auront-ils une pensée spéciale à son égard à la lecture de ces quelques lignes.