Nelson Pessoa : "Christopher Burton est un crack !"
lundi 03 juin 2019

À 83 ans, Nelson Pessoa a à coeur de continuer à partager toute son expérience. © Scoopdyga

Au détour d’une carrière du Saumur Complet 2019, le weekend dernier, vous auriez pu croiser une légende du saut d’obstacles : Nelson Pessoa. Et pour cause le « sorcier brésilien » avait fait le déplacement pour chaperonner son nouvel élève qui n’est autre que Christopher Burton, grand vainqueur du CCI 4*L. Interrogé entre deux épreuves, il nous en a dit davantage sur le champion Australien, sa monture et sa collaboration avec la fédération australienne.

L’Éperon : Depuis combien de temps entrainez-vous Christopher Burton ? 

Il y a maintenant 18 mois j’ai été invité par la fédération australienne pour m’occuper de leurs athlètes. Cela m’a fait plaisir, c’est un bon changement pour moi. On voyage beaucoup, on court les championnats à travers le monde et on prépare les Jeux olympiques de Tokyo 2020. De plus, ils ont des jeunes chevaux très agréables. 

Que ce soit en tant que cavalier ou entraîneur, vous avez principalement évolué dans le monde du saut d’obstacles. Qu’est-ce qui est différent dans la discipline du complet ? 

Pour moi le challenge a surtout été de gérer la récupération du cheval après le cross, un aspect que je ne connaissais pas avec le CSO. Il faut être capable de « changer » les chevaux pour que le lendemain, sur le dernier test, ils aient une attitude complètement différente de celle qu’ils ont sur cross. En fait, il faut qu’ils se transforment en 24h en des chevaux de saut. J’ai donc dû adapter un petit peu l’entraînement par rapport au classique du concours hippique.

Que pensez-vous de vos nouveaux élèves ? 

Ce sont vraiment des gens de chevaux. Chris (Christopher Burton, ndlr) est un crack. C’est certainement l'un des meilleurs cavaliers au monde et il est formidable au concours hippique. L’an dernier, je lui ai d’ailleurs fait faire beaucoup de concours de saut d’obstacles sur des parcours à 1,35 et 1,40m. Cela a pour but de l'obliger, lui et ses montures, à adopter les mécanismes des cavaliers et chevaux de concours hippique. La concurrence est rude maintenant, il y a quatre ou cinq pays qui sont vraiment bons. On ne peut plus se permettre de partir sur le cross ou sur le parcours d’obstacles et faire cinq ou six fautes, c’est fini ce temps là. Aujourd’hui chaque point compte et il faut être bon partout.  

Quelles sont les qualités de Christopher Burton ? 

Il a une bonne attitude sur le dressage. Sur le cross, c’est définitivement le cavalier le plus rapide du monde. Il ne dépasse quasiment jamais le temps imparti et ce, sans forcer le cheval. Il n’est pas rapide parce qu’il part comme un fou et revient avec un cheval complètement épuisé, non. Ce sont ses trajectoires qui sont superbes. Il suit toujours un tracé impeccable et gagne ainsi des mètres à chaque obstacle. Enfin à l’obstacle, il jauge très bien ses distances et a une très bonne position. Globalement, il a une éducation à cheval vraiment extraordinaire. 

Que pensez-vous de Polystar I et de ses autres montures ? 

A Saumur, Polystar I a très bien fait. Ce cheval est actuellement l’un des meilleurs. Il a une conformation un peu haute au niveau de l’encolure, ce qui peut être un peu handicapant surtout en dressage mais autrement c’est vraiment un bon cheval. Ils ont tous les deux réalisés une belle reprise (Christopher Burton et Polystar I ont pris la tête dès le premier test à Saumur, ndlr). Ensuite, Chris a plusieurs autres chevaux. De ce côté là, il n’est pas différent de ses coéquipiers. Tous les cavaliers de l’équipe australienne, ils sont huit ou dix, sont installés en Angleterre, et ils ont tous une vingtaine de chevaux chacun. Personnellement, Chris compte sur quelques nouveaux chevaux de niveau olympique. On verra si dans le lot il y a vraiment des super cracks.