Saumur complet 2019 : Les Asiatiques s'adjugent le dressage du CCI 3*L, Raphaël Cochet en tête du CCI 3*S
jeudi 23 mai 2019

Ce matin, Raphaël Cochet et Scarlett Louvière ont pris la tête du dressage du CCI 3*S. © Photo Les Garennes

Ce jeudi, deuxième journée de compétition du Saumur Complet 2019, était uniquement consacré aux épreuves de dressage, et notamment à celle des CCI 3 *S (court) et 3*L (long). Si la première, qui ne se terminera que demain matin, est pour l'heure aux mains du Français Raphaël Cochet, la seconde a largement réussi aux pilotes asiatiques.

C’est sous un beau soleil que la deuxième journée du Saumur Complet 2019 a démarré. Entre les majestueux pins et à défaut de concourir sous les applaudissements du public encore peu nombreux autour des pistes, c’est sous le chant des oiseaux que les premières épreuves de la journée ont débuté. Sur la carrière principale en herbe, dîtes du Prince Albert, le test de dressage pour le premier lot des soixante et un participants du CCI 3*S a lancé les hostilités dès 8h30 ce matin. 

Le Français Raphaël Cochet, dixième sur les trente-trois cavaliers à s’élancer dans la matinée, a pris la tête des opérations en obtenant un score de 69,5 % soit 30,5 points de pénalités. En selle sur Scarlett Louvière, une jument Selle français fille de Calido I et Voltaire par la mère, le Centrien s’est exprimé sur sa partenaire de toujours : « Scarlett Louvière est particulièrement à l’aise sur le dressage. Sur les trois tests, on peut dire que le dressage, c’est SA discipline ! Il s’agit donc de bien la monter : les notes sont généralement bonnes lorsqu’on la pilote correctement. Bien sûr, j’aurais pu aller chercher encore plus de points : elle est tellement à l’aise que les petites erreurs sont presque systématiquement des erreurs de pilotage. Sur les barres, elle est également assez performante. Le test le plus difficile pour elle, c’est le cross : elle est sans doute un peu moins courageuse que d’autres et lorsque c’est trop difficile, elle préfère faire des petits zips à droite, à gauche. Nous nous connaissons par coeur : elle a treize ans, n’a connu que moi comme cavalier. C’est même moi qui l’ai débourrée. » Même si demain, lors de la seconde partie de ce premier test, l’un ou plusieurs de ses concurrents parvenaient à le doubler, Raphaël Cochet, dispose d’une deuxième cartouche. En effet, il clôturera le dressage de ce CCI 3* L avec sa deuxième monture, Sherazad de Louvière : « À Saumur, Sherazad de Louvière se remet en route, après un premier concours à Jardy sur une Pro 3, où nous terminions quatrièmes. Elle prépare le CCI 4*S d’Arville, et Saumur constitue donc une excellente préparation. Elle a également 13 ans, et est l’opposé de Scarlett. Ce n’est pas une dresseuse : elle est anxieuse, très dans le sang et il faut réussir à la garder attentive. Sur les barres, elle est en revanche à l’aise, sauf si elle se laisse dépasser par ses émotions. En revanche, c’est une guerrière sur le cross, rien ne l’arrête. Avec elle, je vise le double zéro. »

CCI 3*L : Les cavaliers asiatiques en pôle position 

À 13h30 et après une courte pause déjeuner, ce fût au tour des concurrents du CCI 3*L de dérouler leur reprise sous la chaleur étouffante de cette journée que l’on aurait pu croire estivale. Et ce sont les pilotes asiatiques présents en nombre qui ont largement dominés cette première épreuve, unique étape qualificative pour les nations des groupes F (Afrique et Moyen-Orient) et G (Asie du Sud-Est et Océanie) en Europe occidentale pour les Jeux olympiques de Tokyo 2020. Premier au classement provisoire, le Chinois Alex Hua Tian, montant l’aérien Don geniro, un hongre alezan de douze ans, s’est imposé grâce à une note moyenne de 74,85 % soit 25,2 points de pénalités. Il devance le Japonais Yoshiaki Oiwa juché sur le selle français de dix ans par L’arc de triomphe bois margot, Vick du Gisors JRA, tous deux récompensés d’un 73,18 (26,8 points). Son compatriote, Toshiyuki Tanaka aux rênes de Kinnordy Rhondo, jugé à 71,14 % (28,9 points) complète le podium. 

Dernier tricolore à s’élancer dans ce premier test avec son KWPN, Connection , Igor Jamain réalise la meilleure performance française en se classant provisoirement septième. La paire a été gratifiée d’une note de 67,42% soit 32,6 points de pénalités. Non loin derrière, Jean Lou Bigot, monté sur le selle français de neuf ans Aktion de Belhème, est dixième avec un score de 66,97 % (33 points). Le couple a notamment été sanctionné unanimement par les deux juges françaises Catherine Agresse Bleuzen et Jane Starkey V ainsi que par le juge australien Christian Steiner sur leur transition galop moyen-galop rassemblé jugée 4-4 et 5 points. Rodolphe Scherer et Al Capone des Bois sont quatorzièmes, tandis que Morgane Boudot/Porto Ric’or et le Lieutenant colonel Thibault Valette/Babacool de Brenne, ex-aequo, se partagent le dix-huitième rang. Bien parti ce dernier a écopé de deux points de pénalités avoir effectué une transition galop-pas trop tôt en milieu de reprise. Malgré cette erreur, le médaillé d’or par équipes des Jeux Olympiques de Rio en 2016 et médaillé de bronze par équipes des Jeux équestres mondiaux de Tryon en septembre 2018 a jugé ce résultat comme de bonne augure en ce qui concerne l’avenir de son jeune cheval de neuf ans : « Globalement le cheval s’est bien comporté, je ne pouvais pas espérer l’avoir beaucoup mieux. J’ai commis une erreur d’une lettre dans une transition qui nous coûte cher. C’est un manque d’attention dont je n’ai pas l’habitude et que je n’aurais de toute évidence pas dû commettre à ce niveau. Concernant le cheval, il faut tenir compte du fait qu’il est en pleine construction. C’est seulement sa deuxième saison de concours, l’an dernier étant davantage une saison découverte pour lui, donc cela va assez vite pour lui tout de même. De plus, il n’a que neuf ans et il faisait du saut d’obstacles il n’y a encore pas si longtemps. Il est encore entrain d’apprendre son métier. C’est un cheval qui a beaucoup de potentiel mais pour qui le physique et le mental qu’exige la discipline du complet sont encore des aspects difficiles à gérer. Par contre, il est très positif dans le travail. Il a envie d’apprendre et progresse beaucoup, donc je suis tout de même satisfait. Je vais le monter encore tranquillement cette année et puis on verra l’année prochaine ce qu’il vaut vraiment. »  

Demain matin, place à la seconde partie du dressage du CCI 3*S de 8h-12h et à celui du très attendu CCI 4*L, l’après-midi de 12h45 à 17h10.

Les résultats complets du CCI 3*L : ICI