Les Journées du Complet : tour d'horizon des interventions
lundi 27 janvier 2020

Journées du Complet 2020
Erik Grandiere, Charles Marteau et Emmanuel Lagarde lors des Journées du Complet 2020 © Christine Marquenet

Les intervenants se sont succédés, les 25 et 26 janvier, à l’institut français du cheval et de l’équitation à Saumur, lors des journées du complet organisées par l’association « France Complet ».

Les notions de sécurité ont été largement évoquées lors des différentes conférences et débats, que ce soit par des vétérinaires, médecins, entraîneurs, cavaliers et organisateurs de compétition. Tous étaient d’accord pour reconnaître que la sécurité est l’affaire de tous. Des précisions ont été données concernant les équipes médicales et vétérinaires présents lors des compétitions et l’importance de vérifier que le médecin et l’organisateur sont correctement assurés. Emilie Laurençon a fait aussi une présentation du fonctionnement des vans ambulances.

De manière générale, les sujets traités ont été très divers : la toxicité de certains végétaux, la génétique, la vision du cheval, les bonnes pratiques concernant la santé du cavalier et du cheval. Des ateliers pratiques ont permis également d’échanger sur des éléments techniques de préparation du couple à l’obstacle. 

Des motifs de satisfaction

Un tour d’horizon de la situation du concours complet à l’étranger a été présenté par l’Italienne Arianna Schivo, l’Espagnole Albert Hermosos Farras et la Belge Valentine Steeman. Ces trois personnalités se sont entendues sur la qualité des terrains de cross, la qualité de l’accompagnement des cavaliers français par leur staff et les moyens mis en œuvre. Des conditions qu’ils disent ne pas trouver dans leurs pays respectifs. Michel Asseray, directeur national adjoint du concours complet a tout de même rappelé quelques chiffres : Le nombre de partants dans les concours complet en France est de 54 000, en Belgique (3 300), en Italie (2 900), en Espagne (1800). Par contre on dénombre 59 000 partants en Angleterre. 

Prendre en compte la vue du cheval

Alain Ponsot, cavalier, coach mais aussi chef de piste, délégué FEI et constructeur d’obstacles est intervenu sur le thème de la vision du cheval. Cet exposé, agrémenté de photos et vidéos, a mis en évidence l’importance de la qualité de l’équitation qui prend en compte les caractéristiques visuelles du cheval. Permettre au cheval de bien voir les obstacles ou les marches d’un contrebas sont des facteurs de réussite. Pour la sécurité des couples sur le cross, la construction des obstacles doit proposer des éléments contrastés et des couleurs « lisibles » pour le cheval. Le chef de piste doit également prendre en compte les éléments assez lointains qui pourraient attirer l’attention du cheval et le perturber, ou encore, la situation des obstacles dans des zones d’ombre.

A noter qu’Alain Ponsot n’est pas favorable à la présence de jets d’eau dans les gués dans la mesure où ils peuvent perturber la vision du cheval (voir interview complète : ICI).

Des végétaux toxiques

Le vétérinaire Benjamin Morillon a présenté les arbres et plantes toxiques pour les chevaux. Si des chiffres ne sont pas publiés, ce dernier évalue la mortalité équine à 300 ou 400 chevaux par an. Le chêne (Quersus) et les glands verts, l’érable sycomore, l’If, le robinier ou faux acacia, le thuya et cyprès, le séneçon de Jacob, la porcelle enracinée, le laurier cerise et le laurier rose, la prêle, les fougères, la digitale, la ciguë, le rumex sont clairement à bannir dans les prairies mais aussi dans le foin. Par ailleurs, des réactions allergiques peuvent survenir avec de la paille. Voir pour plus d’informations les sites de l’IFCE et du RESPE.        

Maxime Livio fait part de son expérience

Dimanche, le champion de concours complet Maxime Livio, a évoqué plusieurs traumatismes dont il a été victime : «Après une grave chute, j’ai passé une période en fauteuil roulant. J’ai aussi été victime de traumatismes psychologiques ou techniques. L’année où plusieurs de mes chevaux de haut niveau ont été blessés, c’était également très douloureux… Ce qui est important, c’est de considérer que ce sont des prises d’expériences qui doivent nous permettre d’évoluer dans notre pratique. La préparation mentale est aussi importante». Par ailleurs, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité d’un accompagnement en cas de choc psycho traumatique à la fois pour les victimes, les proches ou les témoins d’un accident. 

A Savoir

Si le concours complet est considéré comme un sport à risques, les accidents lors des courses hippiques sont extrêmement nombreux. On dénombre une chute pour 450 participations en course de plat et une chute sur douze participations en course d‘obstacles.

Mais aussi la journée Sport à l’IFCE

Les conférences se poursuivent à Saumur ce lundi 27 janvier. L’institut français du cheval et de l’équitation reçoit deux sportifs de haut niveau, le nageur Yannick Agnel et la golfeuse Gwladys  Nocera, ainsi que deux entraîneurs très impliqués au niveau international dans le cadre de la journée « Sport ».

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